Haletante

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Déconseillé aux moins de 16 ans.svg

AVERTISSEMENT :

Cette œuvre risque de perturber les repères des jeunes de moins de 16 ans, car elle contiens des propos érotiques ou présente des scènes de violence particulièrement impressionnantes.



Informations légales

Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source : http://www.okedomia.com/2006/10/haletante.html

Auteurs de l'œuvre originale : Eleken Traski

Licences : N/A

« L’humidité qui s’échappe en chacun de nous est une passerelle vers la jouissance. »

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Haletante, à côté de moi.

Les halètements de mon amie à mes côtés finissent de complètement m’éveiller.

Comment avions-nous fini dans cette situation ? Je ne saurais vous le dire. Mais voilà que les événements se déroulaient en ma présence, augmentant à chaque instant mon désarroi et mon incertitude. Je ne dormais pas dans mon lit cette nuit, elle non plus d’ailleurs. Nous étions hébergées chez un ami. Un ami. Enfin, presque un ami. Plutôt un de ces casanovas de pacotille qui m’avait ouvertement courtisée toute la soirée. Que j’avais repoussé toute la soirée. Et qui maintenant se jetait, comme un prédateur sur sa proie, sur mon amie. Enfin, presque une amie. Comment étions-nous arriver à cette situation rocambolesque ? Un concours de circonstances, un défaut de conscience, une planification criminelle ? Nous étions allés en boîte de nuit ce soir-là pour finir, comme il se devait, cette longue semaine de travail. Et puis la danse. Et puis la musique. Et puis l’alcool. Nous sommes restés trop longtemps. À notre sortie les métros parisiens s’étaient arrêtés, avaient stoppé leur circulation diurne, et seuls les bus de nuit restaient encore. Malheureusement, j’habite dans une ville de la petite couronne et seul un train ou un taxi aurait pu nous y mener. Nous, oui, car j’hébergeais cette semaine-là cette amie, haletante à mes côtés, elle habitait encore beaucoup plus loin. Alors il nous proposa de nous héberger. Il avait un grand lit. Il était « réglo » et dormirait simplement en essayant de ne pas ronfler. De toute façon il était trop fatigué… Et nous acceptâmes.

Mais voilà que maintenant elle hâlette. Elle hâlette sous les coups de rein de cet homme qui cadence ses pénétrations sur ses roulements de hanches. J’entends ce bruit, ce souffle, cette chaleur qui se répand. Cette moiteur qui s’écoule sur les draps. Ces ressorts qui déforment la couche et me transmettent chacun de leurs mouvements. Cet air qui me transmet chacun de leurs halètements. Ce petit cri. Ce début de râle étouffé. Je n’en peux plus. Je me retourne sur le côté afin de ne leur présenter que mon dos. Comment peuvent-ils faire ça juste à côté de moi ? Je me sens. Je me sens.

Papa. Mon papa à moi. Dans le placard est enfermé le monstre et papa me protège du monstre. Je suis toute petite, je suis toute gentille, alors le monstre veut me manger.

Je me sens soudainement submergée par la honte. Quelle est cette chaleur que je ressens en moi, sur moi, entre mes cuisses. Ma respiration s’accélère. « Non ! » Crie mon esprit. Cette situation perverse et bestiale m’excite donc ? Oui, je sens ce fourmillement, se répandre du fond de mon ventre vers l’extérieur, inondant mon sexe de moiteur, durcir mon intimité. Je me mords la lèvre pour tenter de me ramener à la réalité prude et correcte. Mais ils halètent de meilleur. Le mouvement de leurs hanches s’accélère, se transmet au matelas et viens de me heurter, me caresser de son entier. Inexorablement, contre le cri de mon esprit, mes doigts glissent vers mon ventre, y décrivent une légère courbe qui m’arrache un soupir. Et enfin, plongent entre mes cuisses où ils provoquent un gémissement qui se perd dans les gémissements.

Heureusement j’ai mon papa avec moi. Il me protège. C’est un super papa. Maman, elle ne me protège pas. Papa me protège. Maman est comme le monstre. Elle ne me crois pas. J’ai peur du monstre, mais papa me protège du monstre. Hier, je suis allée aux bois avec papa.

Je me caresse avec une impatience dans laquelle je ne me reconnais pas. J’écarte légèrement les jambes, aussi peu que je le peux, afin d’y glisser plus intimement ma main. Mon index frotte, s’enfonce entre les lèvres à la recherche de ma liqueur, la trouve et remonte vers le centre de plaisir. J’opère une rotation dans un sens, puis une autre et une autre. Je sens le début du plaisir monter en moi, vite, presque trop vite.

