La migraine de M. Faltinnant

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Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source : http://www.okedomia.com/2006/06/06/la-migraine-de-m-faltinnant/

Auteurs de l'œuvre originale : Eleken Traski

Licences : N/A

« Dans l’éducation, dans la faim, dans la guerre, dans l’amour, dans mon âme existe quelque chose de démoniaque »

Derrière la barrière se dressait un homme, un homme que je ne connais pas... Comme tous les gens du parc d’ailleurs. Je n’en ai jamais vu aucun, et cela est suffisamment insignifiant pour que je ne m’appesantisse plus avant sur ce fait. L’homme a croisé mon regard puis l’a détourné, comme le font la plupart des gens, comme je le faisais moi- même, il y a encore peu de temps. Ils s’observent, tous les gens s’observent, tous, mais aucun ne veut admettre qu’ils s’observent. Personne n’accepte de regarder en face sa perversité, ton ego malsain et huileux.

C’est un homme banal, je l’observe à mon tour, ou plutôt je le transperce de mon regard, je lis ses pensées, je contemple la banalité de sa vie et sa stupidité humaine. L’autre s’aperçoit de mon observation assidue, mais feint de l’ignorer. C’est un jeu idiot auquel tout le monde joue, mais dont personne ne dicte les règles. Des dérapages, parfois. Des dérapages qui se terminent devant le tribunal rendant fièrement son jugement : « Tu es un pervers ! », clame un juge du haut de son piédestal. Comme si les autres hommes qui composent l’assemblée accusatrice n’étaient pas moins pervertis par le péché de suspicion, la superstition, la couardise, la soumission.

Ce parc est un endroit intéressant pour ce que j’ai à faire, propice même. Oui, c’est un endroit idéal. Ils me l’ont dit. Tous ces gens content et heureux du soleil de début avril, il en émanera d’eux suffisamment, nous sommes sûrs. Je pense aux mensonges des gens « A la télé, les autres me dissent que la terre se réchauffe, que c’est pour cela que l’été dernier fût si chaud et que l’hiver n’est plus tellement froid. Ils en ont même rajoutés hier en racontant à qui veut l’entendre que nous avons eu les cinquante dernières années les plus chaudes depuis cinq cents ans, mais je ne les crois pas, après tout ils n’existaient pas il y a cinq cents ans. ». Non je connais le chemin. Ils me l’ont montré, ils m’ont donné la Vérité. Et le chemin passe par ma jouissance de leur puissance.

Je prendrai sans doute du plaisir, cet après-midi, au parc si je n’avais pas encore mal au crâne. Une pulsation, deux, les battements de mon cœur s’accélèrent, mes mains sont moites... La douleur monte d’un cran, elle devient gênante. C’est le signal qu’il me faut agir, la voie m’est montrée. Le signal, le début, le chemin.

Depuis quand avais-je ces migraines, trois mois déjà qu’avait pointé son tic-tac dans ma tête. Et cela empiré quotidiennement. Des migraines qui avaient commencé comme une petite gêne, une petite barre sur le crâne, de temps à autre, rarement, avant d’évoluer vers une insupportable douleur aux couleurs rouges et noires, pulsant et torturant pendant des jours entiers. Parfois durant ses crises effrayantes, j’étais victime de délire, je reprenais conscience en divers endroits, divers pièce de mon appartement, dans diverses situations, debout complètement nu dans mon salon... La tête plongée dans le lavabo rempli d’eau savonneuse, les yeux grands ouverts brûlants de la morsure du savon... La main dans mon pantalon, collante de sperme chaud...

Puis les migraines s’étaient mises à me parler. Il y a une semaine, pendant que je suais et pleurais dans le noir sous les coups de marteau rythmé par mon cœur, elles avaient... Au début, je ne comprenais rien à ce qu’elles disaient, je les maudissais, je leur hurlais de partir ou de me tuer. J’allais même jusqu'à me cogner la tête contre les murs ou m’intoxiquer aux somnifères.

Puis j’avais compris, elles parlaient sans parler, il suffisait de se laisser imprégner par elles pour comprendre leur but, elles avaient un but mais pas de pensée. Ma douleur, c’était moi qui la provoquais, à ne pas vouloir les écouter, depuis longtemps elles tentaient de me parler, mais j’avais toujours refusé de les écouter. J’avais cru mourir, devenir fou de douleur. J’avais passé trois jours enfermer dans mon appartement à gémir sans manger ni boire, incapable de penser à autre chose qu’a la douleur qui me déchirait le crâne. Incapable de penser à me suicider ou à me traîner jusqu’au palier, hurler, pour qu’on me vienne en aide ou que l’on m’achève.

Enfin la révélation, la rédemption, l’acceptation, la douleur qui cesse. Pourquoi ? Parce que j’ai accepté de faire ce qu’elles disent, de suivre la voie sacrée. Comment l’avais-je compris, je ne sais plus, je ne l’ai probablement jamais su. Comment le savais-je ? Je l’ignorais. Mais je savais que madame Carson dans l’appartement du dessus, cette vieille salope de catho de soixante ans allait devoir payer les 6 derniers mois qu’elle avait passé à marcher de long en large dans son appartement, surtout entre 3 et 5h du matin, me réveillant chaque nuit, chacun de ses pas m’écrasant un peu plus dans ma dépression. Chaque écho vrillant mon esprit torturé d’un regain de douleur. Oui elle était là cause, à cause d’elle, je ne les avais pas compris et j’avais souffert à cause de ça. La punir, oui il me fallait la punir, comme elles le voulaient, comme elles m’avaient puni de ma propre insolence...

