Denier du Rêve

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Denier du rêve est un roman écrit par l'écrivain Marguerite Yourcenar, l'un de ses romans qu'on dit 'de transition', écrits entre Alexis ou le Traité du vain combat et les Mémoires d'Hadrien.

Denier de rêve fut sans doute le premier roman français à parler du fascisme italien en 1933, "à regarder en face la creuse réalité cachée derrière la façade boursoufflée du fascisme". [1] Roman à la facture unique dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar, il est marqué par l'unité qui lie les personnages et l'abondance du style direct, aussi bien bien dans les dialogues que dans dans les monologues, ce qui n'est pas dans les habitudes de l'auteur.

C'est en ce sens que Jean Blot a pu dire que "l'auteur s'éloignait de lui-même". Toujours dans la préface, elle précise que "les deux éléments principaux du livre, la rêve et la réalité, ont cessé d'y être séparés. La narration, bâtie autour d'un attentat antifasciste perpétré par Marcella Audeati, connaît de nombreux changements de ton, passant de la satyre au mythe ou du réalisme à l'allégorie. Les relations sont tumultueuses entre les trois principaux personnages, entre Marcella, Carlo Stevo son amant arrêté pour activités antifascistes, peut-être dénoncé par celui qui devient son nouvel amant, un jeune slave Massimo Iacovleff. Marcella, la "phèdre prolétarienne au beau visage tragique", n'y survivra pas, séparée de Massimo "le phèdre platonicien".

D'après son interview dans "Les yeux ouverts"

Ce roman est né d’un long séjour dans l’Italie de Mussolini, de rencontres et de confrontation avec des événements comme l’assassinat de Matteoti. Son héroïne Marcella ressemble à une jeune militante antifasciste qu’elle a bien connue. Si son thème tient à l’actualité, elle qui aime prendre du recul, pour elle « chaque livre naît avec sa forme tout à fait particulière, un petit peu comme un arbre. » Dans ce thème italien, elle y voit du baroque, cette idée spécifique que le denier, cette pièce de monnaie de 10 lires, passe de main en main. Il représente le symbole du monde extérieur opposé à la vie intime des êtres. (voir sa pièce Rendre à César écrite 30 ans plus tard sur le même thème)

Symbole des rapports quotidiens quasi automatiques qui n’emportent bien souvent aucune autre conséquence notable. Elle ne croit pas que son roman ait eu une influence quelconque parce qu’il a été peu lu et qu’en littérature, les mises en garde portent très rarement. Son roman est pour elle la juxtaposition de deux plans : La Rome populaire et même subversive de Marcella et des personnages liés aux mythes antiques reliant le quotidien aux légendes. Marcella a parfois des accents de Phèdre et de Némésis, Massimo se rattache à la fois à Thanatos et à la comédie italienne, Marinuzzi tend vers Dionysos. Cette dimension est moins visible dans la seconde version où Marguerite Yourcenar s’est surtout attelée à rendre compte des réalités de ce temps.

Notes et références

  1. Comme elle l'écrit dans la préface de la réédition de 1959

Voir aussi :

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