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Varsovie express/SEQUENCE 33

Marteau de juge

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Cette œuvre :

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Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source : http://www.varsovie-express.com

Auteurs de l'œuvre originale : Joseph Paris

Licences : N/A

EXTERIEUR / METRO / JOUR

Dans le métro, sur la ligne 5 entre Gare du Nord et Gare d’Austerlitz, Lucie regarde par la vitre du train, les yeux flous, le reflet hasardeux des voyageurs. Et dans le noir du tunnel elle voit les visages de ses clients d’aujourd’hui, tous ces gens trop bien lotis pour réaliser qu’elle, la vendeuse du guichet de la gare, ne peut pas s’offrir le luxe de partir d’ici. Et pourtant chacun peut lire dans ses yeux tristes qu’elle y pense chaque seconde de ses longues journées.


Puis l’image se fixe sur Sohan, le jeune homme venu acheter sans en avoir pleinement conscience un billet pour Varsovie. Sohan entre dans une cabine téléphonique. Il décroche le combiné et commence à composer machinalement un numéro.


Dans le métro, à coté de Lucie il y a un homme, environ 50 ans, les cheveux gras et sales, à l’entretien vestimentaire assez critique, et dont l’haleine renvoie des odeurs d’alcool bon marché : un homme communément définit par trois cruelles lettres : S.D.F.

Le téléphone de Lucie sonne.

Lucie attrape son téléphone, observe que le numéro lui est inconnu et s’apprête néanmoins à répondre.


S.D.F. Ne répondez pas.


Elle s’interroge un moment, regarde l’homme avec interrogation.

Il maintient, très gravement :


S.D.F. Ne répondez pas.


Le métro est sorti du tunnel souterrain et est maintenant en extérieur près de la station Quai de la Rapée.

Elle décroche.

La nuit tombe en l’espace d’une seconde.

Lucie et tous les voyageurs du train se lèvent, terrorisés.


La nuit tombe aussi sur le boulevard où se situe la cabine téléphonique.

Les lampadaires de chaque coté de la rue s’allument deux par deux.

La cabine téléphonique s’allume également.

Un instant passe. Calme plat dans le boulevard, aucune voiture ne passe, Sohan lève la tête puis la laisse tomber en arrière.


Dans le métro, la panique se maintient. Le SDF n’a pas bougé de son siège.


Sur le boulevard, tous les lampadaires de la rue explosent deux par deux sur toute la longueur de la rue. A la fin des explosions, la cabine téléphonique reste le seul endroit éclairé de la ville. Sohan, debout au milieu de la cabine, laisse tomber sa tête en arrière, le combiné du téléphone appuyé par sa main droite contre son épaule.

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