Sur la vérité et la réalité

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De nombreuses questions reviennent à départager le vrai du faux et se considèrent donc concluent lorsque l'une ou l'autre réponse est unanimement départagée, du moins le temps que ce choix reste unanime, s'il en est jamais ainsi.

Souvent le vérité est implicitement présentée comme le but à atteindre alors que la fausseté est à fuir.

Mais la vérité n'est pas une réponse qui tranche entre le bien et le mal. Plus d'un s'abrogerait bien le confort de quelques faussetés douillettes face à la cruelle vérité. C'est là un sentiment poussé par l'égoïste quête du bonheur, que chacun peu comprendre, quoi qu'on en pense.

La vérité est ni plus ni moins que l'ensemble des éléments démontrables dans des axiomes préalablement arbitrairement définies. C'est une définition qui se résume bien dans la célèbre phrase «tout est relatif», c'est à dire «toute vérité est relative aux axiomes qu'on utilise».

Bien entendu, comme le sous-entend le caractère arbitraire de ces axiomes, aucun n'a plus de pertinence ou de valeur qu'un autre; du moment qu'ils soient cohérent en eux-mêmes. C'est à dire qu'on attends d'axiomes qu'ils puissent être développés et utilisés comme lieu de manipulation (virtuelle) par l'esprit humain, sans nécessiter à aucun moment que les axiomes furent différents pour que la réflexion puisse se dérouler. Il s'agit là également d'une règle arbitraire, qui ne garantie rien si ce n'est que ces axiomes soient précisément un lieu propice au déroulement d'une réflexion humaine.

Pourtant il est une vérité qui est toute spéciale et qui dans ce qu'on nomme science est utilisé comme ultime et absolue méthode de test pour déterminer le «vrai» du «faux», c'est la réalité.

La réalité est l'ensemble des éléments qui existent, indépendamment des esprits humains qu'elle englobe. Cela nous ramène donc à la question de l'existence et de l'existence en dehors de la pensé.

Car si assurément le «cogito ergo sum» rends illogique l'inexistence totale de tout, il ne justifie, de manière logique, que l'existence de la pensée elle même à l'instant présent, mais rien en dehors d'elle même ni qu'elle fut l'instant d'avant ou sera l'instant d'après. Et puisqu'elle mène à cette conclusion par la logique, elle ne garantie rien de l'existence de l'esprit dans un référentiel où la logique n'est pas conditionnelle de la possibilité d'un évènement. Et comment justifier la nécessité de la condition rationnelle d'axiomes, si ce n'est par l'argument d'autorité que tous les faits observables de la réalité tendent à la justifier ? Or pour user d'un tel argument, il faudrait d'abord admettre l'existence de la réalité.

La négation de soi est donc fausse pour qui décide arbitrairement de penser que l'existence prend place dans un axiome rationnel. Ce n'est donc pas la logique qui justifie notre propre existence. Ce qui justifie notre existence et la croyance en la réalité c'est notre désir de vivre. La personne qui perd se désir peu perdre toutes ses croyances jusqu'à sa propre existence.

Croire qu'on existe et que la réalité existe relève d'un choix arbitraire et si nous faisons tous, au moins très majoritairement, ce choix c'est qu'à l'instar de Pascal et son pari[1], nous y voyons un bénéfice à agir ainsi quel que soit la vérité. Si la réalité existe, l'admettre est une nécessité pour survivre. Si nous n'existons pas, nous ne sommes pas exposé à ce choix, même si cela veux dire que l'illogique puisse être «vrai».

Nous démontrons donc ici qu'il n'est pas à la porté de l'esprit de déterminer la véracité d'un énoncé de manière absolue, pas même pour sa propre existence.

Nous déterminons donc la vérité sur la base de critères subjectifs que nous posons arbitrairement, en fonction de ce qui nous parait à priori favorable à la continuité de notre existence. Cela ne veux pas dire qu'à fortiori ces fondations mènent à ce résultat, ni que les constructions qu'elles sous-tendent ne peuvent en dépasser les buts originaux, quitte à les mettre en défaut.

