Pionniers/Chapitre 9 (Le premier saut)

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Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source : http://hodo.free.fr/Romans/Pionniers/

Auteurs de l'œuvre originale : Serge Jadot

Licences : N/A

Le Livingstone voguait à près de deux cents kilomètres par seconde vers l'orbite de Jupiter. Seul Ytzhak tentait d'apercevoir la grosse planète. Personne ne lui avait précisé que l'astre était fort éloigné du point de rendez-vous, un lieu théorique calculé par Tcherenkov qui se raclait l'ongle du pouce dans l'interstice des incisives, tout en fixant la baie vitrée principale rendue transparente pour l'occasion.

Betty Brown voulut céder la place à Nic, mais celui-ci déclina l'offre par courtoisie plus que par méforme: ce n'était pas son quart. Mais il voulait être présent dans la cabine de pilotage car il jugeait que c'était de son devoir. La phase de vol était critique et tous les astronautes devaient être à leur poste. Il se contenta d'informer son collègue sur les décisions qu'il avait prises au sujet des deux passagers clandestins. Puis il recula dans le fond de la pièce où il rejoignit Roxane et Andy qui seraient restés de toute manière par curiosité et pour assister au premier saut de l'humanité vers une autre étoile.

Il était logique que le voyage spatial à bord d'engins mus par propulsion ne pouvait être la solution qui sortirait l'humanité de son berceau. La moindre expédition à travers la galaxie prendrait des années et ce, même en supposant que l'on puisse se déplacer à la vitesse de la lumière. C'était théoriquement possible avec l'invention du spatioréacteur mais il fallait compter la longue, très longue, période d'accélération humainement supportable pour atteindre une telle vitesse. Il fallait donc trouver autre chose. Depuis deux décennies, des bruits persistants circulaient au sujet d'études sur la téléportation basée sur des théories fumeuses d'univers fractals à cinq ou sept dimensions.

Malgré le scepticisme général, des équipes de chercheurs insensés s'étaient attelées à la tâche utopique du voyage plus rapide que la lumière. Mikhaïl Sergeïovich Tcherenkov en avait fait partie. Et sa présence à bord était indispensable pour les réglages fins de dernières minutes, malgré son âge qui faisait de lui le doyen de l'expédition. Car le téléportage d'un être vivant — animal — n'avait été réalisé qu'une seule fois. Un chien avait fait le voyage allé et retour entre la Terre et deux astro-labs. L'un de ces astro-labs se trouvait en orbite autour de saturne, l'autre voguait près de la ceinture de météorites. La disparition de l'animal sur Terre et sa réapparition quasi instantanée à proximité de Saturne, puis le retour tout aussi fulgurant, furent les seules preuves de la réussite du projet et de la théorie des ultra-relativistes. Quelques minutes avant le début de l'expérience, le fantôme du chien apparut deux fois dans l'astro-lab de la ceinture de météorites conformément aux prévisions.

Il restait pourtant un doute que seuls, le savant russe et Nic connaissaient à bord du Sea-morgh'N. Le chien avait été téléporté dans une cage au préalable prête, d'une part, à accueillir et à protéger le cobaye et, d'autre part, à servir de relais de transmission et de contrôles. Mais, cette fois-ci, il était impossible de préparer les enceintes de téléportage. Non seulement, elles auraient dû être placées trop loin, mais deux d'entre elles auraient dû déjà y être depuis plusieurs milliers d'années. En effet, le voyage s'effectuait en deux temps, et la première phase du voyage projetterait les téléportés quelque part dans le passé. A cela, s'ajoutait une autre inquiétude: le chien, bien qu'en bonne santé, présentait plusieurs hématomes externes et internes, certes, tous sans gravité, mais intriguants pour Mikhaïl. Ce dernier pensait que les relais y étaient pour quelque chose et il avança l'hypothèse d'"opacité". Selon le savant, toutes les structures de la matière n'offraient pas la même transparence aux tachyons. Personne n'en avait la certitude. Enfin, cette expérience n'avait plus été renouvelée depuis quinze ans. Depuis, les relais avaient été remplacés par les générateurs de X2-plasme, surnommé "miroir d'Alice". Mais il n'y eut plus d'essai avec un être vivant… Seulement une caméra dans un cageot rempli de fruits et de charcuterie avait servi de cobaye! Il était bien bas le budget de la recherche! Pas assez pour décourager les scientifiques. Plus tard, on parla de sonde automatique, robotisée.

