Sur le caractère inachevé d'une réflexion en opposition

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Une façon courante de débuter une réflexion est la contestation, la constatation d'un fait ou d'une pensé qui nous déplaît auquel on refuse d'acquiescer.

Et cela est, à mon humble avis, une réaction saine en point de départ. En effet, savoir les directions qu'on ne veut pas prendre, c'est déjà préciser un peu celle qu'on souhaite suivre.

Mais cela n'est évidemment pas suffisant, car les voies restantes sont nombreuses. Critiquer sans chercher à apporter une idée alternative qui éviterait les désagréments que l'on reproche à l'originale, est la moindre des choses si l'on cherche à avoir une démarche constructive. Et tant qu'a avoir une démarche critique, autant l'avoir sur ses propres réflexions également, de sorte d'éviter autant que possible de proposer en remplacement d'une mauvaise idée, une idée pire encore.

Il arrive un moment où seul l'expérience peu démontrer ou infirmer le caractère réaliste d'une idée, mais avant cela beaucoup d'écumage peu se faire par la théorie.

Si l'on prends l'exemple de l'anarchie, on constate que le nom de cette idéologie désigne est elle même battit dans une structure d'opposition. En effet anarchie viens du grec αναρχία -anarkhia-, avec an-, préfixe privatif : absence de, et arkhê, commandement, ou « ce qui est premier »[1]. Or en se définissant ainsi, cette idéologie se condamne elle même à préserver les chemins qu'elle ne veut pas suivre. Car avant même de présenter une quelconque idée, elle s'oblige à instruire ce qu'elle n'est pas. Un peu comme si pour enseigner la cosmologie on s'obligeait à commencer par présenter le géocentrisme et qu'on employait le terme d'agéocentrisme.

Cette tendance à s'interdire l'émancipation qu'à l'idéologie anarchiste se retrouve également dans la fameuse devise "ni dieu, ni maître". Elle se condamne ainsi à rester dans l'ombre des idées auxquelles elle s'oppose, car un mouvement purement contestataire ne peu exister sans l'élément auquel il s'oppose et ne peut donc exister qu'en marge de cet élément.


On peut distinguer au moins trois situation possibles :

  • l'individu ignore[2] la notion, son identité en est indépendante ;
  • l'individu reconnaît la notion (qu'il l'accepte ou la réfute), elle fait partie de son identité ;
  • autrui qualifie l'individu vis à vis de la notion, indépendament de la position de ce dernier.

Ainsi si l'on prend le cas de l'athéisme (du grec atheos : ἄθεος, composé du ἀ- privatif + θεός dieu) signifie « sans-dieu ») qu'on ne saurait définir sans expliquer la notion de dieu, on pourrait avoir :

  • quelqu'un qui n'attacherait aucune importance au concept de dieu, ne faisant rien – du moins de manière qu'on puisse directement lui imputer – en conséquence de l'existence de cette notion ;
  • quelqu'un qui voudrait résolument se définir athée, et bien loin de faire disparaître la notion de dieu, en ferait une partie intégrante de son identité ;
  • autrui qui définirait la personne athée.

On voit bien que dans le premier cas, à moins d'autrui pour perpétuer la notion de dieu, celle-ci disparaîtrait avec l'indifférence. En revanche dans le second cas, même en l'absence d'autrui, la notion de dieu survivrait dans sa négation.

Se définir dans l'opposition, n'est-ce pas se construire une identité voué à exalter la notion rejeté ? Mais il faut bien distinguer les deux situations, le désintéressement et le rejet.

Ce n'est pas parce qu'on le crois pas aux licornes qu'on se définie comme alicorniste et qu'on argumente ardemment leur inexistence.

Ce n'est pas parce qu'on le crois pas aux naufasijes[3] qu'on se définie comme annaufasijiste[4] et qu'on argumente ardemment leur inexistence. Et si l'auteur partait dans une envolé lyrique sur l'inexistence des naufasijes, les définissant au passage pour mieux démontrer leur incongruités intrinsèques, en en faisant quelques dessins qui démontrerait l'absurdité de leur anatomie, à travers ces actes l'auteur ferait surtout prendre forme à un mythe, alors que rien n'en dire eu laissé les naufasijes au néant.

En un sens, l'efficacité de la négation d'un concept est inversement proportionnelle à l'effort qu'elle demande de fournir, voir de maintenir, car elle nourrie d'autant l'argument ontologique de son existence (l'objet existe car le concept existe).

Cela étant se détourner d'un mauvais chemin, d'une « idée fausse », ne nous dirige pas nécessairement sur un chemin plus pertinent, au contraire, sans indication sur les chemins les plus prometteurs, la probabilité est grande de se retrouver sur un autre chemin au moins aussi mauvais. Une personne qui dit que l'Univers est centré sur elle-même et une autre qui annonce que l'Univers n'a pas de centre sont toutes deux « agéocentristes », mais les implications de leurs hypothèses sont radicalement différentes.

Notes et références

  1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchie
  2. C'est à dire qu'il ne la connaît pas du tout ou ne lui porte aucun intérêt
  3. Mot inventé pour la démonstration et sans le moindre sens connu de l'auteur
  4. C'est à dire qui ne crois pas aux naufasijes, quoi que cela puisse être.

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Auteurs de l'œuvre originale : psychoslave

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