J’ai pris ma meilleure fourchette, celle que j’avais récupérée de chez ma grand-mère, celle qui a le manche rond, tacheté de rouille discrète, un alliage ancien, un objet bien plus ancien que moi-même. Un objet qui s’est perdu, au hasard du temps dans mon appartement, loin de mes racines, loin de ses origines. Je suis sorti de mon appartement avec la ferme intention de faire ce que me disaient les migraines maintenant que j’étais convaincu qu’elles me dictaient la meilleure chose à faire. Après tout, cette femme était forcément mon ennemi, une suivante de la voie sombre. Je disais alors à haute voix « Qui aurait l’idée stupide de faire une marche de 20 Km dans son appartement 3 fois par semaine, et de nuit. », tout cela sur le ton de la complicité. Oui, les migraines avaient confirmé, j’avais raison, et la voie sacrée était celle-là. La leur. Tout irait mieux après... Oui...

Je suis monté, jouissant de chacune des marches, jouissant de chaque pas comme j’aurais joui des plaisirs d’une femme. Chaque marche faisait baisser la douleur, chaque marche me rapprochait du plaisir absolu, j’en avais la conviction la plus ferme, le bonheur, le plaisir m’attendaient en haut de cet escalier. La porte de l’appartement semblait rayonner d’une diffuse lumière, comme si elle était partiellement transparente, presque sacrée... la lumière divine me montrait le chemin. Je suis arrivé en haut des marches, j’ai essuyé du revers de ma main un filet de bave, qui débordait de ma bouche sur mon menton. J’ai frappé à la porte... « Normal » ai- je pensé... « Encore qu’a minuit un quart, cela puisse paraître suspect. »... Et j’ai attendu, ma respiration calme, mes muscles tendus, prêt à agir.

« Bah, tant pis », pensais-je, « de toute façon, cette vieille ouvrira sa porte, ne serait-ce que pour m’engueuler d’oser la déranger à cette heure. Elle viendra le Jésus personnel, la chèvre à la traite »

Et effectivement moins d’une minute plus tard, j’entendis gratter derrière la porte, une petite voix aigrelette s’éleva, traversant le bois.

« C’est vous monsieur Faltinnant, qu’est- ce que vous voulez ? Vous avez vu l’heure qu’il est ? »

D’abord stupéfié par la vieille dame, comment l’avait telle reconnu ? Puis il vit le même objet qui trône au milieu de sa propre porte.

« Et merde ce foutu judas, je n’y pensais pas... »

« ... »

« J’ai trouvé un châle en rentrant ce soir, et comme je vous ai entendu marcher, j’ai pensé que je pouvais vous l’apporter... »

Il n’eut pas le temps de finir son minable mensonge que la porte était déverrouillée et s’ouvrît... La vieille dame appâtée par l’odeur du gain, le cadeau du ciel, ouvrit sa porte au loup.

Une dernière inspiration et je repoussais violemment la porte et sa propriétaire qui chuta en arrière dans son couloir d’entrée. Le bruit de sa chute fût sourd néanmoins j’en fus étrangement satisfait car je s’attendais à beaucoup plus de bruit... Et aussi car je savais qu’elle avait eu mal, que ta respiration avait été temporairement coupée par le coup donné par le plancher à son dos. J’avais été imprudent de faire une entrée aussi peu discrète, la vieille femme aurait pu hurler.

Ne t’inquiète pas... Tu maîtrises la situation... Nous te faisons confiance... Nous t’aimons.

Je manquais de respirer, quelqu’un dans l’escalier me parlait, on m’avait vu...

Non... c’est nous... ta migraine... ton Hemicrania ... nous pouvons t’aider à la vaincre... Fait ce que nous te disons... et tu connaîtras un plaisir immense... un paradis éternel... Nous t’apportons le bonheur, prends là.

« Oui, pensais-je, Oui je le mérite... »

Oui Tu le mérites... Tu l’as toujours mérité... Nous allons te le donner... Maintenant... Tue la vieille femme...Sinon elle va crier pour te faire du mal... Tue-la !

Je franchis la porte, dans la continuité du geste qu’il l’avait faite ouverte, au moment où la vieille chutée sur sa moquette...

... Ferme la porte...

... Ce que je fis. Je me penchais sur elle et posais ma main gauche sur sa gorge pour étouffer tous cris puis de ma main droite, je lui assenais un puissant coup au visage. Le crâne de la femme fit un bruit mat sur le parquet et ses yeux s’agrandir. Elle émit une sorte de bruit, un « giark ». Nous augmentâmes la pression sur son cou, j’étais était presque étendu sur elle, cette proximité me frappa, me dérangea, cette vieille lui paraissait immonde, ce qu’il était en train de faire lointain et répugnant, pourtant...