Ainsi, en admettant la réalité comme vérité, nous améliorons assurément la continuité de notre existence. De même, en l'analysant, en admettant qu'elle est régie par une mécanique à priori immuable et donc dont on peu déterminer plus ou moins précisément le passé et le futur, nous améliorons assurément la continuité de notre existence. Mais en admettant cela, nous arrivons également à des conclusions qui ne mettent pas notre existence comme élément central de l'existence.

Les conclusions des bases admises sont alors quelque peu en conflit avec le désir qui les propulse, la continuité de notre existence. En effet, de par les faits observables et les théories qu'on peu en dégager, il n'est rien qui pousse à penser que l'Univers si vaste existe afin de perpétrer la vie dont il est si peu empli, et encore moins que notre propre existence y ai une importance toute particulière qui justifierais qu'elle soit perpétuelle.

C'est sans doute là ce qui conduit l'esprit à adopter une approche mystique de l'existence, comme échappatoire aux verdicts du rationnel, qui ne satisfont pas au désir de continuité de vivre.

Car comme nous l'avons vu précédemment, c'est arbitrairement qu'on confère au rationnel le pouvoir de départager le vrai du faux. Donner ce même pourvoir à une approche mystique ou[2] à ceux qui s'en proclame porte parole n'est pas plus arbitraire ou injustifié, bien au contraire puisque c'est le même désir de faire perdurer l'existence qui les pousse.

Cependant une approche mystique est au final une négation plus ou moins prononcée de la rationalité et si elle autorise à croire à l'éternité par delà la mort elle est d'autant un obstacle aux possibilités de prolonger sa vie par une approche rationnelle du monde qu'elle en banni des conclusions.

Ce n'est pour autant pas là un argument qui serait suffire à détourner l'esprit du chant du mystique, car autrement même le plus fervent croyant en la rationalité, l'acclamant toute sa vie durant comme absolue vérité, lui tournerais le dos sur son dernier souffle dans l'espoir de vivre encore.

S'il est esprit capable de ne pas céder à telle traitrise, c'est que jusqu'à sa dernière pensé il aura trouvé plus de satisfaction et de réconfort dans les idées de l'élégance d'un Univers rationnel et de l'humilité d'accepter sa finitude que dans les perspectives d'être le fruit désiré d'une entité toute puissante aux desseins insondables et de la promesse d'une perpétuelle existence.

En moteur originel à la vérité, il semble donc qu'il y ai le désir de vivre, qui pour sa part se satisferais de n'importe quelle réponse qui miroiterait sa continuité. De ce désir à germé chez l'être humain la volonté de comprendre l'Univers pour le seul plaisir de comprendre, de par la satisfaction de résoudre une énigme. Si bien que le désir de cette résolution peu venir concurrencer, voir dépasser, celui de vivre, notamment en sacrifiant les rêves d'immortalité.

Dès lors les questions pertinentes sur vérité et réalité n'est pas tant «que sont-elles ?», mais «qu'attendons-nous d'elles ?». C'est en réponse à cette question, guidé par notre éducation, nos expériences propres et nos aspirations innées que nous forgeons et faisons évoluer nos conceptions de ce que qu'elles sont.

Avec cette perspective de la notion de vérité , on peu logiquement expliquer la croyance en des élément contradictoires par un même individu. Dans sa volonté de rurvie dans l'immédiat il acceptera d'envisager une réalité rationnelle et dans le mme temps de par sa volonté de survivre indéfiniment il sera capable d'envisager les affirmations les plus absurdes qui soient.

On peu également ainsi expliquer les comportements d'individus qui maintiendront une position sur la véracité d'un propos alors que la démonstration de son incohérence à largement été démontré. Si le but qu'un individu fixe à la vérité est de lui donner raison, alors la vérité sera, pou lui et ceux qu'il sera convaincre, ce qui lui donne raison. Et puisqu'on ne saurais juger la véracité de manière absolue, on ne peu infirmer de telles vérités, aussi grotesques nous semblent-elles. Ce n'est que relativement à un référentiel, comme la réalité, que nous pouvons juger un propos. Or si la personne nie tout ou partie de ce référentiel, ce qu'elle a tout loisir de faire en son esprit, on ne saurait la convaincre des conclusions qu'il sous-tend.

