L’existence, l'absurde et le néant

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Sommaire

Préambule

Être heureux ! Le bonheur ! Voilà l’objectif. Non pas en tâche à achever. C’est en qualité de moteur qu’il nous faut l’adopter. Et c’est un moteur à entretenir et faire évoluer.

Comme toutes les constructions humaines, nous ne pouvons le forger sans passer par des conceptions qu’il nous faudra réviser. En effet d’inédites expériences viendront les mettre en défaut.

Et c’est donc muni de ce moteur, de cet objectif, que ce texte avance, avec comme ambition de décortiquer, comprendre et tenter de le préciser et de l’améliorer. En somme, de dégager une méthode pour guider des décisions visant au bonheur humain. Une méthode, qui devrait toujours préserver l’auto-critique et s’inscrire dans une perspective d’amélioration continue.

J’espère que cette description est suffisamment concrète et compréhensible par tous. C’est là un des objectifs que je me fixe. Il est évident que pour être utile à tous, un texte doit être, autant que possible, compréhensible par tous.

Le sujet de cet essai pourrait sembler loin des préoccupations quotidiennes. C’est pour cela que j’ai tenu à présenter clairement le projet dans lequel il s’inscrit.

Ce sujet est en fait au cœur de nos préoccupations quotidiennes. Pour décider de nos actions, nous devons évaluer ce qui nous paraît possible. La démarche précédemment exposé conduit évidemment à se pencher sur ces procédures d’évaluation, de décision et d’action.

Prenons l’exemple de l’alimentation, fort concret et évident, n’est-ce pas ? Dans le même temps, nous mangeons car nous percevons l’existence d’une relation entre cet acte et la satisfaction de la faim. Et même nous percevons l’existence de la faim.

Nous connaissons aussi les illusions et les hallucinations. Et les perceptions que nous évaluons comme telles, auront une influence différente dans nos décisions et nos actions.

Voilà pourquoi l’existence est un sujet fondamental, fondamentalement concret, et indispensable à notre démarche visant le bonheur.

Ne nous y trompons pas : toute discipline suffisamment importante pour qu’on y trouve des experts est trop sérieuse pour qu’on la laisse aux mains de ces experts. La philosophie en fait partie.

Joignons-nous donc à Platon dans l’espoir que l’humanité soit régit par des esprits philosophes. Joignons-nous tous ensemble, pour que ces esprits soit le peuple dans sa totalité.

L’existence et la logique

La plus fondamentale de nos certitudes, c’est notre existence même.

On peut mettre en doute notre existence. C’est à dire que les raisonnements rigoureux, la logique la plus formelle, ne permettent pas d’aboutir à une certitude absolue.

Toute certitude demeure limitée par les perceptions qui l’alimentent.[1].

Il ne serait pas raisonnable de placer dans la logique une confiance absolue. La logique n’auto-certifie pas son existence, parce qu’elle n’est pas en mesure de déterminer l’existence des objets dont elle discute.

Le doyen d’Atlantide est chauve donc il n’a pas de cheveux, est logique. Le doyen de d’Atlantide n’existe pas pour autant.

Le raisonnement rigoureux n’est qu’un des nombreux outils perceptifs qui entre en considération dans notre évaluation de l’existence d’un objet.

Je pense donc je suis pourrait aussi bien se formuler je perçois que je pense, donc je perçois que je suis. Par suite on a :

  • je me perçois effectuant l’action de penser, donc je me perçois effectuant une action ;
  • je me perçois, donc je.

La logique n’a ici aucune influence sur la conclusion de notre existence, car cette existence y est posé en prémisse, pas en conclusion. Pour réduire la tautologie à l’extrême, nous pourrons dire je donc je.

Que nous ayons la certitude d’exister ne constitue pas une preuve logique de notre existence.

Remarquons que la logique n’aurait pas de mal à soutenir notre non-existence. Si je n’existe pas, je ne suis pas entrain de mener ce raisonnement. Pour se contredire il faut exister. Donc je ne suis pas entrain de me contredire. Je n’existe pas et la logique est sauve.

Il n'y a pas plus d’erreur dans ce raisonnement que dans celui du doyen d’Atlantide. La différence la plus importante, est que dans le cas du doyen, nous ne parlons pas de nous même.

