Saül Bellow

La culture en toute liberté.
Aller à : Navigation, rechercher

L'écrivain Saül Bellow, gosse de Chicago

Saül Bellow, un juif européen aux Etats-Unis (1915-2005)
trois fois lauréat du National Book Award en 1953, 1964 et 1969
Prix international de littérature en 1965, prix Pulitzer en 1975 et prix Nobel de littérature en 1976

tumb .......... tumb
Bellow avec son fils Adam à Chicago, .... avec son fils Daniel en 1970

Saül Bellow, prix Nobel 1976, « pour sa compréhension de l’être humain et la subtile analyse de la culture contemporaine dont il fait part ensemble dans son œuvre,» selon l'académie suédoise.

Saül Bellow est âgé de 9 ans en 1924 quand ses parents arrivent à Chicago, "sa ville", celle où se situent nombre de ses romans et leur donnera sa couleur. C'est une famille de déracinés qui a fui Vilnius en Lituanie et les persécutions juives pour émigrer à Lachine au Canada, dans la banlieue de Montréal [1] où Saül Bellow est né en 1915 puis rue Saint-Dominique dans le quartier juif et enfin à Chicago pour rejoindre un cousin. Même si la mort de sa mère quand il a 17 ans, a été un grand choc, c'est son père Abraham Belo qui l'influence alors, un père assez original, importateur d'oignons puis "bootlegger", dans la distillation et le trafic d'alcool clandestin. Mais aussi un homme romantique qui jouait du violon et lui lisait du Pouchkine, un conteur qui adorait évoquer sa vie à Vilnius.

Après l'époque "Chicago", sa jeunesse puis ses études dans les deux universités de la ville, Chicago University et Northwestern University où il étudie l'anthropologie et la sociologie, qui le marquera beaucoup, sa vie s'organise essentiellement entre l'état du Vermont et la ville de Boston. Sa vie sentimentale est marquée par cinq divorces, d'une première union naîtront 3 garçons, jusqu'à la dernière en 1989 avec une jeune femme de 31 ans Janis Freedman qui lui donnera une fille en 1999. [2]

L'espace urbain est pour Saül Bellow le symbole de la décadence de l'Occident, du dérèglement des grandes villes américaines, de leur laxisme, l'autocentration de ses intellectuels dont les plus représentatifs sont ses personnages Herzog et Humbold face à la lourde atmosphère de l'Europe communiste. [3] Il y décrit une New-York oppressante, à la chaleur accablante en été, [4] et surtout Chicago « massive, maladroite... sentant la boue et la décadence[5] mélange étonnant de taudis, de gratte-ciel et de son bruyant métro aérien. Ses héros sont pourtant souvent optimistes comme Sommler qui espère que l'homme porte en lui «une parcelle de l'esprit même de Dieu[6]

L'homme de Bellow est à l'image de la société, il se veut rationnel et moral -ou qui se voudrait-tel- mais il est le plus souvent soumis à ses pulsions, à ses désirs, à ce qui lui échappe malgré tout dans ses rêves et ses souvenirs. Saül Bellow est bien à l'image des romanciers américains de sa génération [7] Les personnages féminins n'occupent qu'une place secondaire dans son œuvre, illustrant les stéréotypes sociétaux. [8] Si Joseph son héros n'imagine pas la femme dans ce qu'elle a de spécifique, son altérité irréductible, [9] il représente une part de son reflet, sa relation aux femmes et ses cinq divorces.

A propos de son roman La planète de M Sammler, Saül Bellow dit que « Sammler a connu le pire (la Shoa) et le meilleur de ce que pouvait lui offrir l’Europe en son temps ; il applique ces critères à l’Amérique en y ajoutant un sentiment de déplaisir à l’égard de ce qui l’entoure. » [10] Ce déplaisir qu’il évoque, c’est la dégradation du paysage urbain et la violence latente, omniprésente qui embrase un jour ou l’autre les Etats-Unis.

A 84 ans, avec son dernier roman Ravalstein bâti sur la biographie de son ami Allan Bloom, il retrouve le souffle de ses grands romans dans cette curieuse amitié entre Chick-Bellow et Bloom-Ravelstein, ces deux êtres si différents. La disparition de son ami, , «dernière barrière entre lui et la mort, » Chick la vit comme la mise en scène de sa propre disparition, conforté par une soudaine grave maladie qui va libérer son écriture et lui permettre d’écrire cette biographie.

