Dieu est-il fanatique ?

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Dieu est-il fanatique ? par Jean daniel

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Référence : Jean Daniel, "Dieu est-il fanatique ?" Essai sur une religieuse incapacité de croire, éditions Arléa, 224 pages, 1996, réédition Aléa poche, 09/1997, ISBN 2869593627

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« La seule excuse de Dieu, c’est qu’il n’existe pas. » Stendhal

A un père dominicain disant à Albert Camus : « Vous n’avez pas besoin de baptême, puisque vous avez la grâce ! », Camus lui a répondu : « Je n’accepterai ni d’au-delà, ni d’ailleurs, car toute transcendance m’est étrangère. »[1]

Jean Daniel pose ici le problème du devenir de l'homme en précisant que « Je n’ai pas fui l’absolu en politique pour aller le chercher dans la religion. » Dans son ouvrage Avec le temps, Jean Daniel précise que s'il a écrit "Dieu est-il fanatique ?" « c'est en partie pour dire que l'individu pur, libre, détaché, n'existe pas ou existe très rarement. » Il faut admettre que :

- Il existe bien ce qu'on nomme un seuil de tolérance;
- Il dépend du nombre et de l'origine des immigrés;
- Il faut tenir compte du niveau, de la nature du pays d'accueil;
- On ne peut nier un besoin profond de protection de la part des individus;
- La nature du racisme est autant maladie que péché avec des remèdes mais aussi des condamnations.
[2]

Comment concevoir à notre époque un Dieu qui semble si loin des illusions des humanistes ? se demande Jean Daniel, car les hommes maintenant s'éloignent du divin, se réfugient dans la Raison et le rationnel, ne veulent plus d'un dieu vengeur et "punisseur" qui bandit le courroux du péché, du purgatoire et de l'enfer, refusant d'abord l'enfer sur terre pour cette pauvre créature humaine. Ils recherchent dans le mythe des raisons d'espérer et de tracer la voie d'un autre progrès qui scellerait un destin moins tragique, plus "rassurant". Mais voie étroite entre entre des hommes qui s'éloignent de Dieu et un dieu qui semble prendre ses distances avec les hommes. Reprenant les étapes de ce constat, son analyse de la Révolution française l'amène à penser qu'elle avait réussi à séparer les individus de leur communauté, ce qu'il juge comme une « stupéfiante dérive. »[3]

Citations, commentaires
« Des juifs, parmi les plus religieux, refusent avec horreur l'idée qu'il pourrait y avoir un lien entre l'Election (de leur peuple) et la persécution. La tentation est grande, puisque les bons auteurs voient un rapport entre le Déluge et les châtiments infligés par Dieu à l'humanité dévoyée. C'est d'ailleurs le fait dans tous les mythes du Déluge, qu'ils soient grecs, sumériens ou indiens : il s'agit toujours d'une manifestation de la colère divine. Dieu prend ses responsabilités : "C'est Moi qui blesse et C'est moi qui guéris" (Deutéronome 32, 39). C'est pourquoi, plus tard et pendant longtemps, les destructions du Temple, les persécut u Ciel. Il a fallu, avec les exterminations nazies de la Shoah qu'advienne la paroxysme du Mal pour que, soudain pris d'effroi, les juifs ou plus simplement les hommes reculent devant l'idée qu'un Dieu, et surtout l'Unique et le Miséricordieux, pût utiliser des moyens si inhumains, extra-humains, anti-humains, pour exterminer des millions d'hommes créés à Son image...  » "Dieu est-il fanatique? " page 139

« Les hommes de la génération de Daniel ont vécu sous le signe de Prométhée et de Sisyphe. Prométhée symbolisait la foi dans le progrès par la science, l'histoire, la révolution. Quand la machine à remplacer les dieux s'est détraquée, Sisyphe est devenu la figure emblématique d'une humanité trouvant sa grandeur dans l'accomplissement d'une tâche absurde. Or il n'est pas facile d' "imaginer Sisyphe heureux". Dans un monde qui change à une vitesse accélérée, on se raccroche à l'élément solide de la tradition et des origines. Le besoin de Dieu est, avec le nationalisme, la manifestation de ce réflexe. Faut-il voir là la promesse d'un humanisme élargi, qui "respecte le divin sans sacrifier aux dieux", ou la menace de nouvelles guerres de religion? Il appartient aux hommes d'être dignes du Dieu qu'ils ont créé.  » "Le besoin de Dieu", L'Express du 16/05/1996

« "Le déraciné et le fanatique sont les deux figures emblématiques de la culture moderne" dit Hélé Béji. Je n'ai rien dit d'autre dans "Dieu est-il fanatique ?" En citant les critique de Simone Weil contre l'universel abstrait et de Kolakowski contre le village planétaire. Sauf que j'ai ajouté que "c'est souvent le déraciné qui devenait fanatique".  » "Avec le temps", page 600

Notes et références

  1. Voir son article La seule excuse
  2. Voir "Avec le temps", page 569 (ed. Grasset)
  3. Voir "Avec le temps", page 571 (ed. Grasset)

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