Qu'est ce que la liberté ?

La culture en toute liberté.
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En motif de bien des batailles, en sujet de bien des débats, en passion de bien des humains est la liberté.

Si elle est au centre de tant de passions, c'est peut-être justement car elle est la promesse de la possibilité d'accomplir tous ses désirs.

La liberté, ou plutôt la « Liberté », telle qu'on la fantasme parfois n'est autre que le pouvoir[1] total, la capacité à réaliser le moindre de ses désirs.

Cette Liberté là n'est qu'une chimère, qui ne peu que se fracasser contre les exigences de la réalité et même souvent mener aux pire atrocités pour qui s'obstinerait à tenter de la concrétiser.

Car notre imaginaire où se développe nos désirs à cela de fabuleux et d'horrible à la fois, qu'on peu y concevoir toute chose sans contrainte d'adéquation à la réalité.. C'est heureux, car outre les divertissantes fantaisies qu'on peut en sortir, il permet d'établir des projets. Car c'est bien notre capacité à nous figurer des choses qui ne sont pas (encore) qui nous permet de nous fixer l'objectif de leurs conceptions.

C'est malheureux car cela peut nourrir l'ambition de projets tout à fait vertueux dans l'esprit, mais irréalisables, ou bien pire encore, dont la réalisation nécessite le malheur de soi et/ou d'autrui ; quand bien même cela n'était pas dans les plans imaginés.

En somme, tout ce qui est désirable dans l'imaginaire ne l'est pas nécessairement dans la réalité.

La Liberté n'est donc pas un objectif désirable, ni même réalisable, l'imaginaire ne pouvant tout entier se réaliser et s'y efforcer n'est que vaine peine.

Pour autant, il ne s'agit pas de rejeter tout idéal de liberté, bien au contraire.

Il faut avant tout prendre les libertés pour ce qu'elles sont, des capacités à agir que l'on se permet d'utiliser et ayant des incidences les unes sur les autres. Certaines libertés induisent l'impossibilité d'autres libertés ; certaines libertés entrainent la possibilité de nouvelles libertés ; souvent une liberté est ces deux choses à la fois.

Dès lors, ce qu'on nomme « la » liberté est un ensemble restreint de libertés.

  • Restreint tout d'abord par la réalité physique : personne jamais ne lévitera par le seul désir de faire fi de la gravité. Ce sont là les restrictions les plus strictes qu'il soit, il est littéralement impossible de les transgresser. En revanche, il est possible de les contourner en faisant un usage ingénieux[2] des possibilités auxquelles elles restreignent. Cela étant vrai pour des règles aussi absolues et intransgressables , on peut difficilement douter qu'il n'en soit pas de même pour toute restriction.
  • Restreint également par les règles , bien plus flexibles, que l'on[3] s'impose soi même.
  • Restreinte enfin par ce que nous autorise notre prochain et ce qu'on lui autorise soi même. Ici il s'agit de trouver le compromis le plus équilibré entre la liberté de chacun de sorte que pour chacun sa liberté débute là où elle confirme celle de l'autre.

Dès l'instant où l'on décide de s'octroyer une liberté qui infirme celle de son prochain, c'est à dire d'une liberté qui demande que son prochain ne puisse pas jouir d'une liberté équivalente, on décide de bâtir une société du déséquilibre ; qui nourrira un sentiment de rancœur entre les humains, d'injustice, de jalousie et au final les motifs à la plus intolérable et intolérante des libertés, la violence.

Celui qui prétend à une liberté exclusive, un privilège, ne prétends rien d'autre qu'au droit d'instaurer la violence entre les humains en la perpétrant le premier pour son seul bien être. Pour cela, un tel individu mérite d'être blâmé.Mais ne méritent pas moins d'être blâmés ceux qui acquiescent l'instauration de tels privilèges, que cela soit le fait d'un manque de lucidité ou de la simple couardise. Quand je parle ici de blâme, je n'entends pas l'appel à la haine des humains sur les humains, mais à la reconnaissance sociale de la honte que représente un tel acte de sorte qu'un humain soit réticent à le commettre, tout comme il est honteux d'user de violence ou d'inciter la haine.

La liberté en tant que concrétisation de tous les fantasmes est une chimère. La liberté comme réalisation des fantasmes plausibles mène souvent bien loin des dit fantasmes en empruntant des chemins pavés de maux et de douleurs. La liberté n'est en définitive rien d'autre qu'un ensemble nécessairement restreint de pouvoirs qui pour en assurer l'usage demande l'impossibilité de l'exercice d'autres pouvoirs. Changer les pouvoirs en usage par chacun c'est changer cet ensemble, mais pas son caractère fini.

Il n'y a donc pas de combat possible pour « La Liberté », sauf à vouloir combattre la réalité elle même. Celui qui prend « La Liberté » comme motif de combat est tout au mieux quelqu'un qui manque de discernement.

Loin d'ici l'idée de critiquer toute personne défendant ses libertés, de l'instant où les libertés défendues sont clairement définies et qu'elles sont applicables à tous.

Car, encore une fois, les libertés possibles uniquement par privilèges, si jamais je les désire, je ne les veux pas.

Car aussi ardemment que l'ensemble le plus vaste possible de libertés, je désire et je veux le bonheur et la paix qui lui est nécessaire.

Et mon bonheur, de par mon empathie à tous les humains, je ne saurais le trouver dans leur désarroi[4].

Notes et références

  1. Le pouvoir étant la capacité d'agir, quand la liberté est la possibilité de faire usage d'un pouvoir.
  2. Que cela est des conséquences bienheureuses ou malheureuses, le génie est indépendant de la morale.
  3. « on » étant déjà en fait majoritairement influencé par le surmoi, c'est à dire la partie incorporée de la morale en vigueur.
  4. Et c'est là quelque chose que je me figure nous partageons tous, mêmes les plus extrémistes xénophobes. Ce n'est que par le truchement de la déshumanisation d'un être humain qu'un humain sait infliger souffrance à son prochain, parce que partout où il se reconnaît, c'est la perspective de sa propre douleur qu'il lit dans celle des autres

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Auteurs de l'œuvre originale : psychoslave

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