Adieu, cher camarade

La culture en toute liberté.
Aller à : Navigation, rechercher

Informations légales

Tout ou partie de cette œuvre est basé sur une œuvre entrée dans le domaine public.

Vous pouvez retrouver la version entrée dans le domaine public en consultant l'œuvre initialement importée dans l'historique.

Sauf absence de modification, l'œuvre diffusée sur cette page est, elle, sous licence art libre.

Source : http://thierry-klein.nerim.net/adieuche.htm

Auteurs de l'œuvre originale :

Licences : Domaine public

Chanson traditionnelle de Bretagne

Adieu, cher camarade, adieu, faut se quitter, Faut quitter la bamboche, à bord il faut aller. En arrivant à bord, en montant la coupée, D'vant l'officier de quart il faudra se présenter, Faudra se présenter !

Coup de sifflet du maître : « Poste d'appareillage ! » Autour du cabestan se range l'équipage ; Un jeune quartier-maître, sa garcette à la main, Aux ordres d'un second maître nous astique les reins, Nous astique les reins !

Ah ! Qu'elle est triste et dure la vie de matelot : On mange des gourganes, on ne boit que de l'eau, On couche sur la dure, sur de vieux lits de camp, On fait triste figure quand on n'a pas d'argent, Quand on n'a pas d'argent !

Jours de fête et dimanches, il nous faut travailler Comme les bêtes de somme qui sont chez nos fermiers. Un jeune quartier-maître nous dit  : « Dépêchez-vous ! » Les forçats de Cayenne sont plus heureux que nous, Sont plus heureux que nous !

Et vous, jeunes fillettes qui avez des amants, Bourlinguant tout là-bas, à bord des bâtiments, Ah ! Soyez-leur fidèles, gardez bien votre coeur, A ces marins modèles qui ont tant de malheur, Qui ont tant de malheur !

Et toi, ma pauvre mère, qu'as-tu fait de ton fils ? Marin, c'est la misère ! Marin, c'est trop souffrir ! J'ai encore un p'tit frère, qui dort dans son berceau ; Je t'en supplie, ma mère, n'en fais pas un mat'lot, N'en fais pas un mat'lot !

Et si je me marie et que j'ai des enfants, Je leur casserai un membre avant qu'ils ne soient grands ; Je ferai mon possible pour leur gagner du pain Le restant de ma vie, pour qu'ils ne soient pas marins, Pour qu'ils ne soient pas marins.





  • Bamboche : (petite) débauche.
  • Coupée : Ouverture faite dans la muraille d'un navire au-dessus du pont supérieur par laquelle on communique avec l'échelle d'entrée ou de sortie du bord. Par extension cette échelle.
  • Coup de sifflet : les ordres étaient souvent (le sont toujours sur les bâtiments de la Marine Nationale) donnés à l'aide d'un sifflet sous la forme d'une succession de sons variés ; cela avait l'avantage d'être audible même par gros temps et c'était plus court qu'un ordre verbal.
  • Maître : ou premier maître de manœuvre, ou maître d'équipage, est chargé de l'exécution des ordres qui concernent le gréement, l'installation du navire, la manœuvre et les opérations importantes du bâtiment, telles que halage, changement de mouillage, abattage (couchage d'un bâtiment sur un de ses flancs). Il commande ordinairement au sifflet et le second maître aussi.
  • Maître : gradés et officiers mariniers (sous-officiers) : dans l'ordre (le premier grade correspondant à celui de caporal), quartier-maître (1re et 2e classe), second maître (1re et 2e classe), maître, premier maître, maître principal.
  • Cabestan : treuil vertical placé sur les ponts d'un bâtiment.
  • Garcette : sorte de cordage court (que le quartier-maître doit utiliser comme fouet pour « astiquer les reins » des matelots).
  • Gourgane : fève de marais.
  • Bourlinguer : éprouver de la fatigue par cause de mauvais temps ou de manœuvres longues et pénibles ; s'applique aux navires comme aux hommes.

Interprétations

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Wiki
Communauté
Dépôt multimedia
Boîte à outils