Georges Brassens à Paris

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Sur les pas de … GEORGES BRASSENS à Paris

Georges Brassens 1921-1981
De l’impasse Florimond à la rue Santos-Dumont
Fiche écrite pour le trentenaire de la disparition de Georges Brassens.

Par Christian Broussas à Roissiat-Courmangoux (Ain) – Octobre 2012

C’est par Patachou que Georges Brassens va faire ses "vrais" débuts. Le 24 janvier 1952, ce sont ses copains Victor Laville et Roger Thérond qui l’entraînent dans la cabaret où la chanteuse-animatrice va tout de suite lui faire confiance, chanter ses chansons et … le pousser sur scène.

Vedette malgré lui, il apporte sa note personnelle à l’univers de la chanson, « un tempérament authentique, caustique, satirique… qui ne manque pas de finesse », pourra-t-on lire dans le Figaro de mars 1952. Le scandale viendra avec les titres de son premier disque que produit Jacques Canetti : "Le gorille" et "La mauvaise réputation" qui contiennent déjà des thèmes majeurs. George Brassens est soumis à une censure dont il pâtira longtemps. Mais sa manière ne change guère : il développe ses thèmes à travers des anecdotes ou des histoires en favorisant l’expression de métaphores ; c’est sans doute pourquoi on l’a très tôt rangé dans les poètes.

Dès lors, il va enchaîner les succès et les tours de chant, d’abord à Paris où il passe la Chaussée d’Antin prendre l’ami, secrétaire et factotum Pierre Onteniente avant d’aller chanter aux Trois baudets ou à la Villa d’Este.

Sommaire

L’époque de l’impasse Florimont

Depuis l’époque de l’occupation en 1943, Georges Brassens habite 9 impasse Florimont, chez Jeanne Le Bonniec, madame Planche depuis son mariage avec Marcel, "l’auvergnat". Que ce soit pendant le temps des "vaches maigres" où ils vivent surtout des travaux de couture de Jeanne jusqu’aux temps du succès où Brassens pourra acheter les deux maisons attenantes de l’impasse Florimont, il reste là auprès de Jeanne et de Marcel, pas très loin non plus de Joha-Püpchen, celle pour qui, écrira-t-il, « Je m’suis fais tout p’tit », qui vit alors avec son fils.

Il a dans sa besace des dizaines de chansons en réserve où il puisera à loisir. En 1956, son ami l’écrivain René Fallet l’entraîne dans l’aventure du film Porte des lilas, tiré de son roman "La grande ceinture". Jouer l’acteur ne lui plaît guère mains il écrira trois chansons pour ce film : Au bois de mon cœur, Le vin et l’amandier. Le 23 février 1954, il est pour la première fois à l’Olympia avec Pierre Nicolas qui deviendra son fidèle contrebassiste. Ils s’y produiront neuf fois jusqu’en 1963 mais l’année précédente, une crise de coliques néphrétiques dont il souffrira toute sa vie, l’expédie à l’hôpital.

Cette fois, c’est vraiment sérieux : opéré du rein gauche, il perd trente kilos et écrira Le bulletin de santé, chanson satirique où il se moque des oiseaux de mauvais augure. Il sera de nouveau hospitalisé le 10 mai 1967 et c’est son voisin Jacques Brel qui l’emmènera à l’hôpital. « Avec toutes mes pierres, j’aurais pu faire construire un mur dans mon jardin », note avec humour ce fils de maçon.

Sa salle fétiche sera Bobino¸ « la dernière salle où l’on a pas peur des mots », où il se produira presque chaque année d’octobre 1953 à mars 1977. Á part ses tournées, Brassens ne change rien à son mode de vie, faisant installer impasse Florimont l’électricité et le chauffage central pour Jeanne. Il se méfie de l’argent, allant jusqu’à dire qu’il « cherche à gagner le moins d’argent possible », en bon anarchiste, il pense que l’argent ne représente rien en soi, comme il l’a confié à André Sève dans une interview en 1975. Brassens, c’est les copains d’abord, distribuant sans compter aides et subsides à ses amis.

