Varsovie express/SEQUENCE 19

La culture en toute liberté.
Aller à : Navigation, rechercher

<<varsovie express/SEQUENCE 18 | varsovie express/SEQUENCE 20>>

Informations légales

Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source : http://www.varsovie-express.com

Auteurs de l'œuvre originale : Joseph Paris

Licences : N/A

SEQUENCE 19 EXTERIEUR / JOUR / THEATRE DE VARSOVIE

Puis Sohan se réveille, sur les marches du théâtre de Varsovie. Quelqu’un le secoue, c’est pour ça qu’il se réveille. Il ouvre péniblement les yeux. Le soleil frappe déjà fort. En contre jour, il distingue un visage qu’il semble connaitre, qui le fixe. Il murmure :


« Nadzieja ... »


Elle l’aide à se relever puis lui dit :


NADZIEJA :

Qu’est ce que tu fais là ? Et dans cet état ?


SOHAN :

Je ... Je suis venu pour vous hier soir, vous n’étiez pas là.


NADZIEJA :

Il y a eu un changement dans la programmation, je joue ce soir. Je suis désolée, je n’avais aucun moyen de te prévenir ...


Sohan ne dit rien. Elle reprend :


NADZIEJA :

Et pour tout te dire...je ne pensais pas que tu viendrais. Bravo Monsieur, vous avez réussi à me toucher.


Sohan sort une feuille de papier pliée de sa poche arrière. Il la tend vers elle.


SOHAN :

Ces derniers temps à Paris, j’essayais d’écrire mais décidément l’inspiration me manquait, cela faisait plusieurs jours que je butais sur ma page blanche. Alors j’ai pris un train pour Varsovie, au hasard. Et puis je vous ai vu. Nous avons discuté et j’ai rejoint ma cabine. J’ai regardé le paysage et je pensais à vous. J’ai repris mon stylo et j’ai écris ça, pour vous. Tenez, lisez si vous le voulez bien.


Elle prend le papier et l’ouvre. Sohan ajoute :


SOHAN :

C’est un poème.


Elle lit à voix basse.


« Deux enfants au bord d’un étang, Une porte au milieu d’un champ, Une échelle pour monter au toit, Et pendant ce temps, je pense à toi,


Des gitans sur le bord des rails, En une seconde mon coeur déraille, Le caddie de restauration passe, Aime-moi pour que je ne trépasse,


Une cabane abandonnée, Je respire tes pensées, « Dernier passage, boissons, sandwich, barres chocolatées, » Impassible mirage, cupidon, bitch ou simple beauté ?


Un homme promène son chien, Je ne te comprends rien, Les HLM défilent, Dans ton esprit je me faufile,


Le chef de gare donne du sifflet, Ecoutez-moi, s’il vous plait, Un voyageur se lève, Vous hantez mes rêves,


Un mur envahi de liège, La séduction me joue des piéges, Pour vos yeux clairs, Je quitterai ma terre,


Je vois du linge en train de pendre, Je n’essaye pas de vous comprendre, A tous les modes, à tous les temps, Je vous aime simplement. »


Elle marque un temps après sa lecture. Sohan n’a pas bougé, il la fixe.


NADZIEJA :

Ecoute Sohan ...


Lui ne dit rien, son corps entier suspendu à ses lèvres. Elle le regarde.


NADZIEJA :

Je ... je suis déjà très touchée par le fait que tu sois venu, je suis presque inquiète de t’avoir trouvé là, sur les marches, et maintenant tu me donnes cette lettre ...


SOHAN :

J’en était sur, vous n’aimez pas ! Il lui prend la lettre


NADZIEJA :

Non ! Au contraire, elle est magnifique ! Elle reprend la lettre

Mais, tu vas trop vite, tu en fais des tonnes, ça ... ça m’impressionne, certes, mais ça m’effraie aussi ...


SOHAN :

Vous méritez dix fois plus que ce que je vous ai donné.


NADZIEJA :

Arrête ça !


Le visage de Sohan se contracte, puis il baisse la tête et avoue d’un sourire gêné :


SOHAN :

Je suis ridicule, vous avez raison ...


NADZIEJA :

Non, je n’ai pas dit ça. Mais, je ne sais pas ... t’en fais trop, ça sonne faux, j’ai du mal à y croire ... Sois simple ...


Sohan répète simple en hochant doucement la tête. Elle l’observe avec compassion. Puis elle reprend pour changer de sujet :


NADZIEJA :

Et bien, en tout cas, ce n’est pas ordinaire de dormir ici, tu n’as pas fait de cauchemars ?


SOHAN :

Non. Pas de cauchemars, mais un rêve très étrange, je ne le comprends pas.


Elle s’assoit sur les marches et il vient la rejoindre.


NADZIEJA :

Raconte moi.


SOHAN :

J’ai rêvé que je me réveillais dans ma chambre. Dans mon rêve je l’observe en détail comme si je ne l’avais jamais vu, je contemple chaque objet, du sol au plafond. Et puis je vois la porte, c’est une porte en bois massif, très épaisse avec un numéro 18 qui brille comme de l’or. Je me lève alors péniblement, je titube jusqu’à la porte. Dans ce rêve j’avais très mal, comme si j’étais très malade. J’essaie désespérément d’ouvrir la porte mais je ne peux rien faire, je suis enfermé. Je me fatigue très vite et rapidement mes forces m’abandonnent et je tombe.


NADZIEJA :

Tu tombes ?


SOHAN :

Oui, au sol, et puis au bout de quelques instants, je me reprends un peu et donne de toutes mes forces pour me trainer jusqu’à mon lit. Je m’allonge, reprends ma respiration et me rendors.


NADZIEJA :

Curieux rêve pour conclure, avant de reprendre : Sohan, je dois aller en répétition. Je termine à 13h, je te propose qu’on se retrouve ensuite ici pour déjeuner ensemble ?


SOHAN :

Avec plaisir. Je vais aller visiter la ville en vous attendant.

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Wiki
Communauté
Dépôt multimedia
Boîte à outils