Il est gentil mon papa. J’aime mon papa et mon papa m’aime. Il me l’a dit. Il m’aime plus encore qu’il aime maman. Maman n’est jamais là quand le monstre est dans le placard. Il y a juste papa. Heureusement papa est toujours là quand le monstre est dans le placard.

Je rajoute un doigt à mon jeu, inverse mon mouvement avant de repartir de plus belle dans ce sens. Ma vitesse se règle sur la leur. Mes hanches commencent à bouger avec eux, à danser dans leur danse. Mes tétons se sont considérablement durcis maintenant et sont douloureusement plantés dans l’armature de mon soutien-gorge. Mon sexe brûle mes doigts maintenant imbibés de mon être. Ils me masturbent avec frénésie. Et, à l’instant même où l’image de cet homme sur moi se presse à mon esprit, un de mes doigts se presse en moi, un deuxième le suit et vient accompagner mes hanches.

Hier, je suis allée aux bois avec papa. Nous avons cueilli des champignons.

Ma respiration se fait de plus en plus rapide, de plus en plus forte. Je halète de concert sous les coups de reins répétés et sauvages de cet homme qui prend mon amie. Moi qui suis encore vierge, je fais l’amour avec eux. Pendant eux. Par eux. Chacun de ses coups augmente mon plaisir. Chacun de ses halètements me rapproche de l’extase.

Papa dit que des monstres, aussi, vivent dans la forêt et qu’il ne faut pas que j’y aille toute seule. Mais papa est avec moi. Il me protège des monstres. Demain j’irai dans la forêt, ramasser des pommes de pain. Et papa viendra avec moi.

Ils accélèrent encore le rythme, ne tentent plus de cacher leur frénétique danse. Ils halètent bruyamment. Les ressorts grincent. Mon corps tout entier est emporté par la vague de leur ronde sexuelle. Je ne cache plus ce qu’ils ne cachent pas. Le rythme halète, suinte de sexe, coule de plaisir. Un petit cri s’échappe de sa gorge, un second plus puissant. Un râle est emporté. Puis le rythme ralenti, s’épuise, s’amenuise, s’éteint. Il a joui. Elle non. Moi pas. Je suis déçue. Désappointée. Je reste couchée sur le côté pendant qu’il se jette hors du lit pour aller jusqu’aux toilettes.

Une fois le monstre était sous le lit. Alors papa m’a protégé. J’ai eu un peu mal. Mais ça n’a pas duré. Et papa m’a protégé. Il me réconforte. Il m’embrasse quand j’ai peur. Il me serre contre lui quand j’ai froid. Il est fort mon papa.


Et me voilà frustrée dans mon envie inassouvie de jouissance. Je sens poindre sous la chair de mon crâne l’ignoble douleur migraineuse annonciatrice du déchirement de mon esprit. Il me faut agir pour éviter cela. Il me faut déchaîner ma colère trop accumuler ce soir. Trop désappointée, je suis, pour rester couchée inactive comme cela.

Et papa m’a protégé. Il me réconforte.

Ma colère est sombre et amère. La ceinture que je porte ce jour-là fait l’affaire. Je me tourne vers cette femme qui, à mes côtés, ronfle déjà doucement. Comment as-tu osé ? Nul ne peut se douter de la force que je peux concevoir lorsque la colère me prend. Elle n’a pu haleter, elle n’a pu suffoquer. Elle se débat un peu, mais ce n’est pas le manque de souffle qui l’immobilise. Le déferlement de colère, que je mets dans mon étreinte, est si grande que ses cervicales se rompent dans un craquement aussi sinistre qu’inaudible. Mais ce n’est pas encore suffisant. L’abîme de ma souffrance n’est pas encore comblé.

J’ai peur du monstre, mais papa me protège du monstre. Hier, je suis allé aux bois avec papa. Nous avons cueilli des champignons. Il m’aime plus encore qu’il aime maman. Maman n’est jamais là quand le monstre est dans le placard. Il y a juste papa. Heureusement papa est toujours là quand le monstre est dans le placard. Mais j’ai peur.