L’époque de la rue Santos-Dumont

Événement majeur : en 1967, Brassens quitte l’impasse Florimont, fâché pour un temps avec Jeanne. Pourtant, il se sentait très bien entre "ses deux femmes" Jeanne et Püpchen. Après le décès en 1965 de son mari, Jeanne s’est entichée d’un jeunot pas très futé et gros buveur au point d’annoncer à Georges son mariage. D’où la brouille et le départ de Brassens pour l’immeuble Le Méridien à Denfert-Rochereau où il voisine avec Peynet et Brel.

Il va finalement trouver une maison dans le XV ème arrondissement rue Santos-Dumont mais en fait toujours dans le même quartier, près de l’impasse Florimont. C’est l’année où, bien qu’ayant refusé de présenter sa candidature à l’Académie française, elle lui décernera cependant son Grand prix de poésie. Il sera aussi édité chez Seghers, dans la prestigieuse collection "Poètes d’aujourd’hui".

Le 6 janvier 1969 est une grande date pour la chanson française : Léo Ferré, Jacques Brel et Georges Brassens se retrouvent réunis pour débattre de leur métier, de leur façon de l’envisager, leur façon de composer… Brassens a les défauts de ses qualités : par exemple, il ne sait pas refuser ; toujours partant pour signer une recommandation, lancer un premier disque ou rédiger une préface. Toujours les copains d’abord.

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Brassens se sent bien dans sa maison de la rue Santos-Dumont et sort peu. Il a sous la main son ami Mario Poletti [1], libraire qui le fournit en livres ou le champion d’athlétisme sétois Éric Battista pour faire de l’exercice [2]. Mais il reçoit beaucoup et la maison accueille volontiers des sétois comme Loulou Bestiou ou "Petit bobo" Maguelon, les artistes qui sont devenus des familiers comme René Fallet ou Lino Ventura. Il y vit avec ses deux chats, sa gouvernante Sophie, Püpchen "admise" le week-end, à laquelle il donne des rendez-vous dans Paris.

Il donne son dernier récital à Bobino du 18 octobre 1976 au 27 mars 1977. Tour de chant marathon qui sonne comme un adieu. Dès lors, il répondra aux vœux de ses amis, sera "le hérisson" dans Émilie jolie de Philippe Chatel, le fils de son ami François Chatel, participera avec Moustache à une version jazz de plusieurs de ses chansons et enregistrera un disque ‘Chansons de sa jeunesse’ pour l’association Perce-Neige de l’ami Ventura. Toujours les copains d’abord.

Sur son approche de la mort qu’il a beaucoup chantée, [3] il dira : « S’il me reste encore un peu de dignité, je veux m’en aller sur la pointe des pieds… sans le moindre tapage, comme je suis venu ». D’une certaine façon, son vœu sera exaucé puisque, après avoir passé ses derniers jours chez le docteur Bousquet à Saint-Gély du Fesc dans la banlieue de Montpellier, il sera inhumé à Sète dans sa ville natale, non au cimetière marin en compagnie de Paul Valéry comme il l’évoque avec humour dans sa chanson "Supplique pour être enterré sur la plage de Sète", mais au cimetière municipal du Py, à côté de ses parents.

En face du cimetière a été édifié "L’Espace Brassens" qui retrace son itinéraire à travers toute une série de documents photographiques et audio-visuels. « Crois moi, disait-il à un copain, la seule révolution c'est d'essayer de s'améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. »

Notes et références

  1. Mario Poletti a écrit deux livres biographiques sur son ami Brassens
  2. Éric Battista : champion de France du triple saut, qu’il surnomme bien sûr ‘le sauteur’
  3. Sur un ton badin dans "Le testament", sur un ton plus sévère dans "Pensées des morts", sur un texte d'Alphonse de Lamartine ou carrément ironique dans "La Ballade des cimetières"

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