Le Chant du Départ

La culture en toute liberté.
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Hymne de guerre

paroles de Marie-Joseph CHÉNIER, musique de MÉHUL

accompagnement de piano par M. H. COLET,

professeur d'harmonie au Conservatoire

Un député du peuple

La victoire en chantant nous ouvre la barrière ; La liberté guide nos pas, Et du nord au midi la trompette guerrière A sonné l'heure des combats. Tremblez, ennemis de la France, Rois ivres de sang et d'orgueil ! Le peuple souverain s'avance ; Tyrans descendez au cercueil.

La République nous appelle, Sachons vaincre ou sachons périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Chant des guerriers

La République nous appelle, Sachons vaincre ou sachons périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Une mère de famille

De nos yeux maternels ne craignez pas les larmes : Loin de nous de lâches douleurs ! Nous devons triompher quand vous prenez les armes : C'est aux rois à verser des pleurs. Nous vous avons donné la vie, Guerriers, elle n'est plus à vous ; Tous vos jours sont à la patrie : Elle est votre mère avant nous.

Chœur des mères de famille

La République vous appelle, Sachez vaincre ou sachez périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Chant des guerriers

La République nous appelle, Sachons vaincre ou sachons périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Deux vieillards

Que le fer paternel arme la main des braves ; Songez à nous au champ de Mars ; Consacrez dans le sang des rois et des esclaves Le fer béni par vos vieillards ; Et, rapportant sous la chaumière Des blessures et des vertus, Venez fermer notre paupière Quand les tyrans ne seront plus.

Chœur des vieillards

La République vous appelle, Sachez vaincre ou sachez périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Chant des guerriers

La République nous appelle, Sachons vaincre ou sachons périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Un enfant

De Barra, de Viala le sort nous fait envie ; Ils sont morts, mais ils ont vaincu. Le lâche accablé d'ans n'a point connu la vie : Qui meurt pour le peuple a vécu. Vous êtes vaillants, nous le sommes : Guidez-nous contre les tyrans ; Les républicains sont des hommes, Les esclaves sont des enfants.

Chœur des enfants

La République vous appelle, Sachez vaincre ou sachez périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Chant des guerriers

La République nous appelle, Sachons vaincre ou sachons périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Une épouse

Partez, vaillants époux ; les combats sont vos fêtes ; Partez, modèles des guerriers ; Nous cueillerons des fleurs pour en ceindre vos têtes : Nos mains tresserons vos lauriers. Et, si le temple de mémoire S'ouvrait à vos mânes vainqueurs, Nos voix chanterons votre gloire, Nos flancs porteront vos vengeurs.

Chœur des épouses

La République vous appelle, Sachez vaincre ou sachez périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Chant des guerriers

La République nous appelle, Sachons vaincre ou sachons périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Une jeune fille

Et nous, sœurs des héros, nous qui de l'hyménée Ignorons les aimables nœuds ; Si, pour s'unir un jour à notre destinée, Les citoyens forment des vœux, Qu'ils reviennent dans nos murailles Beaux de gloire et de liberté, Et que leur sang, dans les batailles, Ait coulé pour l'égalité.

Chœur des jeunes filles

La République vous appelle, Sachez vaincre ou sachez périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Chant des guerriers

La République nous appelle, Sachons vaincre ou sachons périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Trois guerriers

Sur le fer devant Dieu, nous jurons à nos pères, A nos épouses, à nos sœurs, A nos représentants, à nos fils, à nos mères, D'anéantir les oppresseurs : En tous lieux, dans la nuit profonde, Plongeant l'infâme royauté, Les français donneront au monde Et la paix et la liberté.

Chœur général

La République vous appelle, Sachez vaincre ou sachez périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

Chant des guerriers

La République nous appelle, Sachons vaincre ou sachons périr ; Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)





  • Champ de Mars : ici, champ de bataille ;
  • Le temple de mémoire : tournure poétique pour dire « si vous mourrez « ;
  • mânes : chez les Romains, âmes des morts ;
  • hyménée : mariage.

(Note : je reprends une partie de la notice accompagnant le chant dans le livre où je l'ai trouvé ; ce livre est lui-même une réédition d'un ouvrage paru en 1843)

...Dans l'une des strophes de ce chant l'auteur rendit un juste hommage à deux jeunes héros, on peut dire à deux héros-enfants, dont l'histoire impartiale signalera aussi les noms et le dévouement.

Joseph Barra, entré, comme tambour, avant sa douzième année, dans les rangs de l'armée républicaine de l'intérieur, était aussi bon fils que soldat intrépide. Envoyant chaque mois à sa mère sa modique solde tout entière, il s'était toujours fait remarquer par son ardeur dans le combat. Cerné un jour par un nombreux parti de Vendéens, vingt baïonnettes sont levées sur lui. - « Crie Vive Louis XVII, lui dit-on, ou tu es mort. » - « Vive la République ! » s'écrie ce jeune d'Assas de douze ans, et il tombe percé de coups !

La Convention vota une fête à sa mémoire, une pension à sa mère ; Chénier et Collin d'Harleville lui offrirent, dans leurs vers, le tribut de l'admiration nationale.

Le second exemple de ce dévouement précoce n'est pas moins héroïque. Les insurgés marseillais allaient traverser la Durance, et écraser par la supériorité du nombre une faible troupe de soldats républicains. Un seul moyen de salut restait à ces derniers, c'était d'aller couper, sous le feu de l'ennemi, les câbles du ponton déjà tombé en son pouvoir ; mais une si périlleuse entreprise fait hésiter les plus braves... Soudain un enfant de treize ans s'élance : c'est Joseph-Agricole Vialla, qui saute sur une hache, vole aux bords du fleuve, et frappe sur le câble à coups redoublés. Plusieurs décharges de mousqueterie sont dirigées contre lui : il continue à frapper avec ardeur... Enfin, atteint d'une balle et mortellement blessé, « Je meurs, mais c'est pour la Liberté ! » telles sont ses dernières paroles. La mère de ce jeune Spartiate se montra digne de lui avoir donné le jour. En apprenant cette perte cruelle, sa douleur fut profonde ; mais quand on lui eut raconté l'admirable dévouement de son fils. - « Oui, dit-elle, il est mort pour la patrie ! » et ses larmes cessèrent de couler.

En regrettant que ces deux traits n'aient pas eu lieu dans une lutte contre l'étranger, la France doit s'enorgueillir de pareils enfants, et savoir gré à la lyre qui a célébré leur courage.

...Exécuté d'abord par l'orchestre et les chœurs du Conservatoire de musique, dans la fête nationale de 1794 qui célébrait le souvenir de la prise de la Bastille, le Chant du Départ devint promptement populaire ...


Traduction anglaise/English Translation.

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