Art et philosophie

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L'analogie de l'Œuf et de l'Œuvre

L'Œuvre d'art qui n'est pas moyen, c'est à dire vecteur d'une philosophie, est semblable à un Œuf[1] dénué d'embryon.

Exemples d'Œufs

Un tel Œuf peut être admiré à plus d'un titre, aussi bien qu'un Œuf contenant un embryon. Ses différentes formes qui savent jouer avec les courbes, et les couleurs – unies, dégradés ou tachetés – dégagent un esthétisme certain. Son caractère à la fois solide et fragile en font des allégories des propriétés énantiomorphes du monde qui flirtent si souvent avec l'absurdité.

Et assurément, il conserve un caractère utilitaire pour la société : en détruisant l'Œuf, on peu s'en nourrir (nous reviendrons plus bas sur cette remarque). Un Œuf privé d'embryon n'est pas nécessairement vide, le jaune et le blanc – l'albumen et le vitellus – peuvent le remplir seuls.

Un Œuf sans embryon, c'est la mort ; ou au moins l'absence de tout espoir de vie. De même l'art sans philosophie, c'est la négation de l'esprit; ou au moins l'absence de tout espoir de réflexion.

Car si l'art est tel la matière dans laquelle la vie doit s'inscrire pour exister, la philosophie est telle la vie par laquelle l'existence de la matière est admise. Sans matière la vie ne pourrait pas exister, sans vie la matière pourrait tout aussi bien ne pas exister : dans l'expérience il n'y nulle différence entre le néant et l'existence d'un univers où la vie est impossible. Pas de vie, pas d'expérience, pas d'observation, pas de reconnaissance de l'existence.

L'art sans philosophie ne paraît alors qu'une démarche nihiliste de sa propre substance. Vouloir l'art uniquement pour le beau, pour l'esthétisme, vidé de toute philosophie, c'est vouloir un art stérile, instrument de sa propre extinction.

Revenons à la remarque sur l'acte de consommation de l'Œuf qui en détruit l'existence. L'analogie avec une Œuvre conserve-t-elle sa pertinence sur ce point ? Ne détruit-on pas l'Œuvre d'art dès l'instant où elle deviens moyen de se nourrir ? La personne qui produit une Œuvre dans l'optique de la vendre ne va-t-elle pas s'engager dans une démarche tout autre que celle de l'art ?

La conception d'une Œuvre d'art se réalise dans des cycles entre informations publiques et réactions intimes. Des informations publiques font réagir une personne qui le pousse à concevoir une Œuvre. L'Œuvre est publiée et chaque individu qui y est confronté y réagit, éventuellement par la conception d'une Œuvre. Dans le reste du texte, on considérera arbitrairement ce cycle comme la condition sine qua non d'une démarche artistique.

Dans la perspective d'une vente, il faut tenter de satisfaire aux attentes de clients potentiels. On peut lister les cas de figure où l'Œuvre rencontre les attentes d'un client :

  1. le client, par le plus heureux des hasard, attend précisément ce que conçois l'auteur ;
  2. l'auteur, par quelques habiles persuasions insuffle au client la croyance que ses Œuvres répondent à ses attentes ;
  3. l'auteur produit des Œuvres qui correspondent aux attentes du client.

Dans les deux premiers cas, les démarches restent compatibles avec le cycle précédemment décris. Mais dans le dernier cas, l'auteur ne produit plus une Œuvre par une réaction intime à une information publique, mais clairement pour provoquer des réactions de satisfaction intime chez autrui.

Or, le premier cas est peu probable, nous sommes tous différents et avons chacun nos propres attentes particulièrement en matière d'esthétique ; il est donc ici tout aussi peu probable de se nourrir par la vente d'Œuvres.

Le second cas est certes bien plus probable, pour peu qu'on ai l'habilité et les moyens nécessaires pour de telles manipulations. Il est cependant difficilement envisageable pour tout auteur dont l'éthique comprend le respect mutuel entre les humains. Dans ce cas, l'acte trahirais certainement l'Œuvre. Comme si un Œuf était pondu dans la gueule d'un 'oophage', l'Œuvre serait conçu par des moyens qui entraînerait inéluctablement sa destruction.

En nous appuyant sur cette approche, il advient que pour inscrire sa démarche artistique dans un cadre professionnel l'auteur doit être particulièrement chanceux ou peu scrupuleux vis à vis du respect de son prochain.

En effet, compte tenu des éléments suivant :

  • celui qui conçois une œuvre pour satisfaire les exigences d'autrui démissionne de sa recherche artistique pour entrer dans une démarche artisanale ou industrielle ;
  • celui qui ne tire pas (ou peu) de revenus de son activité artistique peu difficilement l'exercer à titre professionnel, à moins d'avoir des revenus tierces.

Il apparaît alors que le moyen le plus réaliste d'exercer une pratique artistique, à défaut de bénéficier d'un revenu inconditionnel d'aide à la conception, soit de la réaliser à titre amateur.

Notes et références

  1. C'est à dire un œuf amniotique, tel celui de la poule.

Informations légales

Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source :

Auteurs de l'œuvre originale : psychoslave

Licences : N/A

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