Alexis ou le Traité du vain combat

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ALEXIS OU LE TRAITE DU VAIN COMBAT : roman de Marguerite Jourcenar


Alexis ou le Traité du vain combat est un roman épistolaire de Marguerite Yourcenar qui se passe en Autriche un peu avant le début de la Première Guerre mondiale.

Présentation

C'est pour Marguerite Yourcenar une œuvre de jeunesse, un court roman écrit en 1927-1928. Elle précise dans la préface de la réédition de 1952 qu'Alexis Géra a réellement existé et qu'elle a voulu faire "le portrait d'une voix". Dans une longue lettre, Alexis, jeune musicien de vingt-quatre ans, parle à sa Monique du "vain combat" qu’il a toujours mené contre son homosexualité et pourquoi il a pris la décision de la quitter.

L'action se passe en Bohême à Woroïno où il lui écrit, revient sur leur vie, tente de s'expliquer. Pour lui, "plaisir et souffrance mêlés, deux sensations très voisines". Cadet maladif élevé par des femmes, Alexis supporte difficilement son homosexualité. Sa grande sensibilité ne sied guère à la pension où on l'a placé. Il y tombe malade, découvre la religion et la musique, revient près de sa mère et se lance à corps perdu dans la musique. Les circonstances écrit-elle, "sont timides et infatigables; elles vont et viennent devant notre porte...".

Pour fuir son penchant , il s'installe à Vienne où il constate que ni les choses ni les gens ne sont heureux. Il lutte vainement contre ses désirs et tombe de nouveau malade mais , invité à la campagne par une cousine, il rencontre sa future épouse Monique Thiébaut. Ce qui le séduit en elle, c'est sa sérénité, qualité rare chez une femme pense-t-il. Il espère qu'elle peut le sauver tout en étant conscient qu'il lui "vole son avenir". Mais ses tourments rongent le couple et il faudra la venue d'un fils, même s'il se sent "timide devant cet enfant qu'il fallait embrasser", pour qu'il se remette au piano.

Cette vie de silence qui étouffait sa musique intérieure va s'effacer devant son amour pour la musique, le libérer enfin de ses fantômes. "Mes mains Monique, lui écrit-il, me libéraient de vous". Elle comprendra espère-t-il, comprendre étant pour lui beaucoup plus rare que de savoir pardonner. Ce texte fonde la structure érotique des œuvres de Marguerite Yourcenar. L'aristocrate -comme Yourcenar alias Cleenewerck de Crayencour- est l'homme de l'être et le bourgeois l'homme du faire.

D'après une interview de "Les yeux ouverts"

Au moment où Marguerite Yourcenar commence son roman, « elle a 24 ans dit-elle, je commençais à connaître assez ce qu’on appelle "la vie" pour m’intéresser à une existence contemporaine. » En fait, elle le fait naître 20 ans plus tôt que celui qu’elle a connu, nécessité pour elle de prendre du recul pour saisir la richesse de l’instant présent, méfiance par rapport à un présent qu’elle nomme "actualité" et qui n’est souvent que « la couche la plus superficielle des choses. »

Contrairement à beaucoup de commentaires qui y décèlent des accents gidiens, elle y voit plutôt l’influence de Rilke. Il est vrai que le titre Alexis ou le traité du vain combat rappelle Le traité du vain désir de Gide. Alexis, jeune homme sensible, aime sa femme tout en étant homosexuel. Il décide finalement de la quitter après maints atermoiements et de lui écrire les raisons de son choix. Mais précise-t-elle, « une sorte de tendresse répandue par Alexis sur les êtres et les choses, tout cela est bien plus près de Rilke. » Elle qualifie son style de « continuel tremblement » qui le rapproche d’un autre texte peu connu Dialogue dans un marécage.

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