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Krap HARD/Chapitre 32

Marteau de juge

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Cette œuvre risque de perturber les repères des jeunes de moins de 16 ans, car elle contiens des propos érotiques ou présente des scènes de violence particulièrement impressionnantes.


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Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source : http://kraphard.skyrock.com/

Auteurs de l'œuvre originale : Leopold Zorn

Licences : N/A

Je longe le mur. Il n'est plus question d'avancer à découvert. Cependant, je ne suis pas sans savoir que les ogives à haute vélocité sont capables de traverser les matériaux les plus durs ; les balles blindées peuvent transpercer une dizaine de centimètres de béton. Un sniper avec un fusil équipé d'une lunette à vision thermique n'a plus besoin de fenêtre pour remplir son contrat. La mort qu'il sert est passe-muraille.

J'avance les genoux fléchis. Adopter la meilleure position de tir selon la bible du Pratical Shooting ne figure pas parmi mes priorités. Ici, il s'agit d'offrir le moins de prise possible. En me repliant, j'ai l'impression de diminuer la surface de chair à canon. C'est complètement idiot, je le sais. Et ça ne change rien. En dépit de mes efforts, je garderai la tête sur les épaules. Il suffirait d'une balle bien placée pour que tout s'arrête.

Glissant dos au mur, conservant un œil sur la porte d'en face, j'arrive au chambranle. La seconde est cruciale. La bonne tactique décidera de ma vie ou de ma mort. De la main gauche, je fais doucement coulisser la dure. Penchant la tête en avant, j'estime la topographie des lieux. La lumière du couloir amoindrit les ténèbres de la chambre. Je distingue un lit perpendiculaire au mur, un petit salon et un téléviseur, plus loin une porte pratiquée dans le mur droit.

Je plonge. Une rafale part et troue la porte. Trois coups de feu bien ajustés. J'atterris sur la moquette, à côté du lit. Le tireur est planqué derrière la porte à gauche, sans doute celle de la salle de bain. En deux reptations, je gagne le pied du lit et riposte, paume à l'horizontale en mode de pronation. Mes deux premiers coups perforent la porte. Le compensateur de recul, des ouvertures au bout du canon, abaisse naturellement celui-ci au niveau du mur où je balance encore deux coups.

Je devrais éviter de tirer à la sauce Pratical Shooting : un coup pour toucher, un autre pour assurer. Ca marche bien sur cibles d'entraînement mais en tir de combat, ça use de précieuses munitions.

Me mettant à quatre pattes par une rapide pression des bras, je recule pour regagner la couverture toute relative du lit. J'attends un quelconque signe, un bruit, quelque chose, n'importe quoi... Comme il ne semble rien se produire, je bande les muscles de mes jambes et me lance derrière le salon.

J'ai à peine redressé l'échine qu'une nouvelle rafale de trois coups me bourdonne aux oreilles. Cette fois, je calcule l'angle de tir de mon adversaire et le localise sans problème. Dans un ralenti digne des meilleurs effets spéciaux hollywoodiens, j'ouvre le feu alors que je suis toujours en l'air, enfin... je crois ; tout va si vite finalement.

Et malgré tout, j'ai l'impression qu'un temps infini sépare mon tir du moment où j'ai entendu le corps percuter les meubles derrière lui. Je me suis relevé en vitesse, ai traversé la pièce en moins d'enjambée que prévu puis, ouvrant la porte à la volée, j'ai achevé mon travail et, par voie de conséquence, le gus qui venait de me prendre pour cible. D'après la description que m'en a fait Jérico, il semble que mon cadavre soit celui de Traurig.

A ma place, un professionnel n'aurait pas choisi cette façon peu orthodoxe de procéder. Il serait très certainement resté sur ses pieds et, à l'heure actuelle, il serait assis contre un mur, en train de se vider de son sang.

Fissa, je checke le reste de l'aile gauche. Elle est clean. L'autre porte s'ouvre sur un appartement similaire.

Je passe à l'aile droite.

Les choses sérieuses commencent car c'est ici que Vojmir Shkodër a installé ses quartiers...

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