Sur les MTI

La culture en toute liberté.
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Cette œuvre est une ébauche.

Vous êtes invité à participer à sa conception.

Le siècle dernier à vu l'apparition de l'outil informatique. Cet outil ouvre les portes d'une nouvelle aire, celle de l'information. Il y a cependant un problème qui bloque la formidable avancée que représente cet outil, un problème juridique.

En effet, pour un particulier il était avant cela impossible de se passer d'un éditeur pour atteindre un large public, pour des raisons budgétaire évidentes. Or un auteur à bien souvent la volonté de vouloir partager son œuvre au plus grand nombre. Le public lui aime à disposer d'œuvres, dont il peut apprécier le résultat, le partager avec ses proches, voir les reprendre, comme le simple fait de chanter une chanson.

Avec l'apparition de l'informatique et du réseau des réseaux, l'internet, publier un document à un large public sans passer par un éditeur est devenu tout à fait possible. Cela ne plaît bien entendu pas aux éditeurs, qui comparent quiconque faisant ainsi usage de sa liberté d'expression à de sanglants pirates qui assassinent la culture. La conception et la diffusion de culture est une caractéristique intrinsèque à l'humanité. En tout temps et en tout lieu, indépendamment des conditions et des systèmes économiques dans lesquelles ils vivaient, tous les êtres humains ont conçu des œuvres culturelles. On ne saurait éteindre les pratiques culturelles humaines sans éteindre l'humanité elle même.

C'est pourtant le scénario catastrophe que nous prophétise nombre d'éditeurs d'œuvres culturelle.


Sommaire

Des nombres et des propriétaires

Imaginez une société où chaque individu se voit conférer le droit de s'approprier des nombres, quel qu'il fut, tant que personne n'ai précédemment réclamé ce droit. Dans cette société, utiliser d'une quelconque façon, ne serais-ce qu'écrire un nombre qui s'est vu réclamé de ce droit serait illégal sans l'accord de son «propriétaire». Une entreprise privée de gestion des droits sur les nombres serait dans son droit de faire payer les écoliers pour avoir interprété un des nombres dont elle détiens les droits. Rendre difficile la copie de nombres sans autorisation deviendrais un enjeu majeur pour les personnes qui monopolisent des quantité colossales de ressources via l'exploitation de ce droit, si bien que d'énormes fortunes seraient dépensées pour empêcher les capacités techniques des gens à copier des nombres, en plus des ressources dépensées dans de grandes propagandes visant à faire circuler l'idée que copier, partager ou utiliser d'une quelconque manière un nombre sans l'accord de son propriétaire est un acte immorale et honteux.

Si vous ne l'avez pas encore compris et qu'une telle société vous semble ridicule, le réveil risque d'être difficile : cette société, c'est celle dans laquelle vous vivez! Ce droit vous le connaissez sous le nom de droit d'auteur. Les nombres ce sont ceux issus de la révolution numérique. Les limitations techniques ce sont les <acronym title="Digital Right Management pour «Gestion Numérique des droits»">DRM</acronym>, qui rend plus difficile la copie numérique. La propagande c'est celle qui vous fait utiliser le mot piratage pour qualifier une utilisation de votre liberté d'expression, la copie et le partage d'informations.

La création, une recherche comme une autre

Dans cette partie nous ferons la peau à un mythe bien encré dans l'esprit populaire, celui de l'artiste qui fait jaillir des créations du néant.

L'illusion de la création

Quand on pense à un auteur, on se figure souvent une personne pleine d'imagination, qui va puiser son inspiration au plus profond de ses entrailles, pour en sortir quelque chose d'unique, que nul autre n'aurait pu créer.

Il y a en fin de compte bien peu de réel dans cette image populaire. Tout d'abord, on ne conçois pas une œuvre de bonne qualité sans un minimum de documentation préalable. De plus les inspirations viennent bien plus souvent de récupération d'événements vécus, d'histoires entendues, ou tout simplement d'autres œuvres que d'une quelconque «voix intérieur».

