AdhÃrez à l'April.

La culture en toute liberté.

culture-libre.ORG

Krap HARD/Chapitre 01

Marteau de juge

Informations légales

Cette œuvre :

<<(aucune page précédente) | Chapitre 02>>



AVERTISSEMENT :

Cette œuvre risque de perturber les repères des jeunes de moins de 16 ans, car elle contiens des propos érotiques ou présente des scènes de violence particulièrement impressionnantes.


Copyleft

Informations légales

Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source : http://kraphard.skyrock.com/

Auteurs de l'œuvre originale : Leopold Zorn

Licences : N/A

La petite boule de poils s'est mise à tourner sur elle-même comme si elle courait après sa queue, signe précurseur qu'elle allait nous pondre une œuvre aussi odoriférante que décorative. Certains créateurs de l'extrême peignent à la matière fécale. Pourquoi pas ? Fixé sous une épaisse couche de vernis, l'étron originel se voit attribuer une valeur ajoutée qui émeut le capitaliste primaire. Les autres peuvent affirmer sans se tromper que ce n'est qu'une merde. Au demeurant, l'art actuel fourmille de critiques béats d'admiration devant des croûtes peinturlurées par des animaux. Prenez un âne, mettez-lui de la couleur au bout de la queue, approchez le support et, avec un peu de chance, vous obtiendrez un chef-d'œuvre de déstructuration picturale.

Si ça se trouve, peut-être que sans le savoir, je suis en train de promener un génie du XXIème siècle. Bon..., dit comme ça, ça semble absurde : la chienne n'a rien d'exceptionnel, hormis un appétit hors du commun pour un animal de cette taille. Le ventre sur pattes appartient à l'espèce des fox-terril. En clair, c'est un bâtard pure race. Perso, j'en ai rien à tamponner de ses origines ; avec ou sans pedigree, un clébard en bonne santé étronne à qui mieux mieux et, de préférence, là où tu mets tes panards. Dis-toi que t'as du bol si c'est le gauche, y'paraît que c'est signe d'argent.

Peut-être que je devrais me rouler dedans, histoire de me faire un peu de braise ? Question thunes, c'est pas encore la gloire ce mois-ci. Ca devient même de pire en pire. Alors je profite des sorties imposées pour gamberger ferme à toute une série de plans plus foireux les uns que les autres. Faudrait que je trouve à marner... mais je ne peux quand même pas leur foutre un flingue sous la tronche, à mes employeurs potentiels. Ca fait mauvais genre. Et puis, j'ai promis à ma meuf d'arrêter les conneries. La preuve, j'ai rangé mes guns dans une trappe où-ce-qui faut vraiment avoir envie d'aller. D'accord, j'admets que, des fois, quand elle n'est pas là, je sors les pétards et m'en occupe un chouia, je les démonte, je les nettoie, je les graisse... mais ça fait des lustres qu'ils n'ont plus craché la fumée.

J'appartiens désormais à l'ennuyeuse catégorie des honnêtes citoyens. Mon artiche, je ne la claque plus au claque, je paie mes impôts et fume légal. Le seul truc qu'on pourrait me reprocher, c'est de ne pas toujours sortir le cleps en laisse. Vraiment pas de quoi se faire entrouer par les pandores.

Je respecte tellement mes semblables que, dès lors que le rat fait mine de crotter sur le trottoir, je le pousse jusqu'au caniveau. Allez ! c'est pas de la conscience sociale, ça ?

Bien sûr, être honnête ne va pas sans s'abandonner à une certaine dose d'ennui. Il n'y a aucune commune mesure entre vivre d'expédients aussi variés que loufoques et prendre ses assises dans la respectabilité. Autant ne pas te leurrer au cas où mon exemple ferait tache, tout ça manque singulièrement d'action !

Poussant un soupir, je mate le cador renifler le jalon posé par un congénère. Il paraît que les toutous ont le flair si développé qu'ils te font un check-up complet en deux-trois coups de sniffe. Imagine qu'on ait ça, nous aussi. On n'y gagnerait peut-être pas en sociabilité mais qu'est-ce que ce serait pratique !

Regarde, tout à l'heure, je me suis encore bouffé le nez avec ma bourgeoise. Si elle avait pu me renifler le cul, elle aurait pu comprendre que ce n'était pas la bonne période pour les questions idiotes. C'était d'autant plus stupide que c'était parti comme ça, au quart de tour.

On était en train de mater la téloche, comme deux gros cons écrasés par la chaleur. On se rafraîchissait le cerveau dans un tunnel publicitaire, le genre de truc où on te fourgue toutes les niaiseries possibles pourvu qu'elles soient aussi ridicules que dispendieuses. La tendance du moment va à la collectionnite aiguë. Entre les poupées de porcelaine, les miniatures des dieux égyptiens, les soldats de plombs ou les petites voitures en fer, tu as l'embarras du choix. Mais la palme de la collection la plus tarte revient sans conteste aux appeaux, leur fascicule et le CD de chants d'oiseaux. Ce qu'il y a de bien dans cette pub, c'est qu'elle constitue elle-même un gigantesque appeau à pigeons.

Jusqu'à présent, je n'ai encore rien vu d'assez marrant pour me lancer dans l'aventure. J'attends qu'ils sortent la collection Histoire Merveilleuse du Godemiché. « Une œuvre conçue pour les collectionneurs. Vous pourrez apprécier la qualité des reproductions qui respectent de façon fidèle les détails qui, de la Grèce à nos jours, ont donné ses lettres de noblesse à l'Académie des Dames. En plus, vous recevrez de splendides fascicules illustrés qui vous feront découvrir son histoire. Cette semaine, et pour trois euros seulement, découvrez chez votre marchand de journaux L'Olisbos de l'Antiquité grecque. Le numéro deux, Le Godemiché empire, est offert en cadeau. »

J'en étais à gamberger une chute genre « Gode save ze gouines » quand l'écran publicitaire a fait place à la bande-annonce d'une nouvelle émission de télé-réalité, un concept où une vieille revêche vient, chez toi, dresser tes gosses. J'ai eu le malheur de penser tout haut : « Tiens, elle devrait venir ici. »


— Pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils ont qui ne te convient pas, mes enfants ?

<<(aucune page précédente) | Chapitre 02>>

Récupérée de « http://www.culture-libre.org/wiki/Krap_HARD/Chapitre_01 »