La culture en toute liberté.
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AVERTISSEMENT :
Cette œuvre risque de perturber les repères des jeunes de moins de 16 ans, car elle contiens des propos érotiques ou présente des scènes de violence particulièrement impressionnantes.
Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.
Source : http://kraphard.skyrock.com/
Licences : N/A
— Chuis toujours un peu nerveux quand la flicaille occupe la rue, fait Armand en ôtant sa coiffe.
Les cheveux en bataille, il a l'air frais comme un poisson crevé flottant entre deux eaux. Ses fringues ne sont pas en meilleur état. Pour tout vêtement, il porte un maillot de corps dont la couleur se situe entre le gris-brun crado et le jaune caca d'oie. Des taches bistres le constellent tandis que de nombreux trous concourent à aérer l'encombrante bedaine du proprio. J'ose pas trop regarder mais il me semble avoir entre-aperçu un bout de zob qui dégoutte, goutte à goutte, et qui dégoûte.
Tout s'explique quand, de la pièce voisine, s'élève la plainte grinçante d'un vieux matelas à ressorts. Armand me tape un clin d'œil et, d'un geste, me prie d'entrer :
— Assied-toi, hein. Maurice a bientôt fini...
Je me tape dans un divan en tissu tellement usé que mon dargeot n'y rencontre que de la mousse de polyuréthane. L'armature en bois a vaillamment résisté à l'assaut des assises mais les dernières attaques fessières ont eu raison de son équilibre. L'ensemble s'avère aussi instable qu'un mariage people.
— C'est pas tout ça, mon grand, mais quess'tu bois ?
— Ce que t'as de plus fort.
— J'te fais un coque-t'aile maison, prescrit-il en s'éclipsant dans la cave-cuisine.
Fallait-il que je sois dans un drôle d'état pour ne pas me souvenir de ma précédente virée : cette pièce est dantesque ! Ses dimensions avoisinent les vingt mètres carrés. Déduis d'emblée les treize qu'occupe le salon, retire encore la table basse, soustrais enfin les boîtes en carton et les piles de journaux qui jonchent le sol et ça te donnera une idée de l'espace disponible.
Mais, je ne t'ai pas encore parlé des deux trucs les plus zarbis de la taule. Le premier occupe tout un coin de la pièce, posé sur un vieux meuble, un énorme téléviseur dernier cri diffusant une chaîne satellite. Là, je me demande où ces deux déchets de matrice ont trouvé la maille pour s'offrir un gadget de ce calibre ?
Quant au second, je l'entends pousser des soupirs d'aise depuis l'autre pièce. Et je connais assez Maurice pour te dire qu'il n'a pas cette voix-là. Tu vas trouver ça crétin mais je ne concevais pas qu'Armand et Maurice aient une vie sexuelle autre qu'une relation intime avec leur main droite.
Armand remonte. Il a eu la délicatesse d'enfiler un fendard de training. Deux verres gras remplis d'un mélange vert atterrissent sur la table. A première vue, ça ressemble à un perroquet : bière et menthe. Du menton, je désigne le bijou de technologie :
— Chouette téloche !
— Hein, dis ! C'est un cadeau à Jérico.
Décidément, on va de surprise en surprise. Non seulement, les refrès baisent mais, en plus, ils baisent masqués. Quoique, en y réfléchissant, c'est peut-être la condition sine qua non, tant pour eux que pour leur conquête. Si cette dernière est du même acabit, le passe-montagne la prémunit des risques d'étouffement. Il parait que le coussin sur la gueule constitue la troisième cause de mortalité chez les laiderons, après le suicide et les accidents de chirurgie esthétique. Mais la plus surprenante des surprises demeure cette télé, cadeau d'un mec réputé n'en faire aucun.
Que je te situe fissa le gaillard : trente-huit berges au compteur, il n'a aucune occupation officielle mais gagne sa croûte de façon très douteuse. L'une d'elle consiste à arnaquer ses semblables. Sa victime préférée n'est autre que Maurice, à qui il vend dix fois leur prix des objets de pacotille ; le plus célèbre étant la soi-disant montre d'un vainqueur du Tour, une merde en plastique négociée 150 euros, payable en trois mensualités. Si le pigeon « oublie » les deux suivantes, l'arnaqueur lui aura malgré tout soutiré une très belle somme. Si en plus d'être con, le pigeon est également honnête et entouré d'andouilles de son rang, l'arnaqueur triple son chiffre d'affaire.
Innocent, je complimente :
— Vous avez du bol de vous faire offrir des cadeaux pareils.
