Les yeux ouverts (Yourcenar)

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MARGUERITE YOURCENAR, LES YEUX OUVERTS : interview de Matthieu Galey
"Les Yeux ouverts" est un essai constitué d'un ensemble d'interviews de "Matthieu Galey" sur la vie et l'œuvre de "Marguerite Yourcenar" paru en janvier 1980 aux éditions Le Centurion.
Le titre se réfère à la dernière phrase des Mémoires d'Hadrien : « Tâchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts. »

Sommaire

Présentation

Les interviews qui constituent ce livre représentent une source d'informations inestimable sur Marguerite Yourcenar, aussi bien la personne que l'écrivain, où sont présentés ses thèmes principaux, que ce soit les influences qu'elle a subies, ses lectures, son rapport à la liberté, la solitude, la passion et l'amour ou la religion.

Matthieu Galey la rencontre pour la première fois en 1971 à l'occasion d'un reportage chez elle, aux Etats-Unis, dans sa maison de Petite-Plaisance. Ils se revoient en février 1979, malgré les problèmes de santé de Marguerite Yourcenar qui dut être hospitalisée à l'issue de cette rencontre, et ce sont ces différentes conversations qui constituent le support de ce livre.

Le livre parut en janvier 1981 peu avant sa réception à l'Académie française. Elle reprocha au livre d'abord sa couverture qui laissait penser qu'elle en était l'auteur et sur le fond, l'intervention trop directive de Galey qui avait mené l'entretien à sa guise alors qu'elle était physiquement déficiente.

Dès lors, leur relation en souffrit et l'entourage de Marguerite Yourcenar -ses amis Grace Frick et Jerry Wilson- joua un rôle négatif dans leur brouille et même s'ils eurent encore quelques contacts, jamais la confiance initiale ne réapparut.

Parcours littéraire

Marguerite Yourcenar semble au bout du monde , isolée dans son île de l'état du Maine aux USA, dans le nord-est près de la frontière canadienne. Sa maison est modeste, un cottage un peu désuet qui tranche qui tranche avec les belles villas construites aux alentours, presque toutes résidences d'été. Le climat y est rude, 7 mois d'hiver sur 12, mais le paysage est magnifique égayé par nombre d'oiseaux et écureuils. Ce qu'elle recherche, son souci permanent, c'est la rigueur intellectuelle, l'originalité des démonstrations, elle n'est "romancière que d'occasion". Les Mémoires d'Hadrien se rapprochent de Montaigne, L'œuvre au noir rappelle certains ouvrages orientaux.

C'est à ces constructions peu visibles à la première lecture que ses livres doivent leur solidité et leur puissance émotionnelle. Quand on lui objecte qu'elle est plutôt d'arrière-garde, elle réplique que "l'arrière-garde est l'avant-garde de demain. Ça tourne la terre." La France lui paraît assez nombriliste, introvertie, et soutient les mouvements qui disent 'non', ceux qui refusent la pollution, les barrages, le nucléaire, "quand les utopistes commencent à devenir la mauvaise conscience des gouvernements, le pari est à moitié gagné." Si elle est restée mal connue, c'est qu'elle n'a pas voulu jouer le jeu d'un certain conformisme intellectuel. Si elle est restée indifférente au monde littéraire de son époque, elle est d'une patience infinie, d'une rigoureuse "harmonie entre la conscience et la réflexion."

Il a fallu longtemps pour qu'elle relie sa biographie familiale à ses préoccupations littéraires mais elle a toujours refusé de se mettre en scène, d'étaler confidences et confessions. La solitude de l'écrivain lui paraît indispensable et si elle est solidaire, c'est de l'humanité entière, surtout des plus défavorisés. Seule l'intéresse la durée, ce long terme qui lui permet cette sérénité dans l'écriture, cette démarche de rigueur et de précision du style. Sous des dehors qui peuvent paraître froids, perce l'imagination -n'a-t-elle pas commencé par publier des poèmes- à travers les deux personnages, Hadrien et Zénon, qui l'ont accompagné une bonne partie de sa vie. Son regard jauge tout nouvel arrivant, "à la fois lointain et courtois, nuancé d'un rien d'ironie. [...] Sereine jusqu'au détachement -et tendre pourtant.

La femme et l'écrivain

Effectivement, Marguerite Yourcenar n'apparaît jamais en tant que telle dans ses livres, même dans la biographie familiale que constitue les trois tomes du Labyrinthe du monde. C'est l'objectif de ce livre d'interviews d'éclairer l'œuvre par la vie de l'artiste et la personne par la portée de son œuvre. Comme toujours directe, efficace, elle lire d'elle-même certains traits qui nous renseignent sur la route qu'elle a voulu tracer à travers son écriture, contemplant le monde les yeux ouverts, évoquant des moments de ce qu'elle a pensé, ressenti, de ce qu'elle a tenté de faire dans ses écrits.

Son parcours s'inscrit d'abord dans son enfance flamande préservée avant la Grande Guerre, auprès d'une mère vite disparue et un père qui l'a marquée, qui a joué un grand rôle dans son évolution jusqu'à sa disparition quand elle atteignait, vers 25 ans, une certaine maturité. Il se prolonge dans une existence de voyageuse, jusqu'à son enracinement dans l'île de Mont-Désert. Des événements, elle élimine d'emblée les vaguelettes de l'actualité pour retenir l'essentiel et pense que la meilleure façon de prendre du recul, c'est de traiter la condition humaine à l'aune de l'antiquité comme pour l'empereur Hadrien ou à celle de La Renaissance pour Zénon.

Ouvrage de référence

  • Matthieu Galey, Les yeux ouverts, éditions Le Centurion, 1980, 336 pages, isbn : 2-227-32022-2

Références complémentaires

Notes et références

Liens externes  : C'était Matthieu Galey

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