La culture en toute liberté.
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AVERTISSEMENT :
Cette œuvre risque de perturber les repères des jeunes de moins de 16 ans, car elle contiens des propos érotiques ou présente des scènes de violence particulièrement impressionnantes.
Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.
Source : http://kraphard.skyrock.com/
Licences : N/A
Je vis dans un bâtiment dont la structure interne est assez biscornue. L'actuel proprio a reconverti une ancienne d'école primaire en immeuble à appartements. Il en ressort un méli-mélo où aucune habitation ne semble droite, monobloc ou même vaguement rectangulaire. Assez vaste, l'espace pourrait accueillir cinq logements. Hélas, faute d'un accès au dernière étage, l'un d'entre eux n'est ni loué ni louable. Pour rentrer chez lui, l'habitant devrait traverser le salon de sa voisine. Une autre option serait de le faire passer par chez nous. La porte d'entrée de son appartement s'ouvrirait dans notre chambre à coucher.
Moi, je ne suis pas de mauvaise composition, je pense être un mec compréhensif mais là, c'est NIET ! Sauf si on loue à une célibataire chaude comme une baraque à frites un soir de kermesse...
Notre appart' se situe dans l'ancienne salle des fêtes. Bien entendu, des transformations ont été apportées. Néanmoins, le bar occupe toujours sa place, dans notre salon. Eclairée par trois grandes fenêtres, la pièce paraît cependant moins vaste qu'on pourrait le penser. Des cloisons ont été dressées afin de créer deux autres pièces et une salle de bain. Elles sont reliées au salon par un sombre couloir. A droite, une porte coulissante s'ouvre sur l'escalier menant à notre nid d'amour.
Cette organisation est récente. Les enfants ne vivaient pas avec nous lorsque nous avons emménagé.
Les premiers mois furent exceptionnels. Notre couple s'épanouissait de jour en jour. J'étais au paradis. Les merdeux habitaient chez leur père et, comme c'est souvent le cas lors d'une séparation, celui-ci les avaient passablement remontés contre leur mère... Leur mère et son gigolo !
On ne les voyait jamais.
Bien sûr, comme tu t'en doutes, leur comportement ne date pas d'hier. Le gentil papa l'a supporté tant qu'il en retirait un avantage, celui d'utiliser les enfants pour faire souffrir ma compagne. Quand la tension est retombée, il a trouvé la parade pour se débarrasser des chiards. Leur adressant les reproches qu'on imagine, il les a poussés à quitter le domicile. Les mômes, qui n'ont rien percuté, lui ont servi la réplique de circonstance : « Puisque ce c'est comme ça, on retourne chez maman. »
Nous avons dû trouver une solution d'hébergement plus correct que le camping dans le salon. Mais ça n'a pas traîné. Le propriétaire a percé un trou dans le couloir afin de rallier une autre partie du bâtiment. Deux jours plus tard, les mongolitos prenaient possession des lieux et ce, dans tous les sens du terme.
Hélas, ils ont tellement fait de raffut et de tapages nocturnes que notre voisine n'arrivait plus à fermer l'œil. Et sa mine épuisée, son teint de plus en plus blanchâtre, m'incitaient à la croire lorsqu'elle affirmait être au bout du rouleau. Le ram-dam a duré quelques mois avant que nous soyons contrait, ma compagne et moi, de procéder à l'échange de chambre. Depuis lors, notre voisine passe des nuits entières. Géraldy, l'aîné, occupe mon bureau pendant que Théodoric crèche dans notre ancienne chambre. Quant à moi, j'ai installé mes affaires où j'ai pu, dans le fond de la sleeping room.
Je n'ai jamais été un modèle de rangement. Et les choses se sont considérablement aggravées depuis que mon espace de travail a été restreint. Je n'ai jamais été un modèle d'ordre, c'est un fait. Mais pas au point de laisser traîner une bouteille vide dans le couloir ; bouteille que, bien évidemment, je chope avec toute la puissance du pied lancé dans ce que le cerveau croit être le vide. Je gueule.
Madame intervient depuis son fauteuil : « Oh ! Mais qu'est-ce qu'il y a encore, donc ? » Moi, agressif : « Rien ! » Puis, me radoucissant, je lui explique le motif de ma mauvaise humeur : une bouteille d'eau abandonnée par terre.
— Eh bien, tu la ramasses et tu va la jeter. Qu'est-ce que tu veux que je te dise, moi ?
— Parce que tu trouves normal qu'on jette les bouteilles dans le couloir ? Donc, on ouvre sa porte, on balance ses déchets et on y va joyeusement puisque c'est l'autre con qui ramasse ! Sauf que, l'autre con, il commence a en avoir plein les couilles !
Cette fois, je n'ai pas pris le chien avec moi. J'ai préféré embarquer les clés de la tire.
Piètre conducteur, j'ai rarement l'occasion de me mettre derrière le volant. Je n'ai d'ailleurs pas le permis. Je ne suis pas le seul à rouler sans. Par chance, je n'ai jamais eu d'accident. Par contre, il suffit que je m'installe aux commandes pour qu'invariablement je croise, suive ou précède une bagnole de flics.
Et comme d'hab', ça ne loupe pas ! A peine, suis-je engagé sur la grand-route qu'une caisse de poulagas déboule de derrière. Je sens une légère montée d'adrénaline. Mais j'assure. Tant que ça roule, ça va, j'arrive encore à changer de vitesse. Hélas, je risque de me compromettre lorsque je devrai passer au neutre, freiner et repartir en première. La trouille monte d'un cran lorsque j'atteins le somment de la côte. Je n'avais certes pas oublié le rond-point mais, en drivant comme un escargot, j'avais espéré que mes suivants me dépasseraient. Ils n'en ont rien fait et me collent toujours aux pneus.
Bon... Allez, je te confesse qu'en taxant les clés, j'avais une destination en tête. Tu vas trouver ça très basique mais, puisque j'en ai plein les couilles, je pensais me les faire vider.
Ouais, je sais ce que tu penses. C'est pas terrible sur le plan moral. Je confirme. Et je n'en suis pas spécialement fier. Sans vouloir t'ennuyer avec mes histoires de couple, autant te le balancer cash : depuis que ces deux petits tarbas ont pris leurs aises dans ma vie, je me suis fais un nœud dans la bite.
Bien sûr, ils ont capté que j'étais pas avec leur reume pour jouer au Scrabble. Mais j'estime qu'on peut difficilement se faire reluire grand style, la bourgeoise et moi, tout en restant crédibles, elle dans son rôle parental, moi dans un semblant de modèle éducatif.
J'arrive à deux roues du rond-point. Par chance, personne ne l'occupe. Je m'y engage sans changer de vitesse. Ca tourne un peu vite et, pour peu, je me mettrais à chanter le générique de Starskiiiiiy et Hutch, nanana nana ! Starskiiiiiy et Hutch !
Je passe la première sortie. Elle me ramènerait au village via la route du château. Aucun intérêt. La deuxième... Ben, la deuxième, c'est celle que je comptais prendre et que j'aurais prise si je n'avais pas les perdreaux au fion. Logiquement, il ne reste que la troisième. Je n'envisage même pas la quatrième, cela reviendrait à faire demi-tour. Ce serait comme titiller le flair des flics et faire un floc. Pour le coup, tu peux être sûr que je m'exposerais à un contrôle en bonne et due forme.
Je quitte donc le rond-point à la troisième jonction. La route grimpe un peu mais pas encore assez pour jouer du joystick. Je tape un œil dans le rétro. Les keufs me filent toujours le train.
Tu crois que c'est un effet du hasard ?
Moi, pas.
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