Les écrivains sur le bassin d’Arcachon

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Les écrivains sur le bassin d’Arcachon

Des Piquet à D'Annunzio - Les Hérédia
Jean Cocteau et ses amis
Jean Daniel à Arcachon

Sommaire

De Jean-Paul Sartre à Marcel Aymé

Le jeune Jean-Paul Sartre venait passer ses vacances chez ses grands-parents et y séjourna en 1914 où il fut inscrit à l'école communale où, dit Sartre dans "Les mots", l'instituteur le prenait à côté de lui pour « le tenir à l'écart du vulgaire. » D'autres suivirent et vinrent y passer leurs vacances, comme François Mauriac en voisin, Roland Dorgelès ou Pierre Benoit pour bénéficier de la brise qui rafraîchit l'air. Le jurassien Marcel Aymé séjourna au Cap-Ferret pendant un an d'août 1939 à août 1940 à la villa Takis. Il fit ensuite construire la villa Pouquette dans la presqu'île et Jean Anouilh procéda de la même façon puisque après avoir loué la 'villa Takis, il fit construire la villa Les Pêcheurs près de l'église. Marcel Aymé qui s'y réfugie en 1940 pendant la 'débâcle', est inquiet et écrit à sa fille Camille : « Vu la cherté de la vie, nous envisageons de quitter le ferret mais pas dans l'immédiat... » [1]

Des Piquet à D'Annunzio

En 1932, les époux Maurice et Jeanne Piquet firent édifier au Pyla une magnifique villa nommée Totsy. Simone, la fille de Jeanne y vint souvent avec son mari l'écrivain André Maurois. Grâce au train, Arcachon devint à la Belle Epoque une station balnéaire à la mode et les frères Péraire y firent bâtir des villas sur le front de mer, des hôtels et le casino. Ils aménagèrent ensuite le quartier de la Ville d'hiver à l'abri du vent. Le dramaturge italien Gabriele d'Annunzio séjourna pendant six ans de 1910 à 1916 à la villa Saint-Dominique au Moulleau, hameau situé près de la dune du Pyla, sous un nom d'emprunt car il était poursuivit par ses créanciers.

Il trouve aux maisons un air de « Riviera ligurienne et celui du lac des Quatre-Cantons. » [2] Il y écrivit en particulier la nouvelle "La leda senza Cigno" ("La Léda sans cygne") ayant pour cadre Arcachon et ses alentours et un drame "Le Martyre de Saint-Sébastien" que Claude Debussy mettra en musique et qui fut représenté à Paris en mai 1911.

Les Hérédia

Le poète parnassien José Maria de Hérédia vint aussi se fixer à Arcachon en 1913 avec sa fille Louise, la femme de l'écrivain Pierre Louys. Divorcée, elle acheta avec son nouvel époux une villa qu'ils baptisèrent La Symphonie. Par contre leur beau-frère marié à Marie, la sœur de Louise, le poète Henri de Régnier goûtait peu l'endroit et y vint rarement. Marie aimait beaucoup Arcachon, et ce d'autant plus qu'elle succomba au charme de D'Annunzio. Elle écrivit sous un pseudonyme le roman "Le Séducteur" et quand sa sœur Louise mourut en 1930, c'est elle qui hérita de la maison.

Jean Cocteau et ses amis

Jean Cocteau s'installa sur l'autre rive du Bassin, dans le village ostréicole du Grand-Piquey d'août à octobre 1917. Il fut charmé par le calme et la simplicité des lieux. « On ne rencontre personne, écrit-il dans ses Mémoires, sauf un ou deux pêcheurs et le soleil chauffe la belle dune... » et en profite pour se baigner, se dorer au soleil, chasser et pêcher. Il rejoignit à l'hôtel Chantecler son ami le peintre cubiste bordelais André Lhôte où ils retrouvèrent le compositeur Georges Auric, l'écrivain Raymond Radiguet et le couple Jean et Valentine Hugo. Sur une photographie qui nous est parvenu, on reconnaît, "en villégiature au Piquey", Georges Auric, Jean Cocteau et Jean Hugo et au second plan Raymond Radiguet, François de Gouy et Russell Greeley.

Il écrit ce mot à sa mère : « De midi à 4 heures, le soleil était si intense qu'on se brûlait les pieds sur le balcon. Je découvre en t'écrivant un nid d'hirondelles juste au-dessus de ma table. » [3]

Jean Cocteau revint souvent au Piquey de 1918 à 1923 avec son 'ami' Raymond Radiguet qui y écrit une partie de son roman Le Diable au corps et revint y terminer en 1923 Le Comte d'Orgel. De son côté Jean Cocteau composa un drame Le Baron Lazare, le livret de Paul et Virginie avec Radiguet et travaillait comme il l'écrit lui-même à un « bilan de l'esprit poétique actuel. » Mais Radiguet mourut d'une fièvre typhoïde contractée sans doute ici et Cocteau ne reviendra sur le bassin d'Arcachon que bien plus tard dans les années 1937-39 avec son nouvel 'ami' Jean Marais. Il en profitera pour écrire "La fin du Potomak" et commencer "La Machine à écrire".

Jean Daniel à Arcachon

Juillet 1985, maison du Pyla boulevard de l’océan à Arcachon

L’été de ses 65 ans, Jean Daniel le passe à Arcachon où il se retrouve avec ceux qu’il aime. Balade en bateau le 3 juillet par une journée fort chaude précédent une nuit de violents orages. Le 12, la sérénité est revenue, « Tout ici est réuni pour le bonheur : luxe de la maison, agrément du parc, proximité du bassin et de l’océan, climat printanier sans excessive chaleur, environnement d’une grande civilisation qui peut rivaliser avec la Toscane. Les amis retrouvés enfin. » [4]

Autres fiches consultables sur ce site :
- Freustié et le Bordelais
- Philippe Sollers
- Jean Cayrol
- Élisée Reclus

Voir aussi

Notes et références

  1. Marcel Aymé, "Lettres d'une vie", 12 juin 1940
  2. Voir Gabriele d'Annunzio, "La Léda sans cygne"
  3. carte postale envoyée à sa mère représentant le Piquey, l'hôtel Chantecler et la plage
  4. Jean Daniel Avec le temps, pages 215-217)
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