Le cristal opaque/27, 28 et 29

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Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source : http://www.adamantane.net/poecriture/le_cristal_opaque/index.html

Auteurs de l'œuvre originale : Jean-Pierre Desthuilliers

Licences : N/A

Sous le ciel bas les vols d'oiseaux de son enfance
Fuient au soir blêmissant où toute ombre s’évase ;
Le ciel est imprégné de sans brun et de vase
Où rampe un débris d’astre, un frisson de silence.

Cadavre abandonné dans les algues reptiles
Comme un mendiant noyé en rattrapant ses sous
Les yeux béants de nuit il laisse les remous
Creuser en plein courant leurs tombes inutiles.

Ainsi quand une étoile éclabousse ses doigts
L’homme en vain qui titube en courant les chemins
S’agrippe à l’astre fou qui flambe entre ses mains,
Ainsi, triste vainqueur sans visage ni voix

Il portait dans son cœur le songe qu’il faut taire
Cette étoile isolée à peine dans la nuit
Plus douloureuse au cœur que les amours qu’on fuit
Pour ne plus consoler de larmes solitaires ;

L’astre s’amenuisait au fond des cieux torrides.
Qu’importe tout cela qui a fuit son désir ;
Il eût gâché l’étoile à pouvoir la saisir
Il s’est donc avancé vers la mort les mains vides ;

Il voulait bien prier, il voulait bien se taire,
Ouvrir ses poings lassés de meurtrir d’autres mains,
Ouvrir ses bras fermés, ouvrir ses mains, se taire,
Il voulait bien prier, prier, joindre les mains ;

A quoi bon marteler les murs, et ces insultes,
A quoi bon piétiner le sol de sa prison
Sa soif de cette eau là et pourquoi son tumulte,
Pourquoi compter scruter le ciel et les saisons ?

Il marcha sur la route inutile, hors les hommes,
Où des tombeaux marquaient les haltes et les jours,
Lassé de s’être plu, et lassé des séjours
Où l’ennui feuilletait de très anciens albums ;

Il marcha sur la route inconnue, où les fleurs
Courbées de tant d’attente et de siècles pour
Le supputer venir rampaient en lents détours
Vers ses mains habituées aux baisers de ses sœurs.

Il était pour marcher, pour fouler d’autres routes
Chercher d’autres chagrins, d’autres soirs, d’autres tombes,
Pour un autre destin et pour d’autres déroutes ;
Il creusa de ses mains le sable de sa tombe…

Le sable de la tombe et la tombe et le sable
Tout tourne aux lourd soleils où s’incruste la mort ;
Un pas flétrit les fleurs, un pas marque les sables,
L’éternité aveuglément jette des sorts .

LUI, trouant le linceul que tissent les eaux lentes
Flotte vers l’océan où le poulpe Silence
Indifférent aux voix qui crient et se lamentent
Serre les continents entre ses bras immenses.

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