On pourrait penser que c’est la perception directe de notre existence qui distingue avant tout le cas de la conviction en l’existence du doyen et la notre. Pourtant, si une nuit je me rêve séjournant en Atlantide et y dialogue avec le doyen, je percevrais l’existence du doyen tout autant que je perçois ma propre existence. Et certainement pour la durée de mon rêve, une part de moi-même sera tout aussi convaincu de l’existence du doyen qu’une part de moi-même est convaincu de mon existence lorsque je me trouve éveillé.

Voici l’hypothèse que je dégage de cette constatation : nous adhérons aux préceptes qui nous semblent confirmer notre existence et nous rejetons ceux qui nous semblent l’infirmer.

Ainsi au regard de cette hypothèse nous adhérons primitivement à la logique, aux raisonnements rigoureux, non par soucis de dégager une hypothétique vérité objective, mais parce qu’ils confirment si puissamment l’assertion subjective fondamentale qui nous obsède : j’existe !, par le fameux je pense donc je suis.

On pourrait s’inquiéter que cela suppose une vision fortement égoïste et narcissique des tréfonds de l’individu. Et que par suite, cette réflexion puisse servir de fondation à l’apologie d’une société régit par l’égoïsme. Telle n’est pas mon intention.

Si nous percevons le besoin d’affirmer notre existence, nous percevons aussi le besoin de la voir confirmée et appréciée par d’autres, et même nous percevons des sentiments comme l’empathie qui nous pousse à agir pour le bonheur de ceux en qui nous nous reconnaissons.

Il serait difficile pour un être humain d'adhérer à l’hypothèse de son existence, sans adhérer à l’hypothèse que la logique offre un moyen fiable d’évaluer l’existence effective d’un objet. Car ce serait se refuser la séduisante confirmation logique de son existence.

Bien entendu, théoriquement, on peut adhérer à la seconde hypothèse et pas à la première. Si je n’existe pas, je n’ai pas de souci à me faire pour mon existence.

Mais on perçois bien qu’en pratique, ces positions ne sont pas tenables.


L’absurde, le néant et la dénotation

Nous avons donc dégagé l’hypothèse que nous adhérons aux préceptes qui nous semblent confirmer notre existence et nous rejetons ceux qui nous semblent l’infirmer.

Notons l’usage de sembler : si j’ai passé ma vie à croire une assertion, que j’amalgamme cette croyance à mon identité, mon existence, il ne serait pas étonnant de me voir rejeter une démonstration rigoureuse de son absurdité. Et ce quand bien même cette démonstration me paraîtrait logique, et donc qu’affirmer mon existence demanderait logiquement de rejeter l’assertion.

Car l’acceptation des raisonnements rigoureux comme outil d’évaluation de l’existence, entraine le rejet des propositions absurdes. Une fois l’adhésion aux raisonnements logiques entériné, seuls les objets dont l’existence ne conduit pas à une absurdité sont acceptables et admissibles.

Ce que nous venons de souligner avec notre assertion absurde, c’est la difficulté pour l’esprit humain de distinguer nettement l’objet auquel il pense, et la pensé de cet objet.

Pour mieux comprendre cela, nous allons nous aider du concept de néant. Le néant désigne ce qui n’existe pas. Le néant n’est même pas ce qui serait s’il n’y avait rien. Dire qu’il serait quoique ce soit est contraire à sa définition.

Nous pouvons parler et agir sur le concept de néant, voir de la pensée qui use de ce concept, mais pas sur le néant lui même.

Par exemple on peut dire que le concept de néant à une influence sur le présent discours, donc sur notre pensé, donc sur l’existant, et puisqu’il influence l’existant, c’est qu’il existe lui-même.

L’erreur serait de conclure que le néant existe. Comme on cherche spécifiquement à exposer le possible biais cognitif, on comprend bien ici que c’est le concept qui existe, à travers notre pensée. C’est à dire que notre pensée existe.

Cet exemple montre assez explicitement combien la confusion est aisée entre la sensation d’existence de notre pensée et l’existence de l’objet de notre pensée.

Les concepts permettent de désigner des objets, et on s’attend donc à pouvoir dé-signer, dé-noter, repasser de la référence à l’objet qu’on a précédemment noté/signé. On peut ainsi planifier dans notre esprit, ou sous forme symbolique écrite, la manipulation des objets qui nous entourent.


Notes et références

  1. Remarquons que cette phrase s’applique à elle même, contrairement à une assertion comme « il n’existe pas de vérité absolue ».
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