Concentrons nous tout de même sur cette «voix intérieur», pour mieux démystifier ce que font les auteurs. Un auteur utilise des outils, aussi bien physiques qu'abstrais pour concevoir une œuvre. Ce sont surtout les outils abstrais qui nous intéresse ici. Par exemple, un écrivain utilise des symboles (des lettres ou des idéogrammes) pour écrire des textes.

Le conte est bon

Nous allons maintenant voir comment une machine qui compte et peut stocker les résultats de ce compte peut faire plus que ce que ne feront jamais tout les artistes que la Terre ne portera jamais.

Pour prouver cela, nous avons besoin d'une petite démonstration mathématique. Pas de panique, si vous savez compter, cette démonstration est à votre porté.

Soit n et m, deux entiers naturels non nuls.

Soit S un ensemble fini de n symboles (en mathématique on parle également de digit). Soit P, l'ensemble des mots de longueur m, composés des symboles compris dans S. P(n,m) est alors un ensemble fini de <math>n^{m}</math> mots.

La méthode la plus simple pour générer un ensemble P tel que nous l'avons définie, c'est tout simplement de compter. En effet, compter est l'action d'énumérer des mots que l'on peu produire à partir d'un nombre fini de symbole, une fois donnée un ordre de priorité à chaque symbole. Habituellement nous utilisons le système décimal, composé des dix symboles suivants énumérés dans l'ordre de priorité que nous connaissons tous : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9.

Mais il est tout a fait possible de compter avec plus ou moins de symboles que cela. Par exemple on peu se contenter des symboles 0 et 1, et compter en binaire; ou encore d'ajouter les symboles A, B, C, D, E, F à la liste précédente pour compter en hexadécimal.

Dans la manière courante de compter, il est donc toujours spécifié le nombre de symboles utilisés, qui correspond dans notre énoncé à la variable n. En revanche on ne précise pas la longueur de nos mots, qui correspond à la variable m, car on compte généralement, du moins en théorie, dans un ensemble infini. En pratique on travail toujours avec des nombres (les nombres étant ici les mots qu'on génère) ayant un nombre fini de symboles.

Notons que le symbole nul 0 peut être ajouté infiniment en début et fin de mots; après la ponctuation qu'est la virgule pour ce qui concerne la fin. Aussi si l'on avais tout le temps le soucie du détail on préciserais tout le temps la taille de nos nombres, le fameux m. Pour une taille de trois symboles, on compterais donc 000, 001, … , 999 et non pas 0, 1, … , 999.

Maintenant que nous avons bien tout cela en tête, nous pouvons compter tous les contes imaginables. Cela en surprendra peut être, mais oui, toutes les œuvres possibles et imaginables peuvent être… comptées!

Prenons donc l'exemple des œuvres textuelles. Nous pouvons partir de l'ensemble de l'alphabet latin. Par chance cette liste de symbole dispose déjà d'un ordonnancement fort connu. Ajoutons y tout de même un caractère pour marquer quelques séparations, le point «.». Enfin rajoutons un caractère d'espacement au début de notre liste. Pourquoi au début? Parce que notre caractère d'espacement jouera ici un rôle similaire à celui de notre 0 pour nos nombres.

Nous avons donc la liste de symboles suivante : « abcdefghijklmnopqrstuvwxyz.» composé de vingt huit symboles. Nous pourrions donc maintenant générer une infinité de textes avec cela. Au moins en théorie. Dans la pratique, on est toujours limité par le temps que l'on met à concevoir un texte et l'espace pour stocker les textes ainsi produits. Il faut donc avant tout choisir la taille des mots que nous voulons produire.

Commençons modestement par les mots de longueur trois. Nous pouvons calculer qu'il en existe <math>28^3=21952</math>. Le premier mot de notre compte sera «   ». Vous ne voyez rien entre ses guillemets, et si vous avez bien suivi, vous avez bien entendu compris que notre premier mot est composé de trois espaces. De même vous aurez deviné que le dernier mot de notre liste sera «...». Pour des raisons pratiques nous nous passerons ici de répertorier les 21950 autres mots de notre compte.

Des mots de longueur trois, cela n'est pas très distrayant à lire, mais l'on peut compter des mots plus long. Ainsi,

«le petit lapin blanc se fait lapider.»

est un mot de longueur trente sept composé avec la même liste de symboles. Ce mot viens dans notre compte juste après «le petit lapin blanc se fait lapiderz» et avant «le petit lapin blanc se fait lapidef ».

