Yourcenar, poésie

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Poésies et poésies en prose regroupe l'ensemble de la poésie de l'écrivaine Marguerite Yourcenar.

Cet ensemble comprend quatre recueils de poésies :
- Le jardin des chimères;
- Les dieux ne sont pas morts;
- Feux;
- Les Charités d'Alcippe.

1- Le jardin des chimères Le Jardin des chimères est un recueil de poésies écrites par Marguerite Yourcenar et représente son premier ouvrage édité aux éditions Perrin en 1922. "Poèmes de jeunesse" jugea-t-elle d'un ton sévère ces textes qu'elle écrivit effectivement vers 1919, ajoutant "très ambitieux, très longs et très ennuyeux". Ambitieux dans la mesure où Icare représente le symbole de "celui de "la montée ers l'absolu", avec cette épigraphe de Desportes :

"Le ciel fut son désir, la mer sa sépulture,
Est-il plus dessein ou plus riche tombeau ?"

Ce jardin révèle les chimères de rêves éveillés qui voguent dans l’éther comme Icare. Mais pour cette helléniste, c’est aussi un symbole, hommage à Homère qui voyait dans la Chimère un monstre fabuleux dont le corps tenait à moitié du lion et à moitié de la chèvre. Elle en retient cependant un beau portrait du vieux Dédale conversant avec la Mort, pensant à un Icare éperdu de soleil ou à celui de Breughel. Le jardin des chimères, bien qu'il connût une diffusion confidentielle, intéressa le grand poète indien Rabindranath Tagore qui l'invita à venir le voir dans son pays.Ce qui eût pu changer beaucoup de choses à son destin, mais finalement le voyage ne se fit pas...

2- Les dieux ne sont pas morts

Un second recueil allai suivre, Les dieux ne sont pas morts, édité aux éditions Sansot en 1924, au titre qui cache une série de rencontres initiatiques avec les les plus grands poètes de la fin du XIXe siècle. Tentative intéressante cependant, qui montre la continuité de sa pensée, de ses curiosités car on y rencontre nombre de ses thèmes dans les poèmes qui composeront plus tard les textes de son recueil Les charités d'Alcippe. Déjà elle s'intéressait aux mythes et à l'antiquité ayant commencé très tôt le grec et le latin, visitant les ruines romaines de Provence à 16 ans et l'Italie deux ans plus tard.

Comme elle le dira dans une interview, contrairement aux prédictions de l’Occident, "les dieux ne sont pas morts". Le problème pense-t-elle, est que l’éducation religieuse populaire présente un dieu anthropomorphique et caricatural, « un dieu Père Noël ou un dieu Père Fouettard. » C’est à partir de ces images d’Epinal, de ces dogmes abstraits qu’on peut en conclure la mort de Dieu. Pour elle, Dieu est à la fois en chacun de nous et aux antipodes de nos faiblesses. Un dieu intériorisé, ontologique. « Ce qui meurt, écrit-elle, ce sont les formes, toujours restreintes, que l’homme donne à Dieu. »

3- Feux
Marguerite Yourcenar reconnaît que ce recueil de poèmes est en un sens exceptionnel, "un monologue personnel, extériorisé, désincarné". Ce sont tous ses mythes favoris qui sous tendent ses choix. "Un décor d'Orient modeste" ajoute-t-elle, personnages venus du lointain de la Grèce. Léna ou le secret par exemple, présente une conspiratrice qui se laissera torturer jusqu'au bout plutôt que d'avouer, même si elle ne sait rien ou si peu de choses. L'aveu suprême serait de reconnaître qu'elle jouait les utilités et qu'elle n'était en fin de compte qu'un 'second couteau'. Le refus de l'aveu est l'ultime sursaut de dignité d'une femme humiliée.

Récit intemporel se déroulant en des temps très anciens, un siècle avant Périclès, aussi bien que dans la Grèce des années 1930, au moment où elle rédige son livre. "Il va sans dire, remarque-t-elle, qu'à l'époque, je pensait aussi beaucoup à l'Espagne." Pour elle, Feux représente une volonté de "sortir de l'anecdote, enfermée dans un cadre très étroit" pour mettre en lumière ce qui ne se voit pas, "c'est-à-dire une flamme gaie et dure." C'est un livre au style rigoureux, utilisant très peu d'adjectifs mais "un livre entièrement brûlant." A relire son texte, elle est partagée , reconnaissant y avoir installé quelques énigmes échappant souvent au lecteur, des "traquenards" comme elle les nomment elle-même.

4- Les charités d'Alcippe, Gallimard, réédition 1984, ISBN 2070701727
Le thème du poème qui donne le titre à ce recueil, repose sur le sacrifice d'Alcippe, ce pouvoir qu'en fin de compte, il acquiert sur lui-même. Alcippe offre son cœur aux Sirènes, son âme aux statues de marbre, son corps aux morts et au-delà de la mort existe pour l'éternité, dépassant son sacrifice lui-même. On y retrouve ses thèmes favoris de l'antiquité grecque à l'Italie de la Renaissance dans ces cinquante-cinq pièces, écrites entre 1929 et 1963 aux formes multiples qui vont des vers classiques (alexandrins, hexasyllabes, octosyllabes) aux sonnets...

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