Je me lève pour me rendre au comptoir de la cuisine américaine. J’y prends de quoi faire couler ma haine, puis je vais vers la porte des toilettes d’où proviens le bruit de son urine répugnante, coulant dans la cuvette. Je gratte le bois du bout des ongles et j’attends quelques secondes. J’en profite pour le glisser dans mon pantalon, juste au-dessus de mes fesses où sa fraîcheur m’arrache un frisson hautement érotique et quasi jouissif.

La porte s’ouvre doucement et il me lance ce regard à la fois hagard de fatigue et coquin, pervers, son sourire en coin si familier sur son visage. Il me dit doucement, mais sans douceur : « Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu es jalouse ? ». Ridicule phrase à laquelle je ne réponds que par un regard des plus langoureux, ma langue passant sur mes lèvres et mes yeux explorant la demi-pénombre de la pièce pour y capturer l’objet de ma convoitise. Je n’ai pas eu, moi, le plaisir d’être sa partenaire et il me faut corriger cette erreur au plus vite. Je minaude quelques paroles excitantes, accompagné assurement d’une attitude des plus perverse. Son sourire s’étire en un rictus prédateur et il me répond sur le ton presque de la conversation : « Ah mais tu sais, le Mister Z là il est tout collant de s’être occupé de ta copine. J’ai besoin que tu me le nettoies un peu. ».

Il me serre contre lui quand j’ai froid. Il est fort mon papa. Mais j’ai peur.

Je me presse à son encontre. Je goutte de la chaleur de son corps, de la douceur de sa peau sous mes lèvres tandis que je descends pour m’emparer avec satisfaction de son pénis en érection. C’est presque comme si je sentais le sang affluer à l’intérieur de cet organe, le rendant si dur, le rendant si chaud, si vivant. Si méchant. Je commence par un léger mouvement du poignet. C’est facile, il est effectivement encore humide de ses récentes explorations. Je joue avec lui, comme le chat avec une souris. Je ne peux me retenir de sourire. Le méchant homme est si stupide. Je n’y tiens plus, il me le faut ce symbole de sa toute puissance masculine. Pour moi, il me le faut, cette chose qui m’a déjà tant pris ce soir. Ma bouche part et revient en cadence avec ses hanches, ses mains viennent affreusement emprisonner ma tête sur son morceau de chair. Ma rage reflux et revient comme une marée. Et à chaque retour, elle est un peu plus forte. Ma haine est comme une explosion qui s’apprête à s’étendre. J’en sens toute la puissance, en saisie toute l’immensité. Et alors que son sexe frémit dans ma bouche, annonçant la jouissance à venir. Alors qu’un râle naît dans sa gorge, je prends son pénis dans ma main, le masturbant à nouveau, j’extrais le couteau coincé dans mon pantalon, et d’un coup sec, j’enfonce ses dents dans sa chair et coupe son organe à la base, sous les testicules, fait remonter la lame à travers le ventre jusqu’à la naissance des cotes. Mon visage est inondé du sang jaillissant, chaud et doux, de la plaie de son bas ventre. Son visage est contrit par un mélange d’horreur et de plaisir de jouissance sadique. Le cri étranglé et affaibli dans sa gorge, où je plante immédiatement la lame qui ressort par la nuque lui sectionnant la colonne vertébrale, est arrêté dans sa naissance. Ses viscères commencent à se répandre sur le sol carrelé.

Mais j’ai peur. Car quand papa est là. Le monstre est là. Et quand papa s’approche, le monstre s’approche. Et quand je sens l’halène de papa tout contre ma peau, je sens celle du monstre aussi. Et quand il me touche, c’est le monstre qui est là. Papa. Le monstre.

Je recrache alors, par terre, son sexe qui a dégonflé dans ma bouche. Il ne frétille pas, ne se tortille pas. Cet appendice mort, ridicule, objet de ma convoitise traîne, pathétique, sur le sol, au milieu d’une mare de sang. Son ancien propriétaire, en train de mourir en face de moi, s’écroule dans un quasi-silence. Seuls quelques gargouillis, de son souffle coupé et noyé par la lame, me parviennent encore. Il ne reste que moi.

Et quand il me touche, c’est le monstre qui est là. Papa. Le monstre. Et je pleure. Seule.

Je me redresse, je suis debout, le visage rouge et suant, le souffle rapide. Sur ma bouche s’étire un rictus pervers et sadique de plaisir. La fine pulsation de ma migraine s’évapore à l’éther.

Je suis, sanglante.

Je suis.

Haletante.



Message de l'auteur original aux lecteurs

Parfois, l'horreur se trouve au détour du couloir que vous prenez

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