Lou Andreas-Salomé

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Lou Andreas-Salomé, l'égérie

                   <<<<<<<< Lou Andreas-Salomé, née Louise von Salomé >>>>>>>>
             <<<<<<<< 12 février 1861(Saint-Pétersbourg) - 5 février 1937 (Goettingue) >>>>>>>>
               <<<<<<<< Voir aussi Rainer Maria Rilke, Rilke à Duino et Rilke à Muzot >>>>>>>>
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tumbLou adolescente tumbLou en 1880

la jeunesse de Lou, de la Russie à l'Italie
Louise Salomé naît dans un fastueux appartement de fonction de l'État-Major général à Saint-Petersbourg. En fait, elle n'est pas russe mais allemande, de descendance française, ses aïeux huguenots ayant quitté la France à la fin du XVIIIè siècle. Elle débute bien dans la vie avec des nombreux serviteurs, une gouvernante française, une gouvernante anglaise, entourée par la fine fleur de l'aristocratie tsariste. Son père est conseillé du tsar et a reçu un titre nobiliaire. Liolia -Louise en russe- est un peu compliqué, alors plus tard on appellera plus simplement Lou.

Elle est la petite dernière, la coqueluche de la famille, son père et ses cinq frères l'adorent et elle pendant longtemps, elle considérera les hommes comme des frères. De plus, elle est recherchée, considérée comme une belle fille : jambes longues, hanches étroites, immenses yeux clairs, petit nez droit, bouche sensuelle, longue chevelure blonde, front haut. Charmante description que livre Françoise Giroux dans sa biographie, mais elle a aussi un corps de fillette plutôt maigre et "le torse plat". En tout cas, elle séduit beaucoup, tombe amoureuse d'un pasteur Heinrich Gillot, ce qui entraîne bien des complications.

tumbLou en 1914 tumbLou avec Rée et Nietzsche

Fin du premier acte, Lou et sa mère préfèrent partir, s'installent d'abord à Zurich quelques temps puis à Rome où Lou alors âgée de 21 ans fait la connaissance d'une allemande Malwida von Meysengug qui connaît très bien deux amis qui vont très vite la rejoindre dan sa propriété de Sorrente, via delle Polveriere : c'est ainsi que Lou fit la connaissance de Paul Rée, riche héritier d'une grande famille terrienne, et surtout d'un philosophe alors inconnu qui souffre souvent de terribles maux de tête, Friedrich Nietzsche. Nietzsche a alors 37 ans, une vie difficile, une santé fragile mais il va bientôt troquer la défroque maussade et pessimiste de son maître Arthur Schopenhauer contre la vision plus optimiste du Gai savoir. Tous deux tombent follement amoureux de Lou et dès lors ce trio improbable chaperonné par Louise sa mère et Malwida n'aura de casse de regagner la Russie par étapes, "le chemin des écoliers", passant par le lac d'Orta près de Milan, à Lucerne et à Tautenburg où Nietzsche a loué une maison avec sa sœur Élisabeth, celle que Lou a surnommée "la terrible allemande". C'est à Lucerne qu'a été réalisé la photo montage devenue célèbre où l'on voit Nietzsche et Rée tirant une charrette tandis que Lou assisse derrière eux, agite un fouet.

tumbLou et Rilke

Lou et Rilke
Quand ils se rencontrent, Rilke n'est pas encore au sommet de son art [1] mais il se dégage de ses yeux violet foncé une expression de tendre mélancolie, un spleen profond qui teinte d'une douce musique sa poésie. Un soir de 1897, ils se voient chez des amis et c'est le coup de foudre. Il a 21 ans, elle en a 36 et découvre son corps comme une jeune fille.

Ils se cachent dans la campagne autour de Munich à Wolfratshausen, leur nid est un appartement dans un corps de ferme. C'est elle qui germanise son prénom René en Rainer. Rilke est conquis par l'image maternelle qui se dégage de Lou et qu'il recherche inconsciemment. [2] Ce n'est pas un possessif, ce qui arrange bien Lou qui, de tout façon, ignore le sentiment de culpabilité. Et bien sûr, le poète pointe dans ses lettres : « Ma limpide source, c'est à travers toi que je veux voir le monde car du même coup je ne verrai non plus le monde mais toi seule, toi, toi ! » De leur correspondance qu'ils ont détruit en grande partie, il reste peu de chose, ces quelques vers par exemple, extraits d'une lettre de Rilke :

« Éteins-moi les yeux, je pourrai te Voir,
Bouche-moi les oreilles, je pourrai t'entendre...
Et si tu mets le feu à mon cerveau
Je te porterai sur mon sang... »

Andreas, le "mari" officiel de Lou, est toujours là mais les deux hommes hommes s'entendent bien et, au printemps 1899, ils décident de partir tous les trois pour la Russie, la patrie de Lou; Rilke a même poussé la perfection jusqu'à apprendre le Russe. Dans son Journal, elle note sa joie de retrouver les paysages de son enfance. Ils vont jusqu'à la Volga et sont reçus à Iasnaïa Poliana par le grand écrivain russe d'alors qu'est Léon Tolstoï le 27 avril 1999. L'entrevue sera quelque peu décevante mais dans l'ensemble, ils reviennent enchantés de leur voyage et décident de le renouveler l'année suivante.