... prends-la... Tu la veux... Tu la veux...

Je suais, je trouvais cela ... Mais, je glissais tout de même avidement ma main droite entre les jambes de cette vieille femme ridée et faible qui devenait l’objet de mon désir. Je relevais sa chemise de nuit, surfait sur la toison rêche et abondante et pénétrais son intimité sèche et difforme d’un doigt avide. La femme subitement sembla s'animer et tenta, de ses maigres forces, de se libérer de ma puissante étreint. Son sexe était sec et mou, J’y enfonçais deux doigts avec force, avec un plaisir et un vice sans commune mesure avec mes habitudes, grippant sur les parois vaginales. Puis n’y tenant plus, je me relevais à demi, ouvrais mon pantalon en faisant sauter les boutons de l'entrejambe, et sortais mon pénis déjà gonflé et dur, frémissant de pouvoir assouvir sa faim. La femme remua encore, Je lui saisis les cheveux, l’étranglant toujours de ma main gauche, et entraîna sa tête à nouveau contre le sol où elle resta sans bouger. Enfin d’un violent coup de rein, je la pénétrais, je ressentis la dure brûlure des parois sèches de son vagin sur mon sexe. Je commençais un brutal va et vient à un rythme effréné, une course contre la mort pour que cette salope ressente bien mon sexe lui labourer les entrailles. Au sixième allé, je sentis quelque chose se déchirer, la pénétration devint plus agréable, le lubrifiant - chaud - faisait son office. À la onzième, j’éjaculais, le foutre jaillissant de mon gland rouge, je poussais un râle incontrôlé, je n’avais jamais joui à ce point, mon cœur pulsant violement, cognant ma poitrine, mes poumons brûlants, ma respiration réduit à un filet sifflant. La plus puissante et longue de toutes les jouissances que j’eus jamais ressenties ...

... Oui c’est bien... Tu vois que nous sommes bon...

A bout de souffle, je me relevais... et contemplais mon œuvre, mon regard voilé par le bonheur, le chemin s’ouvrait devant moi. Mon bas-ventre était couvert de sang chaud, cette salope avait fait une hémorragie, son vagin s’était déchiré... Les narines de la vieille se dilataient encore, elle vivait toujours.

... C’est sa faute... C’est elle la coupable... Venge-toi... Elle t’a souillé... Tue-la ! ...

La fourchette, toujours dans ma poche, ... Je la pris et de colère la plantai - par le manche - dans la tempe de la vieille femme... Elle puait la vieille urine et le chicot, sa chemise de nuit était tachée de sang et de nourriture séchée... Elle convulsa, plus longtemps que je ne l’aurais souhaité, plus de deux minutes.

... Elle fait ça pour t’emmerder... Elle est contre toi ! ... Ils sont tous contre toi ! ...

J’étais couvert de sang, baignant dans ma propre souillure, mouillant ma victime de mes larmes, incontrôlées qui ruisselaient le long de mes joues. Je sanglotais comme un enfant au-dessus du corps désormais immobile de madame Carson. Tu es fort... Nous t’avons bien choisi... Tu vas pouvoir détruire ceux qui te font du mal... Ceux qui nous font du mal... Tu es fort... Nous t’aimons... Et voilà que je me tiens dans ce parc, quelques heures plus tard. Je porte un long imperméable trouvé dans l’appartement de madame Carson et qui devait certainement appartenir au mari décédé depuis longtemps. Sous cet imperméable. Je tiens fermement collé à mon corps, parfaitement dissimulé, une arme trouvée non loin de l’imperméable, un fusil de chasse à double canon... mes poches sont remplies de cartouche... ... Nous te guidons... Nous t’aimons... Nous te surveillons... Le temps est venu. Le temps est venu de montrer à tous ces êtres insipides que je suis le plus fort. Le temps est venu de punir tout le monde pour le mal qu’ils m’ont fait.

Je sortis mon arme, m’approchais du groupe d’enfants juste devant moi... Une mère était accroupie là, me tournant le dos, sans doute suivant des yeux son propre petit monstre... Je pointais calmement le canon sur cette nuque, la migraine reflua, je tirais le premier coup... Un bruit étrange parmi tous ces cris d’enfants... Le silence, tout le monde le regardé sans mot dire, comme si le temps s’était arrêté aussi...

...Voit ton pouvoir... Voit comme tu es fort... TU LES DOMINES TOUS !!! ...

Je ne savais pas qu’il ne me restait que huit minutes à vivre avant que ce qui ronge mon cerveau ne me tue. D’ailleurs cela n’a aucune importance, cela n’en aura pas plus toute à l’heure lorsque je tomberai, le visage tourné vers le ciel, contemplant les quelques nuages sans même comprendre ce que je verrai, ma vision s’obscurcissant rapidement. Seul importe ma jouissance rythmée par les détonations, mes éjaculations synchronisées avec les impacts de balles. J’urine, je défèque, je ris et mes balles qui tuent, déchiquettent, mutilent les enfants, les mères, les gens... Ces inconnus qui me regardent.

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