Jorge Semprún et Françoise Nicoladzé

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Jorge Semprún : Essai biographique

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« Jorge Semprún: une tombe au creux de nos cœurs, » hommage à Jorge Semprún par Françoise Nicoladzé.
Le Nouvel Observateur 10-06-2011

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Françoise Nicoladzé a soutenu en 1995 la première thèse sur l'œuvre de Jorge Semprun, qu'elle rencontra souvent et auquel elle a consacré deux livres :
- « La Deuxième vie de Jorge Semprún, une écriture tressée aux spirales de l'Histoire », éditions Climats, 279 pages, 1997;
- « Jorge Semprún. La lecture et la vie », Gallimard, 2002.

« La présence rayonnante de Jorge Semprún s’est évanouie… Mais la mort n’efface, comme l’écrit si tendrement Christian Bobin, «"ni la musique, ni les roses, ni les livres"». La musique 'semprunienne', nous la gardons dans nos âmes, les roses de la vie qu’il a tant disputées au Mal, il nous les offre dans ses récits subtils et nous habitons la patrie de ses livres où liberté rime avec vérité et fraternité. Homme généreux, Témoin en lutte «"vertical"», Rouge Espagnol, la culture européenne aux lèvres, écrivain de cette langue française qu’il aima et servit si bellement! Qu’en dire de plus ?
Relisons son œuvre, roman mémoriel, miroir étincelant d’un siècle tourmenté: nous en serons augmentés pour la vie. »
A Montpellier, ce 8 juin 2011, Françoise Nicoladzé

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Référence : La Deuxième Vie de Jorge Semprún. Une écriture tressée aux spirales de l'Histoire, éditions Climats, Collection Arc-en-ciel, 282 pages, octobre 1997, isbn 2-8415-8075-X

Ce livre-essai sur l'œuvre de Jorge Semprún recherche, à travers les épisodes forts de sa vie, sa quête identitaire, souvent transparente dans ses livres-témoignages autobiographiques, mais parfois aussi présentée à travers d'autres personnages qui sont ses doubles romanesques.

On y retrouve ses thèmes de prédilection, son combat pour la liberté à travers des expériences pourtant fort différentes, son besoin de traquer la vérité dans un premier exil à la fin de la guerre civile, la Résistance en France, son arrestation dans l'Yonne puis sa déportation à Buchenwald, son engagement aux côtés des communistes espagnols, son second exil après son exclusion du PCE et ce qu'il appelle la fin des utopies qui commence pour lui en 1962 quand il fait un premier bilan de sa vie et termine l'écriture de son premier roman-témoignage Le Grand Voyage.

Référence : Jorge Semprún, "La lecture et la vie", Gallimard, 2002

La question que pose Françoise Nicoladzé est celle que se posent tous les écrivains : pourquoi se demande-t-elle devient-on un lecteur de Jorge Semprún ? Il y a dans ce questionnement le subtil point de rencontre entre des sensibilités qui font cette communion entre un travail solitaire et un lectorat qui, même s'il est multiple, se rejoint sur l'essentiel de ce que représente l'univers d'un écrivain.

Il y a cette émotion suscitée par les textes de Jorge Semprún, cette rencontre éclosant en colloque singulier avec chacun de ses correspondant. De ces éléments épars qu'elle recueille, Françoise Nicoladzé analyse un lectorat rarement critique, souvent conquis d'avance, mais surtout en osmose avec une écriture qui fait des tragédies du XXe siècle les supports d'un itinéraire personnel. Jorge Semprun, dans les arcanes des "nuits et brouillards" de la déportation, dans ce continuel combat pour la liberté, témoigne pour une transmission à la fois lucide et sereine.

L'imbrication si particulière de cette œuvre faite d'une longue réflexion sur la condition humaine ancrée dans la profondeur de son vécu, aussi bien le plus dramatique que le plus émouvant, le plus cocasse parfois, assise sur une culture européenne protéiforme, met paradoxalement en exergue les beautés de la vie et la tendresse si précieuse des femmes, hymne à la vie qui est aussi négation de la mort, lui qui l'avait frôlée de si près. Elle est en ce sens une image de la victoire de la fraternité sur le mal.

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