Andy, le navigateur australien ne pouvait tenir en place. Il rejoignit son collègue et vérifia encore une fois avec lui les derniers calculs. Ils corroboraient ceux de l'astronome tutsi et ceux de l'ordinateur qui pilotait quatre objectifs, visant chacun l'une des douze étoiles sélectionnées pour localiser et guider le Livingstone.

Pas de doute. La route était correcte, le délai respecté. C'était ici et maintenant que devait se passer l'événement.

Andy revint près de Roxane tout en regrettant que ce ne fût à eux qu'incomba la tâche de franchir le mur de la lumière.

Soudain, le silence fut brisé par une sirène stridente et désagréable, les voyants rouges se mirent à clignoter aux abords des portes et sas. Tout l'éclairage s'intensifia d'un cran partout où il n'était pas au maximum. Nic sursauta. "Qui a déclenché l'alerte?".

— C'est l'ordinateur, cria Diana dans l'allinone du commandant. Il "sent" que nous sommes dans une séquence périlleuse.

— Si vous ne le faites pas taire, ce sera pire: nous avons besoin de concentration.

Moins d'une minute après, la Brésilienne, toujours assistée de Frans, avait rétabli la sérénité dans le cerveau optronique et dans le vaisseau.

— Diana! fit Nic, prévenez-moi si cette machine doit encore prendre d'autres initiatives de ce type. Les astronautes sont habitués à ce genre de mise en vigilance, mais pour les trois quarts de l'équipage du Sea-morgh'N, ceci ressemble à l'annonce d'une catastrophe imminente: est-ce le bateau qui coule, la tour qui s'enflamme ou une bombe tapie sous un siège? Où fuiront-ils, isolés dans l'Espace, sans canots de sauvetage, sans issues, sans abri. A quoi leur sert-il de savoir qu'ils risquent de mourir à la moindre fausse manoeuvre si nous ne savons même pas ce qu'il adviendra de nous si nous réussissons à émerger dans un monde nouveau?

— Désolé, Commandant, j'ai suivi les instructions…

— Je sais, fit Nic, c'est pourquoi je vous demande de vérifier l'apprentissage de l'ordinateur en réfléchissant à ce que je viens de vous dire.

Voilà autre chose maintenant! continua-t-il en s'adressant à Ytzhak arraché de sa contemplation. Maintenant les ordinateurs "sentent" quand nous sommes dans une phase critique!

— Là, s'écria soudain Andy en pointant vers les grandes baies vitrées.

Son regard expert de navigateur l'avait averti avant tous les autres. Devant lui, quelques étoiles se déplacèrent comme si un objet transparent et déformant, telle une loupe, s'était matérialisé, là, devant le vaisseau.

Mikhaïl regarda dans la direction indiquée en murmurant, incrédule: "l'effet du miroir!". Les constellations se déformaient à vue d'oeil, les astres se paraient d'un halo puis disparaissaient d'un seul coup comme une bulle de savon qui éclate. Peu à peu, le ciel entier s'éteignit.

Noir, tout était noir. S'il ne s'agissait pas d'une illusion, ni d'une erreur d'interprétation, le Livingstone avait franchi la fatidique vitesse de la lumière. Le calculateur de bord affichait une valeur que nul humain n'avait pu observer auparavant: 1,2 c. Mais était-ce correct? Il ne s'agissait là que d'une estimation déduite à partir des mesures de l'effet tunnel observé en laboratoire. Le Russe savait combien il fallait se méfier des mesures indirectes adaptées à un environnement expérimental. C'était une foi trop grande en elles et une extrapolation trop large, qui avaient occulté la découverte du tachyon à la fin du deuxième millénaire à Chacaltaya. Sans la collaboration qui lie les chercheurs entre eux, Mikhaïl n'aurait pas retrouvé dans les archives de l'Académie ukrainienne, les papiers attestant de la découverte des chercheurs japonais qui doutaient à tort de leurs détecteurs de rayons cosmiques ainsi que de leurs calculs. Ils souffrirent de la même cécité qui frappa Joliot-Curie quand ce dernier avait sous les yeux la trace du neutron sans le voir.