Le second voyage commence en avril 1900 mais cette fois à deux car Carl Andreas n'y est pas convié. Bien lui en prit car il est émaillé d'incidents et de brouilles jusqu'à ce que Lou le plante un beau jour et parte faire un tour dans sa famille en Finlande. C'est la rupture. Il est vrai que Rilke est un être hypersensible, un grand dépressif parfois difficile à vivre. Mais ils restent quand même en relation et vont même se revoir. D'abord à Göttingen où Lou habite désormais avec Andreas puis à Munich dans l'immédiat après-guerre où elle le rejoint. Ils vivent de vraies retrouvailles, une fuson intellectuelle qu'on retrouve tant dans le Journal de Lou que dans les textes de Rilke, mais ce ne sera en fait que feu de paille. Malgré des relations épistolaires suivies, ils ne se reverront plus. Elle a tourné la page avec Friedrich Pineless qui se fait appeler Zemek.

Lou et freud
tumbLou avec Nietzsche, Rilke et Freud

Avec Signund Freud, c'est d'amitié, de parfaite compréhension, d'intime connivence même dont il faut parler. Balancée entre le vie étroite de Göttingen avec Andreas et les escapades avec Zemek, elle traverse une période d'interrogations, délaisse l'écriture pour se diriger vers la psychanalyse qu'elle trouve plus concrète. C'est le 25 août 1912 qu'elle commence à Vienne les "séances de travail" avec Freud et ses disciples. Elle est alors amoureuse d'un psychanalyste suédois Poul Bjerre. Lou possédait le don de comprendre les hommes, d'où la fascination qu'elle exerçait sur eux : « on remarquait aussitôt que Lou était une femme extraordinaire » s'extasiait son suédois. Quand il repart pour Stockholm, elle s'éprend d'un de ses compatriotes, Gebsattel. C'est sa période suédoise. Quand elle quitte Vienne pour exercer la psychanalyse à Göttingen, rejoignant Andreas et sa fille Mariechen. Elle engage alors une longue correspondance avec Sigmund Freud, deviendra ensuite très amie avec sa fille Anna et écrit un ouvrage remarqué sur la psychanalyse Analité et sexualité (Anal und sexual).

Après la Première guerre mondiale, elle écrit dans la revue de Freud Imago, dans L'Echo littéraire et devient une analyste recherchée , prenant en charge les lourdes conséquences psychiques, les traumatismes dus à la guerre. Passée la soixantaine, sa santé se dégrade peu à peu, elle sera ensuite opérée d'un pied à Göttingen en 1929 puis d'un cancer du sein. Mais, toujours aussi optimiste, elle écrit à Rilke : « Mes travaux de psychanalyste me rendent si heureuse que, fussè-je milliardaire, je n'y renoncerais pas. » Freud n'est pas mieux loti depuis plusieurs opérations dues à un cancer à la mâchoire en 1923, dont il réopéré plusieurs fois, et il est ému que Lou lui consacre un livre intitulé Ma reconnaissance envers Freud. Elle ne cessera de décliner, fera profil bas pendant la montée du nazisme, restant terrée à Göttingen et s'éteindra à presque 73 ans le 5 janvier 1937, reposant auprès d'Andreas.

Christian.broussas at orange.fr

Repères bibliographiques

  • "Ma vie : esquisse de quelques souvenirs" (édition posthume par Ernst Pfeiffer), Presses universitaires de France, collection Quadrige, 1977 ; réédition 2001
  • "Friedrich Nietzsche, Paul Rée, Lou von Salomé", Correspondance (édition établie par Ernst Pfeiffer, Presses universitaires de France, 1979
  • "Rainer Maria Rilke", Sell, 1989, "Friedrich Nietzsche à travers ses oeuvres", Grasset, 1992 et "Figures de femmes dans Ibsen" (traduction et notes de Pascale Hummel), éd. Michel de Maule, 2007

Autres fiches à consulter :

 RM Rilke
 Nietzsche 

Références

  1. Il a connu la célébrité avec une fantaisie de prose et vers mêlés Le Chant de l'amour et de la mort du cornette Christophe Rilke, qu'on appelle simplement Le Cornette, un jeune porte-drapeau luttant contre les Turcs et amoureux d'une belle châtelaine
  2. Il écrira à ce propos : « Je ne suis pas un amoureux, personne ne m'a jamais tout à fait ébranlé, peut-être parce que je n'aime pas ma mère. »

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