Dans son recueil de textes "Tout compte fait,", qu’il a sous titré "Du passé indistinct à l’avenir incertain", [11] Saül Bellow écrit à sa façon habituelle ironique et décalée : « Je n'ai pas su comprendre les choses que j'ai écrites, les livres que j'ai lus, les leçons qui m'ont été données, mais je constate que je suis un autodidacte des plus opiniâtres, que je brûle d'être corrigé. Il est très possible que je n'aie pas atteint mes buts, mais quelle satisfaction, néanmoins, que de s'être débarrassé de vieilles erreurs tenaces. Pour entrer dans une ère d'erreurs améliorées. »

tumb .......... tumb
Université de Chicago et . . . . . . . . . . . . . la Chicago northwestern université

Quelques citations et réflexions de l'auteur
- « Les habitants de Chicago sont très fiers de leur méchanceté. Il s'agit de la bonne vieille politique vulgaire, malgré leurs prétentions » Le New York Times du 6 juillet 1980
- « On présume généralement que toutes les péripéties et idées contenues dans un roman se fondent sur l'expérience personnelle et les opinions propres au romancier. » Le New York Times du 10 mars, 1994)
- « À ce moment il n'avait aucun message pour qui que ce soit. Rien. Pas un seul mot » Herzog, 1964
- « Il est étrange que les bienfaiteurs de l'humanité soit tous des gens amusants. En Amérique au moins, c'est souvent le cas. Quiconque veut gouverner le pays doit aussi le divertir. » Ravelstein, 2000
- « Les gens sont trop prosaïques et demandent: "Est-ce vrai ? Et si c'est vrai, est-ce que ça correspond aux faits ? Et si ça ne correspond pas aux faits, pourquoi pas ?" Alors, vous êtes pris au piège, parce qu'écrire un roman est presque comme écrire un biographie, mais pas tout à fait. Un roman est plein d'invention. » Interview dans la revue Time, 8 mai 2000)

Notes et références

  1. Lachine a été depuis rattachée à la ville de Montréal
  2. A rapprocher de ce qu’écrit son biographe Claude Lévy à propos de son roman "Le cœur à bout de souffle" : « Avec un instinct qui ne les trompe jamais, les héros de Bellow choisissent toujours la femme qui ne saurait les satisfaire et qui, tôt ou tard, les fera souffrir. »
  3. Voir son roman "L'hiver du doyen", le voyage en Roumanie en compagnie de sa femme d'origine roumaine Alexandra Ionescu Tulcea (Minna dans le roman)
  4. Voir par exemple son roman "La victime"
  5. "un homme en suspens", page 259
  6. "La planète de M Sommler" page 183
  7. cf Leslie Fielder, "Love and death in the American Novel", New-York, Criterion Books, 1960
  8. Par exemple, dans "Un homme en suspens', Ida ne s'intéresse qu' « aux plaisirs de l'apparat, aux divertissements et aux magazines de modes. (page 13) »
  9. Voir "Un homme en suspens", page 225
  10. Pierre Dommergues, "Entretien avec Saül Bellow", Le Monde, octobre 1972
  11. Saül Bellow, "Tout compte fait, ", Du passé indistinct à l’avenir incertain, éditions Plon, collection Feux croisés », 1995, 352 pages, isbn 2259181252

Sélection bibliographique

  • The Adventures of Augie March, 1953 – National Book Award; trad. J. Rosenthal: Les aventures d'Augie March (Flammarion, 1977)
  • Herzog, 1964 – Prix international de littérature, National Book Award; trad. J. Rosenthal: Herzog (Gallimard, 1966, 1975 et 1986)
  • Mr. Sammler's Planet, 1970 – National Book Award; trad. Henri Robillot: La planète de M. Sammler (Gallimard, 1972)
  • Humboldt's Gift, 1975 – Prix Pulitzer de la Fiction, traduction Anne Rabinovitch-Henri Robillot: Le don de Humboldt (Flammarion, 1978) (Livre de Poche, 1994)
  • More Die of Heartbreak, 1987 – trad.: Le cœur à bout de souffle (Julliard, 1989)
  • Ravelstein, 2000 – traduction Rémy Lambrechts: Ravelstein (Gallimard, 2004)

Etudes sur Saül Bellow

  • "Autour de Saül Bellow", sous la direction de Paule Lévy, Presses universitaires de Rennes, 150 pages, 2011, isbn 978-2-915751-41-3 : "Ce livre explore les multiples facettes de l’œuvre de Saul Bellow, tout en en soulignant la continuité et la cohérence".
  • Pierre Dommergues, "Biographie de Saül Bellow", Paris, éditions Grasset, 1967
  • Claude Lévy, "Les romans de Saül Bellow : tactiques narratives et stratégies œdipiennes, Paris, éditions Klincksieck, 1983

Liens externes
L'homme de Buridan
Biographie blog

tumbtumbtumbtumb
Son buste à Chicago ----------- avec Derek Walcott ---------------- avec sa femme Janis en 1999 ---------- pour le Nobel en 1976


Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Wiki
Communauté
Dépôt multimedia
Boîte à outils