Nic ressentait une étrange impression, pas exactement celle à laquelle il s'attendait en vivant une telle aventure. Etait-ce la lumière rosâtre du poste de pilotage?

Rosâtre! Mais ce n'est pas réglementaire! Cela faisait plutôt… L'idée saugrenue de maison close lui traversa l'esprit.

Et puis ce parfum indéfinissable! Qu'était-il bien passé par la tête de Sissel pour embaumer ainsi l'atmosphère?

Il jeta un coup d'œil vers la droite. Roxane et Andy s'enlaçaient passionnément.

Ah! Ces braves tourtereaux! Il s'en doutait bien que ces deux-là ressentaient plus que de la camaraderie. Mais n'était-ce pas un peu trop tôt pour fêter l'événement historique qui était en train de se dérouler? Et puis une franche accolade suffisait à la place de ces longs baisers dignes des vidéos.

A sa gauche, Ytzhak s'était saisi de la main de Cheng.

Le malade, ici, c'est moi, pensa-t-il en passant le bras sur l'épaule de la Chinoise avec une pointe de jalousie. A ce moment, Betty se précipita vers lui, hésita, puis se rua sur Agnon qui fut fougueusement arraché de son siège.

Mais cela ne l'intéressait plus. Il savourait la langue de Cheng, maintenant à califourchon sur ses genoux. Comment en étaient-ils arrivés là? La question ne l'effleurait même pas. Ses mains s'étaient glissées sous la tunique de l'Asiatique. En remontant des reins vers les omoplates, il découvrit que la femme, comme beaucoup d'autres, avait troqué la combinaison pour le deux-pièces réglementaire du caleçon et du body ou du bustier qui galbaient plus fidèlement leur corps. A travers le tissu arachnéen, il palpait un dos lisse, sans rencontrer la moindre saillie qui put révéler la présence d'un balconnet ou d'une brassière. Elle ne ressentait pas le besoin de mettre en valeur sa poitrine. Ses doigts glissèrent sous les aisselles où les rondeurs naissantes promettaient des seins tendus.

Un halètement voisin exacerba son désir. Fébrilement, ses ongles descendirent vers la ceinture à la recherche de la bande auto-adhésive. Le grattage indiqua quel tissu recouvrait l'autre. La chair convoitée se dénuda sous l'agilité de ses pouces. Un ventre puis une gorge gonflée s'offraient chaleureusement au tact. Sous ses paumes, une paire de tétons se dressait tout comme son mâle attribut sous les habiles massages de sa compagne. Péniblement, il réfréna son exaspération, préférant le plaisir d'une lente et patiente découverte mutuelle.

Des gloussements surgis d'ailleurs le contrariaient dans sa flânerie érotique qui devait soudain, comme par inadvertance, le conduire vers un trésor enfoui dans quelque obscur recoin. Cheng se faisait pressante pour libérer le phallus prisonnier qu'elle sentait frétiller sous l'élastique résistance du vêtement. Faire durer ce bonheur, ce plaisir… Atténuer l'ardente tentation… Penser à autre chose.

Autre chose… Le vaisseau!

Le vaisseau!

Cheng! s'écria-t-il en écartant le visage de la jeune femme. Et il regarda ahuri les ébats amoureux dans ce qui était normalement la cabine principale de pilotage du Livingstone.

Il plongea son regard dans les yeux noirs et langoureux de la biosociologue, hésitant entre le devoir de commandant et l'irrésistible envie de dévoiler les mystères orientaux et d'en sonder les profondeurs au risque d'y perdre son essence.

Le devoir… Si tous les astronautes devaient être présents, si lui devait être là, c'était justement pour remplacer les défaillances en période de crise.

— Cheng! Je vous en prie, aidez-moi, nous n'avons pas le temps, le vaisseau est en danger.

