Pr0n : une anal-yse en profondeur de la prononciation des nombres et autres énumérations : Différence entre versions

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Version du 29 avril 2012 à 17:59

Sommaire

Résumé

La prononciation des nombres dérive, comme la plupart des mots des langues naturelles, d'un processus historique entropique. On se propose ici d'analyser l'expression de nombre de de dégager une méthode optimal de prononciation.

Dans un premier temps on dégagera des prononciations familières aux francophones pour exprimer uniquement des nombres entiers. Puis dans un second temps en s'appuyant la méthodologie dégagé, on cherchera à exprimer des nombres d'ensembles plus vastes (<math>\mathbb{R}, \mathbb{C}</math>, …) et des opérations entre ces nombres à l'aide de l'alphabet phonétique international (API).


Battons la mesure

Cette idée de prononciation des nombres ne m'est pas venu de nul part un jour en fixant un mur. Elle découle d'un problème bien concret qui m'a suffisamment ennuyé pour que je cherche à le résoudre. Alors que je travaillais ma rythmique, « un, deux, trois, quatre, un, deux, trois, quatre…», il m'apparut que quelque chose n'allais pas. Mon quatre était bien trop long par rapport aux trois nombres précédents !

En effet, transcrit en API, on obtiens « /œ̃/, /dø/, /tʁwa/, /katʁ/ ». Les trois premiers ont leur unique voyelle en fin de prononciation, ce qui permet de les prononcé d'une seule traite, si l'on peut dire. Dans /katʁ/ la voyelle est cerné de part et d'autres par des consonnes. Notons que très concrètement, ce n'était pas la longueur du mot quatre qui me perturbait. Dans la transcription API, on vois immédiatement que trois à autant de son que quatre. Battez la mesure pour vous faire un avis. Évidemment, la prononciation de chacun peut varier. Ré-essayez en prononçant /kat/ à la place de /katʁ/, c'est à dire quate, ou comme le chat des anglophones cat. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas de problème avec leur « one, two, three, four» (/wʌn/ /ˈtu/ /ˈθriː/ /fuʁ/), essayez. J'espère que l'expérience vous semble éclairante.


Voilà donc le point de départ de cette réflexion. Bien sûr j'aurais pu m'arrêter là, mais le démon de l'analyse s'était emparé de moi, me sifflant jour et nuit de lui céder, ne me laissant nul répits !

Nous disions donc que /kat/ me paraissait satisfaisant, mais tant qu'à faire, pourquoi ne pas se débarrasser de ce t final ? Et du coté de trois, on pourrait également de se contenter d'une consonne et d'une voyelle. Nous pouvons par exemple alors avoir « /œ̃/, /dø/, /ta/, /ka/ ». Mais puisqu'on en est là, pourquoi ne pas se contenter d'une seule voyelle ? Évidement, il nous faut alors choisir une nouvelle voyelle pour différencier les deux /a/ obtenus par aphérèse[1] de /ta/ et /ka/. Et pourquoi pas de quoi compter au-delà de quatre ?


Soyons francs

Comme nous l'avons précédemment vu, nous pouvons associer à chaque voyelle un nombre, plus exactement les nombres formant la base d'un système de numération. La langue française fourni donc assez de voyelle pour compter en base 16. Si les voyelles forment la base, les consonnes peuvent coder les puissances successives.

Voyelles du français[2]
API X-SAMPA Syllabe ouverte Syllabe fermée Peu coder (par exemple)
/i/ /i/ dit /di/ dite /dit/ 0
/e/ /e/ dé /de/ 1
/ɛ/ /E/ dais /dɛ/ dette /dɛt/ 2
/ɛ̃/ /E~/ daim /dɛ̃/ plainte /plɛ̃t/ 3
/œ̃/ /9~/ d’un /d‿œ̃/ junte /ʒœ̃t/ 4
/œ/ /9/ amateurisme /a.ma.tœ.ʁism/ peur /pœʁ/ 5
/ə/ /@/ de /də/
(non accentuée)
6
/ø/ /2/ deux /dø/ creuse /crøz/ 7
/y/ /y/ dû /dy/ lutte /lyt/ 8
/u/ /u/ doux /du/ douze /duz/ 9
/o/ /o/ dos /do/ dôme /dom/ 10 (A[3])
/ɔ/ /O/ moteur /mɔ.tœr/ lotte /lɔt/ 11 (B)
/ɔ̃/ /O~/ dont /dɔ̃/ monte /mɔ̃t/ 12 (C)
/ɑ̃/ /A~/ dent /dɑ̃/ lente /lɑ̃t/ 13 (D)
/ɑ/ /A/ mât /mɑ/ âme /ɑm/ 14 (E)
/a/ /a/ da /da/ mal /mal/ 15 (F)