Armant s'apprête à répondre mais notre attention est détournée par les cris, de plus en plus furieux, qui s'échappent de l'autre pièce. Le rythme s'accélère. A cette vitesse-là, les grincements du sommier ressemblent à la musique de la douche, dans « Psychose ». Sauf que les paroles n'ont rien à voir. En dehors du classique « T'aime ça, hein, salope ! » et du très basique « Oh oui ! Mets-la-moi toute ! », le reste est tellement cru que la bienséance m'interdit d'en reproduire les propos. Tu voudrais quand même pas que mon blog soit interdit à cause d'une malheureuse scène de cul un peu trop gratinée ?
Armant, qui ne perd rien de mon intérêt pour l'action qui se joue à côté, me précise que je peux également y prendre part, si je veux.
— Pardon ?
— Je dis que si tu veux quetter, tu peux y aller. La gosse ne demande que ça. Une vraie folle du cul. Et vas-y que j'te s'coue : par devant, par derrière, par au-dessus, et dans toutes les positions, hein !
D'ordinaire, je ne suis pas pour décliner ce type d'invitation. Mais la perspective de niquer à trois mètres des frères Vinard ne m'enchante pas des masses. Et encore, ce n'est même pas ça. Ce qui me débecte le plus, c'est de passer le dernier. Enfin, non... Ce qui me débecte le plus, c'est carrément l'ensemble !
Je balance une excuse bidon, que je viens de finir de sabrer ma bourgeoise, que mon polduk a préféré rester au chaud, les conneries d'usage quoi.
— Comme tu voudras !
Le couple nous octroie encore quelques minutes de concert avant de terminer le récital sur une note aiguë et féminine. La tempête est passée, le calme revient. En sueur, Maurice passe sa trogne par l'embrasure de la lourde :
— Hey ! Mon grand, comment tu vas ?
— Salut, Momo. Je vois qu'on s'éclate !
— On n'aurait tort de s'gêner !
J'acquiesce. Il se tourne alors vers la fille : « Allez, viens montrer à mon pote comment que t'es ben foutue ! »
Avec les Vinard, je pensais avoir tout vu. Je pensais naïvement qu'ils n'arriveraient plus à m'étonner. Mais je me gourais. Je me gourais même de beaucoup. Car le laideron que j'avais imaginé était aux antipodes de la gonzesse qui se tient devant moi.
Fine, racée, extrêmement séduisante avec ses beaux cheveux blonds. Un visage d'ange, un corps à damner un saint. Un sourire ravageur : des lèvres délicatement ourlées, des dents d'une blancheur étincelante. Elle a tout pour plaire : un cou gracile, ni trop long ni trop court ; une poitrine lourde, ferme et orgueilleuse, un défi permanent aux lois de la gravité ! De ses aréoles roses et fraîches émergent deux boutons encore dressés de plaisir.
Maurice passe dans son dos. Glissant les mains sur ses mamelons, il les soupèse, les presse l'un contre l'autre. Ses doigts jouent avec les tétons, les pince et les étire. La fille s'abandonne. Les yeux fermés, elle pose la tête sur l'épaule de Momo. Sa respiration se fait profonde.
L'exploration se poursuit : ventre plat, taille menue. Les mains crasseuses de Maurice souillent des hanches galbées pour l'amour. Ses doigts aux ongles endeuillés lui effleurent maintenant les cuisses. La fille tremble. Ses jambes s'écartent comme pour appeler les caresses. Sans se presser, son vieil amant lui frôle l'intérieur des cuisses. Avec une lenteur calculée, il se dirige vers un sillon aux rives qui, épaisses et bien marquées, constituent un détail anatomique surprenant pour une fille de cet âge.
Une fille de cet âge !!!
Je réalise soudain que la gamine n'affiche peut-être pas les dix-huit printemps réglementaires.
Momo insiste, taraude et lancine :
— T'es sûr d'en pas vouloir un bout ? L'est vraiment bonne, t'sais, ajoute-t-il en lui triturant les chairs.
La fille accompagne le mouvement comme si elle y trouvait son compte. Genoux fléchis, elle tortille du basin en me regardant droit dans les prunelles.
Je déglutis et, rapido, me résume la situation. Hier, en compagnie des frères Vinard, je suis passé à moins de 50 mètres d'un étang où, quelques heures plus tard, on a retrouvé le corps d'une gamine de 17 balais. Cet après-midi, j'ai été cuisiné par les flics. N'ayant rien contre moi, ils me relâchent mais maintiennent la pression. Ce soir, j'assiste en direct à un spectacle révoltant... Et deux bagnoles de keufs gardent l'entrée !
Mes neurones n'ont pas le temps d'achever leur job qu'ils sont interrompus par trois grands coups frappés à la porte.
BOUM ! BOUM ! BOUM !
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