La culture en toute liberté.
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AVERTISSEMENT :
Cette œuvre risque de perturber les repères des jeunes de moins de 16 ans, car elle contiens des propos érotiques ou présente des scènes de violence particulièrement impressionnantes.
Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.
Source : http://kraphard.skyrock.com/
Licences : N/A
Treize heures. La truffe humide du cador me fait émerger d'un demi-coma.
J'ouvre un œil et le referme aussitôt. La lumière me fait mal au cheveux.
On a largué la pinardière pour aller biberonner dans le taudis des Vinard. Je ne me souviens plus de grand-chose, à part que ça a tuté sec. Je ne sais même pas comment je suis rentré à la Casa Mongolita.
Rapide tour d'horizon, histoire de m'assurer que je n'ai pas gerbé dans la piaule. A première vue, ça va : les draps sont secs, le sol est clean et aucun arôme de bile ne parfume le nid d'amour.
La démarche chancelante, je m'extrais du pageot, enfile un futal et m'exporte vers la cuisine. Au passage, j'allume la téloche. C'est un bruit de fond auquel je ne prêterai aucune oreille tant que mon organisme exigera son café. Je chope la vieille casserole blanche de calcaire et entreprends d'y faire chauffer mon eau. D'habitude, je distille mon jus du matin à la cafetière napolitaine. Not today. Mon petit cerveau d'homo alcoolus ne compte pas encore assez de neurones actifs. Et pour couronner le tout, j'ai les dendrites molles comme un vieux rat crevé.
Pendant que la flotte gagne la température idoine, je file marquer mon territoire. Au moment de m'essuyer la teube, je constate qu'une fois encore les golmons ont sacqué le P.Q. sans penser au suivant. Dix contre un qu'avant la fin du roman, je trouverai encore des raisons de me plaindre de ces deux petits trous du cul. Enfin, là, c'est pas très grave. Je me la secoue dans l'évier et tourne le robinet pour virer les gouttes jaunes.
Quand je me repointe, les molécules d'H2O semblent assez excitées pour faire une tasse de soluble acceptable. Mon pot de chambre accueille la frémissante et la magie de la lyophilisation transforme l'enfer liquide en quelque chose d'à peu près consommable. Le lactose achève la mutation.
Hummmm... La première gorgée me dégraisse la bouche. Elle était aussi pâteuse qu'une demi-benne de ciment frais. Je m'allume une tige et me tape à table, le cendar à portée de mégot.
Au loin, les petites images bougent toutes seules dans la lucarne. La tronche dépitée d'un journaleux apparaît en plan buste.
« C'est un pêcheur qui, tôt ce matin, a fait la macabre découverte. La police est immédiatement descendue sur les lieux. Si l'identité de la victime n'a pas encore été confirmée, on sait néanmoins qu'elle était âgée de 17 ans et qu'elle habitait la région. »
Une incrustation apparaît dans le coin droit de l'image. Malgré son format timbre-poste, je reconnais un étang proche de chez nous. Je suis passé devant des centaines de fois.
« Nous rejoignons en direct notre envoyée spéciale. » L'image se divise et, par la grâce de la technologie numérique, le charme ravageur d'une jolie journaliste crève l'écran. J'ai toujours le cœur au bord des larmes quand je vois Azalaïs.
Elle et moi, on a parcouru un bout de chemin ensemble. Et puis ça a capoté. Pour faire court, disons que je suis un mec dont le taux de testostérone nécessite des vidanges régulières et vu qu'elle n'était pas souvent là... Bref, elle a fini par l'apprendre et m'a foutu dehors.
— Azalaïs, y a-t-il de nouveaux développements depuis tout à l'heure ?
— Oui, François. Nous avons désormais la quasi-certitude que la victime a été assassinée d'une vingtaine de coups de couteau.
— En sait-on davantage sur son identité ?
— En effet. Mais, par respect pour la famille, il nous a été demandé de ne pas la révéler. Une conférence de presse sera organisée plus tard dans l'avant-soirée. C'est tout ce qu'on peut dire à l'heure actuelle.
Le phone carillonne. Je coupe le son et décroche. J'allo-bonjour. Une voix synthétique me répond : « Vous avez... dix... sept... messages. Premier message :
— Ouais, c'est Armand. Ecoute, ch'peux pas t'causer des plombes mais on est dans une merde dure. Momo a été serré par les flics. Sonne-moi rapido, steuplaît. »
« Pour effacer le message tapez un. Pour ré-écouter le mess... Message effacé. Premier nouveau message :
— C'est encore moi. Putain, quess'tu glandes ? J'te jure que ça urge, mec ! »
J'allais opter pour « Rappeler l'auteur du message » quand l'action s'est emballée : « Boum-boum-boum » a bramé la porte. Avant, elle jouait la Lambada. Mais c'était trop casse-burnes. J'ai viré les piles. Depuis, les visiteurs frappent et, mine de rien, c'est un bon truc pour estimer leur détermination à tchatcher. Rien qu'au bruit, je peux te garantir que celui-là a vachement envie qu'on cause. Je jette un œil à la lourde. Deux ombres s'agitent derrière l'épaisse couche de verre armé. Je dédure. Le plus vieux me lance un « Bonjour, Police » qui n'est pas fait pour me rassurer.
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