Consonnes
API X-SAMPA Initiale Finale Peu coder (par exemple)
/n/ /n/ nan /nɑ̃/ canne /kan/ <math>n\times{}b^0</math>[4]
/ɲ/ /J/ gnon /ɲɔ̃/ cagne /kaɲ/
/ŋ/ /N/ ping /piŋ/
/ɡ/ /g/ gant /ɡɑ̃/ cague /kaɡ/
/k/ /k/ quand /kɑ̃/ caque /kak/
/m/ /m/ ment /mɑ̃/ came /kam/
/b/ /b/ banc /bɑ̃/ cab /kab/
/p/ /p/ pend /pɑ̃/ cape /kap/
/v/ /v/ vent /vɑ̃/ cave /kav/
/f/ /f/ fend /fɑ̃/ gaffe /ɡaf/
/d/ /d/ dans /dɑ̃/ clade /klad/
/t/ /t/ tant /tɑ̃/ patte /pat/
/ʒ/ /Z/ gens /ʒɑ̃/ cage /kaʒ/
/ʃ/ /S/ chant /ʃɑ̃/ cache /kaʃ/
/z/ /z/ zen /zɛn/ case /kaz/
/s/ /s/ sans /sɑ̃/ casse /kas/
/ʁ/ /R/ rang /ʁɑ̃/ carre /kaʁ/
/l/ /l/ lent /lɑ̃/ cale /kal/
/h/ e /h/ ha /hɑ/ <math>n\times{}b^{18}</math>

Ainsi le nombre 99 671 789 159 735 315 874 se prononce habituellement (en France, en utilisant l'échelle longue, dans une base 10) :

quatre vingt dix neuf trillions, six cent soixante et onze billiards, sept cent quatre vingt neuf billions, cent cinquante neuf milliards, sept cent trente cinq millions, trois cent quinze mille, huit cent soixante quatorze.

Vous êtes encore là ? Vous pouvez utiliser ce nombre pour maltraiterpunir vos enfants : « tu vas me copier 99 671 789 159 735 315 874 fois ce nombre, en toutes lettres ».

En suivant la nomenclature précédemment exposée on dira : hu ləʁøse zøʃyʒu tedœfu vøpɛ̃bœ mɛ̃keɡœ ŋyɲønœ̃. Tout de même plus court ! (mais votre enfant en aura encore sans doute pour plusieurs vies)

Pas convaincu ? Voilà une décomposition qui permet de visualisé la prononciation chiffre à chiffre :

 9 . 6  7  1 . 7  8  9 . 1  5  9 . 7  3  5 . 3  1  5 . 8  7  4
hu  lə ʁø se  zø ʃy ʒu  te dœ fu  vø pɛ̃ bœ  mɛ̃ ke ɡœ  ŋy ɲø nœ̃


Pour des nombres plus grand on peut utiliser la même astuce que nous connaissons déjà en français. À savoir qu'un nombre qui en précède un plus grand indique le cardinal (la quantité) de ce nombre. On dit donc trois cent, trois étant inférieur à cent. De même on pourrait dire hilu pour <math>10^{17}\times{}9\times{}10^{18}</math>, soit <math>9\times{}10^{35}</math>.

Une autre possibilité est d'utiliser d'autres consonnes que celles du français. Le oubykh, par exemple, utilise plus de 80 consonnes. Quand on sais que le nombre d'atome dans l'Univers visible est estimé à <math>10^{80}</math>[5] on peut supposer que cette méthodologie de nomenclature devrait être suffisamment puissante pour nommer la plupart des nombres utilisés.

On remarquera que dans le précédent exemple, il n'y avait nul zéro. Mais dans le cas où un nombre comporte des zéros on peut tout à fait omettre de les prononcer, comme habituellement en français. Ainsi ŋyɲini (ŋy-ɲi-ni, 800) et ŋy (qu'on peut penser <math>8\times{}10^{2}</math>) sont équivalent.

Seul le nombre zéro nécessite que l'on prononce obligatoirement sa syllabe associée. Notons d'ailleurs que si culturellement on sera plus enclin à utiliser la consonne préfixe de l'unité, elle n'a pas vraiment d'importance. Il est équivalent de dire ni, ɲi ou ŋi, etc, comme il est équivalent d'écrire <math>0\times{}10^{n}, n\in\{0,1,2\}</math>.


Choix d'une nomenclature pour les nombres entiers

Précédemment nous avons pris l'exemple d'une nomenclature avec en préoccupation de n'utiliser que des sons connus des francophones. Nous allons ici nous intéresser à la prononciation des nombres dans le monde, afin d'établir une nomenclature qui cette fois prendra en compte les prononciations existantes. L'objectif étant ici de faciliter l'apprentissage, en fournissant des moyens mnémotechniques vis à vis de l'existant.