— Promettez-moi que nous remettrons cela, Nic, dès que tout risque sera écarté, ou… qu'aucun espoir ne sera plus possible. De toute manière, je ne vous quitterai pas d'une semelle.

Elle se leva à regret en tirant Nic de son siège. Celui-ci caressa doucement les joues de la Chinoise en replaçant la mèche égarée dans la frange, au sein de l'épaisse chevelure noire, libérée du serre-tête qui gisait sous les pieds de Roxane et Andy. Elle souffrait autant que lui. C'était une noble femme. Puis, la tirant par la main qu'elle n'avait toujours pas lâchée, il se précipita vers le siège de commandement abandonné par Betty qui se débattait par terre entre Ytzhak et Mikhaïl. La vue de ces corps se dénudant à chaque roulade ravivait les fantasmes inassouvis de Nic qui pensa amèrement qu'il devait être le seul dans tout le vaisseau à ne pas avoir le droit de s'y abandonner. Mais si lui avait pu réagir, d'autres le pouvaient et la manière la plus efficace était d'activer l'alerte maximum.

La sirène se remit à hurler. Quelques minutes après, tous avaient repris leur poste dans la cabine. Rapidement Nic et Betty convoquaient tous les chefs de modules et de sections. Seul, Katsutoshi n'était pas débraillé, mais il avait revêtu un kimono bleu nuit moucheté de petits motifs blancs.

L'envoûtement érotique qui avait chaviré les habitants du Livingstone s'atténuait peu à peu. La lumière éblouissait les yeux embrumés et l'âcreté de la sueur se substitua aux parfums enivrants qui flattaient encore les narines.

Peu à peu, les rapports arrivaient au milanaute maître. Tous étaient rassurants. Il n'y avait eu aucun dégât pendant l'instant de folie qu'avaient traversé les mille âmes du Sea-morgh'N. Personne ne semblait être affecté. Chacun reprenait normalement ses occupations sans éprouver rien d'autre qu'une grande satisfaction ou tout au moins qu'un agréable souvenir. Pas de honte, pas de jalousie, rien de ce qui eût pu être prévisible! Tout s'était passé comme dans un rêve éveillé et collectif, un Tristan et Iseult interprété en choeur par tout l'équipage.

— Vous croyez que cet étrange comportement est dû à la traversée du miroir, demanda Nic au savant.

— Je l'ignore totalement! peut-être que les signaux électriques du cerveau ont été perturbés, une sorte de déphasage entre la matière et les photons. Franchement, je n'en ai pas la moindre idée. Et si je puis me permettre une remarque, nous n'avons pas traversé le "miroir", nous sommes dedans encore pour un peu plus de trente heures.

— Voulez-vous insinuer que ce phénomène risque de se reproduire à la sortie?

— Et peut-être à l'envers…

— En haine?

— Je vous le répète, je l'ignore.

Nic resta coi. Le pire pouvait être craint et il lui restait une journée pour parer à toute éventualité. Songeur, son regard vint se perdre dans ceux de la Chinoise qui avait entendu le dialogue.

— Je crois que nous avons raté une opportunité, murmura-t-elle en ébauchant un sourire où se mêlait bien de non-dits tendres ou passionnés. Je crois que ce ne sera plus possible pour l'instant, n'est-ce pas?

Elle releva sa tunique afin de rajuster le bustier qu'elle avait laissé boudiné sur les mamelons, s'accrochant à l'espoir de jouir du bouquet qui jaillirait de ce feu trop tôt éteint. Posément, elle offrit à l'amant fugace de laisser entrevoir ce qu'il n'avait que pressenti. En vain. Le Commandant avait retrouvé sa froideur et ne semblait plus sous le charme. Mais elle aurait parié que le feu continuait à couver.

— Laissez-moi vérifier une chose Nic.

— Quoi?

— Que s'est-il passé pour ceux qui dormaient?

Etait-ce l'étrange phénomène qu'il venait de vivre ou les difficultés qui l'attendaient encore, mais Nic se sentait en pleine forme. Il entrevit immédiatement les implications que pouvaient lui apporter les observations de la biosociologue qui s'attela sur-le-champ à la tâche qu'elle s'était assignée. Dès que la Chinoise eut quitté la cabine, Ytzhak se demanda ce qui le retenait encore en ces lieux.