Les désaccords sur ce qui est vrai ou non sont donc la conséquence de la capacité des esprits à définir et changer arbitrairement des référentiels. Le consensus le plus impartial que l'on est trouvé est de laisser la réalité départager nos hypothèses. Notre compréhension de la réalité reste tout de fois limité et laisse donc des zones d'ombre propices au développement d'hypothèses variés, aussi farfelues puissent-elles sembler. Mais comme dit précédemment même sans zone d'ombre prétendre d'autres vérités resterait possible.

Est-ce un problème pour autant ? Après tout que chacun s'imagine que ce qu'il crois soit vérité absolue, cela reste du domaine introspectif, du moment que cela n'impacte pas la sphère public.

S'il y a problème je le situerais à deux niveaux : 

  • Le conflit des espoirs : une personne croyant en une vie éternelle de bonheur n'appréciera pas qu'on ruine cet espoir en soutenant la thèse qu'elle (la personne) est le fruit éphémère du hasard; nue personne croyant en la rationalité de la réalité, qu'elle est guidé par des comportements internes immuables, n'appréciera pas qu'on ruine cet espoir en soutenant la thèse qu'il y a des forces mystiques capables de transgresser ces frontières physiques[3]. À de de tels conflit il est une solution simple, c'est la tolérance. Chacun peu penser que les croyances autre que les siennes sont erronées, tant que chacun accorde cette liberté à l'autre, tous sont à même de croire en un large ensemble de vérités.
  • L'imposition d'une croyance : le résultat lorsqu'une personne échoue à la tolérance ou que sa croyance lui adjoint l'intolérance. Car la tolérance permet la coexistence d'un large ensemble de vérités mais pas de toutes les vérités. Pour subsister la tolérance demande l'exclusion des principes qui la rejette. Autrement dit la tolérance s'auto-détruirait en tolérant l'intolérance. C'est sans doute là la limite idéale à la tolérance. Dans les faits cette limite est encore bien trop souvent gradué vis à vis des croyances les plus populaires. On blâmera plus facilement une croyance fort divergente, fut-elle plus tolérante, qu'une croyance aux préceptes proches mais moins tolérante. Cela étant, puisque déterminer la véracité d'un référentiel est en dehors du pouvoir de l'esprit humain, on ne saurait dire qu'une vérité intolérante ne pourrait se révélait être une vérité absolue. Il s'agit donc là encore d'un pari, en misant sur les vérités tolérantes, on permet la croyance en un plus grand nombre d'entre-elles, et on augmente donc les chances de permettre la diffusion de vérités qui s'avèrent exactes.

En conclusion retenons que l'esprit humain n'est pas en mesure de déterminer la véracité d'un propos de manière absolue – pas même celui de sa propre existence – mais uniquement de manière relative à des référentiels arbitraires. On peu présenter la sélection d'un de ces référentiel comme un pari dont l'enjeu est la survie des choses auxquelles on attache le plus d'importance, notamment sa propre existence et celle du groupe auquel nous nous assimilons.

Les vérités, qu'elles qu'elles soient, sont donc sujettes à probabilité. Il est remarquable de constater que les théories de physique quantique énoncent que la réalité – au niveau sub-atomique – est également probabiliste.

Notes et références

  1. Cependant le pari que l'on fait ici n'engage qu'à peu de chose en comparaison de celui fait par Pascal. Admettre l'existence de soi et de la réalité laisse encore toutes latitudes sur la manière de vivre, là où Pascal s'impose les restrictions de la morale chrétienne.
  2. Lire ici un «ou» inclusif
  3. Car si tel est le cas, rien ne permet de croire en la continuité de ces règle, de l'univers rationnel qu'elle soutienne, et donc la survie du soi.

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Auteurs de l'œuvre originale : psychoslave

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