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Ah ! Si vous aviez voulu Prendre ma jeunesse ! Mais, hélas, est révolu Le temps des promesses ! Et nous voici tous les deux, Humble vieille et pauvre vieux, Nous ressouvenant Et nous reprenant A la grâce, à l'aurore, au parfum des heures, Qui tremblent et meurent.
Vous souvient-il du vieux puits Auprès de l'église ? Où j'ai retrouvé, depuis, Tant de joie exquise ! N'a-t-il pas reçu de vous Des aveux, et les plus doux ? Mais tout est bien loin, Qu'avons-nous besoin, De meurtrir en nos cœurs, tant de choses tendres, Froides sous les cendres ?
Ah ! Si vous aviez voulu Croire en mes paroles, Quel bonheur inattendu Dans nos âmes folles ! La chaleur du clair logis, Beaux enfants et bons amis... Au lieu de cela, Tous deux nous voilà, Pleins d'hiver, pleins de mort, dans notre habitude De la solitude.
Mon ami, mon vieil ami,
Si je vous pardonne,
C'est que, malgr� mon ennui,
Cette heure est si bonne...
Je retrouve tant d'émoi
A me rajeunir
Dans le souvenir
Que je puis, maintenant, vous donner ma vie
A peu près finie !