— Maître Tcherenkov, est-ce tout ce que l'on peut apercevoir du dehors maintenant? Interrogea-t-il en pointant vers les hublots infiniment noirs.

— Je crains que oui, Agnon. Voyez-vous, nous sommes enfermés dans une bulle de X2-plasme, une bulle qui maintient notre cohérence pendant que nous traversons le "miroir". Nous sommes en réalité un gigantesque tachyon. Notre univers n'existe plus pour nous et nous pour lui.

— Mais ne risquons-nous pas d'en rencontrer un autre? Ne pouvons-nous pas percuter un objet inconnu?

Le savant éclata de rire.

— Pour répondre à votre première question, je préciserai ce que je viens de vous dire: là où nous sommes, maintenant, cet univers n'existe plus pour nous, et nous n'existons pas encore pour lui. Quant à percuter quelque chose, cela reste possible malgré les calculs de trajectoire de moindre risque. Et puis il y a le X2-plasme…

Nic remarqua que la deuxième question fut éludée. Mikhaïl n'était pas sûr de ce qu'il avançait. Le commandant se rappela l'expérience du chien. Il avait mené sa propre enquête et on lui avait dit que les lésions de l'animal ressemblaient étrangement à des chocs contre des objets invisibles ne laissant pour toute et unique trace qu'une blessure parfaitement propre.

Déçu, Agnon demanda de quitter la cabine.

— Bien sûr, Ytzhak, je ne sais pas moi-même à quoi nous servons ici, nous sommes en pilotage automatique. Je ne sais pas où nous allons, mais nous y allons tout droit. Et faites attention en retournant dans votre module de ne pas tomber dans les bras d'un succube.

Au bout d'un instant, Nic se rapprocha du siège de Mikhaïl.

— Dites-moi, vous ne trouvez pas étrange que personne n'ait manifesté la moindre gêne après cette explosion d'érotisme. Tous ont repris leurs activités comme s'ils sortaient d'un bon repas. Ils sont plus ou moins satisfaits, sans complexe. Moi-même je ne sens aucun remords puritain, à peine l'impression que mon repas ne fut pas complet.

— Etrange, en effet. Que devrais-je dire? Me faire pratiquement violer par votre commandant en second avec la complicité de cet Agnon! D'ailleurs, jamais en d'autres circonstances, je ne me serais laissé faire! Eh bien non! Je me suis bien amusé et je n'avais jamais joui ainsi tout au long de ma vie. Mon repas, pour reprendre votre comparaison, fut le meilleur que j'ai goûté et… sans indigestion. Vous savez, je vous disais que la sortie du miroir pouvait provoquer des phénomènes inverses. Je n'en sais rien, et entre nous je vous avouerai que j'apprécierais revivre cet épisode. D'ailleurs, n'oubliez pas qu'on doit traverser deux fois le miroir.

— Cela agit comme l'alcool qui efface les inhibitions. Mais avec une différence considérable: il n'y a pas d'après cuite! Au fait, vous pouvez vous remettre de vos émotions si vous le voulez. Je ne vous oblige pas à rester cloîtré dans cette cabine en attendant la sortie du tunnel.

— Merci, mais autant par inquiétude que par curiosité je préfère veiller ici et ma récente prouesse me prouve que je peux encore commettre des folies de jeunesse. Une nuit blanche de plus à mon palmarès me rappellera le temps de mes débuts dans la recherche.

Nic se replongea dans sa méditation tandis que le savant se mit à jouer avec son allinone. En fait, tous deux pensaient à la fin du premier saut. L'un recalculait une trajectoire incroyable qui remontait le temps, l'autre imaginait des scénarios catastrophe afin de prévoir des parades.

Ulysse, enchaîné à un mat, écouta les sirènes, en ayant pris soin de boucher les oreilles de ses compagnons qui continuèrent à piloter le navire. Mais si au contraire, tous les marins avaient été ligotés, et seul, le héros avait dû ramer? Il pouvait se jeter à l'eau. Et s'il était pris de frénésie de tuer? Qui pourrait l'en empêcher?

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