Musique

En musique on veut coder trois attributs qu'on donne aux sons :

  • l'amplitude ;
  • la durée ;
  • la hauteur.

La monodie modale occidentale est largement construite sur un système dodécaphonique, plus exactement elle utilise le plus souvent douze demi-tons.

Ce sont ces douze demi-tons que nous nous proposons ici de coder en tant que base. Nous y ajouterons également la notion de silence, comme treizième demi-ton virtuel.

Numérotation des notes
En France, Italie, etc. do do♯ (ré♭) (ré♯) mi♭ mi fa fa♯ (sol♭) sol sol♯ (la♭) la (la♯) si♭ si (𝄽)
Prononciation proposée /i/ /e/ /ɛ/ /ɛ̃/ /œ/ /ø/ /y/ /u/ /o/ /ɔ/ /ɔ̃/ /ɑ̃/ /a/

Une première console préfixant ces bases peuvent venir coder une hauteur « absolue », c'est à dire l'indice de l'octave dans laquelle on effectue le son.

Préfixe d'indice d'octave
Indice d'octave/consonne correspondante do do♯ (ré♭) (ré♯) mi♭ mi fa fa♯ (sol♭) sol sol♯ (la♭) la (la♯) si♭ si (𝄽)
0 /n/ /ni/ /ne/ /nɛ/ /nɛ̃/ /nœ/ /nø/ /ny/ /nu/ /no/ /nɔ/ /nɔ̃/ /nɑ̃/ /na/
1 /ɲ/ /ɲi/ /ɲe/ /ɲɛ/ /ɲɛ̃/ /ɲœ/ /ɲø/ /ɲy/ /ɲu/ /ɲo/ /ɲɔ/ /ɲɔ̃/ /ɲɑ̃/ /ɲa/
2 /m/ /mi/ /me/ /mɛ/ /mɛ̃/ /mœ/ /mø/ /my/ /mu/ /mo/ /mɔ/ /mɔ̃/ /mɑ̃/ /ma/
3 /v/ /vi/ /ve/ /vɛ/ /vɛ̃/ /vœ/ /vø/ /vy/ /vu/ /vo/ /vɔ/ /vɔ̃/ /vɑ̃/ /va/
4 /f/ /fi/ /fe/ /fɛ/ /fɛ̃/ /fœ/ /fø/ /fy/ /fu/ /fo/ /fɔ/ /fɔ̃/ /fɑ̃/ /fa/
5 /t/ /ti/ /te/ /tɛ/ /tɛ̃/ /tœ/ /tø/ /ty/ /tu/ /to/ /tɔ/ /tɔ̃/ /tɑ̃/ /ta/
6 /s/ /si/ /se/ /sɛ/ /sɛ̃/ /sœ/ /sø/ /sy/ /su/ /so/ /sɔ/ /sɔ̃/ /sɑ̃/ /sa/


Un souci particulier a été pris pour éviter que de sélectionner des sons trop proches.

La prononciation de chacun pourra faire mentir ces choix, mais ils ont en tout cas été sélectionner avec l'intention d'éviter les amalgames.

Dans une notation plus habituelle aux francophones
Nom usuel Guido d'Arezzo Do Do♯ Mi♭ Mi Fa Fa♯ Sol Sol♯ La Si♭ Si
Notation alphabétique C C♯ D D♯ E F F♯ G G♯ A A♯ B
Indice d’octave \ note (mnémotechnique) o (Do) oi (Do♯) é (Ré) è (proche du é précédent) i (Mi) ui (avant u, après i) u (il fa'llut faire un choix) ou (Sol) eu a (A, La) oin (ouin, j'ai pas trouvé de mnémotechnique) pour Si♭ œ
0 no (nos) noi (noix) né (nez) nè (renaissant) ni nui (nuit) nu nou (nous) neu (nœud) na noin (Nointel) nœ (neuf)
1
2
3
4
5
6

Notes et références

  1. Retranchement d’une syllabe ou d’une lettre au commencement d’un mot.
  2. Source : [1]
  3. en notation hexadécimal classique
  4. Avec <math>n</math> le nombre codé par la voyelle préfixée et <math>b</math> la base dans laquelle on se place.
  5. http://www.lacosmo.com/dixpuissance80.html
  1. MOTS pour désigner les NOMBRES Selon diverses langues
  2. Compter en japonais
  3. Histoire universelle des Chiffres - Georges IFRAH, Première édition - éditions Seghers 1981, 568 page
  4. https://fr.wikibooks.org/wiki/Translinguisme/Nombres
  5. La Partition intérieure : jazz, musiques improvisées de Jacques Siron


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