Il s'agit là d'un mot que l'on aura simplement compté, mais vous l'aurez remarqué, il correspond également à une phrase (à une majuscule près) auquel nous attribuons un sens précis. La plupart des mots que l'on peut concevoir ainsi ne nous paraîtrons pas avoir de sens, plus précisément n'ont pas de sens dans la langue française (voir aucune autre). Par contre toutes les phrases auxquelles on peut attacher un sens, que l'on peut concevoir, quel que soit la méthode pour les concevoir, font parti d'un ensemble qu'on peut générer en comptant.

En modifiant la variable $m$ on peut ainsi obtenir des textes plus ou moins long. On pourrait ainsi imaginer générer automatiquement par un ordinateur les <math>28^{1024}</math> textes possibles de 1024 caractères à partir de notre liste de symboles, simplement en les énumérant les uns après les autres. Et en se faisant, nous compterions évidemment tous les contes soumis aux même exigences.

Si c'est la génération de texte que l'on a pris ici en exemple, les mêmes principes peuvent s'appliquer pour générer des sons, des images ou tout autre forme d'œuvres, toujours en énumérant un compte à partir d'une liste fini de symboles.

À propos de la contre-façon du droit d'auteur

Les détracteurs du partage culturel n'hésite pas à faire les comparaisons les plus calomnieuses (« pirate », « viol du droit d'auteur ») en le présentant comme un acte immorale. S'il existe bien un problème économique, celui de la répartition des richesses, il n'est en rien dû à ce partage. Ce que les détracteurs de ce partage n'apprécient pas, c'est que l'évolution de la technique ai rendu caduque leur moyen de monopoliser des ressources que représentait leur posture de goulot d'étranglement à la duplication de l'information.

Leurs exemples sont révélateurs, et notamment la fameuse analogie avec le vol d'objets matériels d'échelle humaine. Selon cette analogie, le fait de dupliquer de l'information sans le consentement de son émetteur initial serait équivalent à aller chez son voisin, sans son consentement, pour y dérober par exemple une pomme. Ce ne serait effectivement pas très courtois et nous priverions notre voisin de sa pitance.

Mais une analogie correcte serait plutôt la suivante. Un voisin présente sur une place publique en vue de tous une belle pomme, qu'il a fait pousser à la sueur d'un pommier. Rentrant chez eux, ayant été mis en appétit par la pomme, des concitoyens utilisent leur remodeleur de matière pour transformer un matériaux quelconque en une réplique exacte de la fameuse pomme, dont ils ont capturé la configuration spatio-temporelle à l'aide de l'appareil conçu à cet effet.

Évidemment, nous ne disposons pas encore de telles machines, mais il s'agirait là de l'équivalent à la matière de ce que l'ordinateur est à l'information. Pour revenir à notre exemple, on constate que notre voisin n'est en rien lésé par le fait qu'on ai dupliquer sa pomme. Il reste que l'effort de conception de l'arbre ce fameux voisin pour produire trouver la pomme n'aura pas été rémunéré.

Mais qu'est-ce qui justifierais que le voisin dispose d'un quelconque privilège sur la configuration spatio-temporelle qui forme cette pomme ? Du moment que cette configuration n'est pas aisément et automatiquement duplicable, nous ne pouvons jouir tous deux de cette pomme aussi a-t-on besoin de s'organiser pour en faire l'usage qui conviendra le mieux à tous les parties.

Mais ici il n'est plus question de si disputer la pomme, mais le droit de la dupliquer. Car en prétextant l'effort nécessaire à la découverte de la pomme, caché entre deux sournoises branches d'une lugubre prairie, le voisin c'est vu attribuer un monopole juridique sur la multiplication de cette pomme.

Le plus dérangeant n'est pas tant le fait que ce voisin puisse obtenir un tel monopole temporaire, mais que la limite des ressources qu'il peu monopoliser par ce biais n'est pas proportionnel à ce qu'il à lui même investie pour la découverte de cette pomme.

Informations légales

Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source :

Auteurs de l'œuvre originale : psychoslave

Licences : N/A

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