La culture en toute liberté.
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Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.
Source : http://kraphard.skyrock.com/
Licences : N/A
Ma réaction se fait sans attendre. Il me calme d'un geste de la main, se redresse et attrape son paquet de clopes. L'allumage lui sert à préparer sa prochaine question. Mais avant de reprendre, il me propose de m'associer activement à la tabagie. Ses tiges, c'est tellement du foin qu'elles me paraissent davantage destinées aux ruminants plutôt qu'aux emblématiques garçons-vachers qui ont fait l'image de la marque, mais, n'ayant plus méfu depuis des plombes, j'accepte sans barguigner. Il poursuit :
— Bien que vous n'ayez pas un profil de tueur, j'avoue que je n'arrive pas à vous cerner.
— Appeler des renforts !
Je regrette immédiatement ce trait d'esprit. Je n'ai jamais su fermer ma gueule. Et même dans les situations les plus catastrophiques, il faut toujours que je trouve un bon mot. Certains prétendront que c'est pour crâner. Moi, je crois plutôt que c'est de l'humour de survie. Heureusement, l'inspecteur Hoste n'a pas l'air de s'en formaliser.
« Figurez-vous que c'est exactement ce que j'ai fait, dit-il en sortant un dossier d'un tiroir. J'ai interrogé notre base de données et j'en suis revenu bredouille. Mais, voyez-vous, il y a bredouille et bredouille. On peut considérer qu'on n'a rien trouvé même si le dossier contient des éléments qui, pour telle ou telle raison, ne peuvent être pris en ligne de compte. En ce qui vous concerne, il n'y a vraiment rien en dehors des informations d'état civil. Je n'ai même pas de numéro de permis de conduire. »
— Tout simplement parce que je n'en ai pas.
— Oui... Et vous ne payez pas souvent d'impôts, comme j'ai pu voir.
— Je ne gagne pas assez. Mais, rassurez-vous, ça n'empêche pas les vautours de l'administration fiscale de m'envoyer leurs déclarations. Je les remplis sommairement et leur remballe dans les plus brefs délais. Je ne me laisse pas emmerder par ces oiseaux-là.
— Jusqu'ici, rien ne me choque vraiment. En revanche, et c'est ce qui m'ennuie le plus, vous avez déménagé. Vous avez quitté une région en plein redressement économique pour vous installer dans une zone sinistrée. Pourquoi ?
— Pour vivre avez la femme que j'aime.
— C'est une raison valable. Au fait, confirmez-vous qu'elle est plus âgée que vous ?
— Oui mais ça ne fait pas de moi un coupable.
— Qui sait ? Vous en aviez peut-être marre de votre ordinaire. Une petite jeunette est passée par-là et, rendu courageux par le nombre, excités par l'alcool, vous avez décidé de vous la faire.
— Vous commencez à m'inquiéter.
— Pourquoi ? Vous n'avez pas la conscience tranquille ?
— C'est moins une affaire de conscience que de prescience.
— Que voulez-vous dire ?
— J'ignore si c'est dû à un quelconque don de voyance ou à la simple analyse de la situation mais je sens se profiler comme un amoncellement d'emmerdes. Pourquoi m'auriez-vous fait quérir maintenant si tel n'était pas le cas ?
— Bah ! s'exclame-t-il en crachant une courte volute argentine. Vous n'allez pas ergoter parce que la police fait son travail.
Pendant que je mate la fumée se déguiser en courant d'air, je tergiverse un max puis, histoire de mettre fin à tout ce dawa, consume d'une traite le reste de ma peuclo :
— Je présume qu'elle ne va pas rester longtemps dans le cendrier, celle-là.
— On ne peut rien vous cacher, confirme-t-il en me tendant un petit sachet plastique. Essayez de l'écraser proprement. Ce sont vos vingt prochaines années qui sont en jeu.
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