La culture en toute liberté.
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Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.
Source : http://kraphard.skyrock.com/
Licences : N/A
Les yeux à fleur de tête, sanguins de fatigue, l'inspecteur marlouche mon dossier. Il n'y trouvera rien de spécial. Je suis propret comme une bite d'acteur porno. Citoyen ordinaire, je me tiens à carreau avec les farces de l'ordre. Je suis tellement virginal que j'ignore pourquoi ils m'ont fait venir ici. Enfin, j'ai bien une vague idée...
Mes chaperons m'ont à peine laissé quelques minutes pour me refaire une gueule. Après, je suis monté dans leur bagnole. A l'arrière. Ils n'ont pas desserré le bec de tout le trajet. Ils m'ont juste dit que quelque chose d'horrible avait été perpétré cette nuit. J'ai beau être au courant de rien, j'ai malgré tout commencé à me construire un alibi solide comme un bunker. Mais tu connais le marché de l'immobilier...
Sans que les termes « garde à vue », « mise en examen » ou « inculpation » aient été évoqués, je me suis retrouvé dans une situation qui y ressemblait comme deux gouttes d'eau. La pièce dans laquelle je me tenais ressemblait à une cellule, avait l'odeur de pisse croupie d'une cellule, possédait les inévitables graffitis d'une cellule ; et la banquette, recyclée d'une antédiluvienne troisième classe ferroviaire, me faisait l'effet d'un pucier de cellule. Sauf que, en plein délire surréaliste, ceci n'était pas une garde à vue !
Un keum de la police chiantifique est venu me palper les mimines. Ca a pris une poignée de minutes. J'ai tenté d'engager la converse pendant qu'il m'encrait les francforts. Mais le gars était aussi causant que la sympathique porte de mon quatre étoiles. Je n'ai pas insisté et je l'ai maté me prendre les empruntes. J'ignorais qu'on n'utilisait toujours cette méthode. Je croyais naïvement qu'avec les progrès de la biométrie, il m'aurait suffit de poser les mains sur un scanner. C'aurait été moins salissant. A croire qu'on en est resté aux recettes qui ont fait la renommée des Brigades du Tigre.
Puis, moins d'une heure plus tard, ils m'ont conduit dans le bureau de l'inspecteur Hoste. On a un peu bavardé mais la question à cent mille euros n'a pas été longue à venir :
— Que faisiez-vous cette nuit entre deux et cinq heures ?
Le ton est sérieux. Je ne finasse pas. Optant pour la vérité, je lui déballe le planning : beuveries jusque six-sept heures... Avec deux témoins.
— Armand et Maurice Vinard, qui confirment effectivement avoir passé la nuit avec vous. Mais, je ne vous cache pas que j'ai du mal à croire que vous fréquentez deux ivrognes de cette trempe.
— Hier soir, je me suis plus ou moins frité avec Madame. Furax, je suis allé faire un tour. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, je suis tombé sur les deux pécains. On s'est mutuellement offert à boire et ça a rapidement dégénéré en marathon éthylique. Je suis arrivé dernier de l'épreuve. Je ne sais même pas comment je suis rentré au bercail. Mais il y a une chose dont je suis certain : aucun de nous n'est impliqué dans la mort tragique de la gamine.
Le flic m'évalue pendant un moment, les index joints sous le nez, les coudes de part et d'autre de son fauteuil. Puis, après un long soupir :
— Je ne demande qu'à vous croire. Le problème, c'est qu'on a retrouvé l'arme du crime. Les empruntes de Maurice Vinard y figurent. Ainsi que les vôtres.
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