Blanche Neige

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Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source : http://pegasus.ouvaton.org/article.php3?id_article=88

Auteurs de l'œuvre originale : Jacob Grimm, Wilhelm Grimm, René Bories

Licences : N/A

Il était une fois, au milieu d’un hiver, alors que les flocons de neige tombaient du ciel comme un duvet, une reine qui brodait près de sa fenêtre à l’encadrement en ébène noir. Et tandis qu’elle brodait en regardant la neige, elle se piqua le doigt. Trois gouttes de sang tombèrent dans la neige. Le rouge du sang constrastait de beauté sur le blanc de la neige, elle pensa alors : si j’avais un enfant, aussi blanc que la neige, aux lèvres aussi rouges que le sang et aux cheveux aussi brun que le noir du cadre de ma fenêtre !

Peu après, elle eut une fille qui était aussi blanche que la neige, aux lèvres aussi rouge que le sang et aux cheveux aussi noir que l’ébène du cadre de sa fenêtre et qui reçut pour nom "Blanche-Neige". La reine mourut lorsqu’elle eut mis l’enfant au monde, une année passa avant que le roi ne reprît épouse. C’était une belle femme mais elle était très fière, très autoritaire et ne supportait pas que la beauté de quiconque surpasse la sienne. Elle possèdait un miroir magique et quand elle venait s’y regarder, elle lui parlait ainsi : -Miroir, miroir sur le mur, qui est la plus belle dans tout le pays ? et le miroir lui répondait -Reine, vous êtes la plus belle dans tout le pays."

Elle était alors satisfaite car elle savait que le miroir lui disait la vérité. Cependant Blanche-Neige grandissait et devenait de plus en plus belle et un beau jour elle fut plus belle que la reine elle-même. Et quand la reine interrogea son miroir : -Miroir, miroir sur le mur, qui est la plus belle dans tout le pays ? il lui répondit : -Reine, vous êtes la plus belle ici, mais Blanche-Neige est mille fois plus belle que vous.

Alors la reine s’effraya, devint jaune puis verte de jalousie. Plus tard en observant Blanche-Neige, son coeur se retourna dans sa poitrine. Ainsi elle haïssait la jeune fille. La jalousie et la fierté croissaient toujours plus en son coeur telles de mauvaises herbes au point que jours et nuits elle ne trouvait plus la paix. Elle fit venir un de ses chasseurs et lui dit : -Emmène l’enfant dans la forêt, je ne veux plus la voir devant mes yeux. Tu dois la tuer et me rapporter son foie et ses poumons comme preuve de sa mort. Le chasseur obtempéra et l’emmena dans les bois, alors qu’il se saisissait de son couteau de chasse pour percer le coeur de Blanche-Neige elle se mit à pleurer et dit : -Hélas, bon chasseur, laisse moi la vie ! Je m’enfuirai dans la forêt et je ne reviendrai plus jamais. La beauté de l’enfant eut raison de la volonté du chasseur qui prit pitié et il lui dit : -Cours donc ! pauvre enfant ! Les bêtes sauvages auront tôt fait de te dévorer pensa-t-il et son coeur se serra car il n’avait plus besoin de la tuer. Un jeune broquart vint à passer qu’il tua pour lui prendre le foie et les poumons comme preuves de la mort de l’enfant. Le cuisinier les mit à cuire dans le sel et la méchante femme les dévora et put enfin dire qu’elle avait mangé le foie et les poumons de Blanche-Neige.

Maintenant, la pauvre enfant était dans la forêt, seule et orpheline de sa mère. Sa peur était si grande que toutes les feuilles des arbres la voyant ne savaient pas comment elles pouvaient l’aider. Elle se mit soudain à courir, tomba sur des pierres tranchantes et dans les buissons d’épines. Les bêtes sauvages bondissaient autour d’elle mais sans lui faire de mal. Elle courut aussi longtemps que ses jambes pouvaient la porter jusqu’à ce que la nuit tombe. Elle vit alors une petite hutte, elle s’y précipita pour s’y reposer. À l’intérieur tout était petit mais si mignon et propre qu’elle en resta muette de surprise. Une petite table avec sept petites assiettes était dressée et décorée d’une nappe blanche, près de chaque assiette une petite cuiller, une petite fourchette et un petit pichet. Près du mur, sept petits lits alignés côte à côte étaient chacun recouvert d’un drap blanc. Blanche-Neige, affâmée et assoiffée mangea dans chaque petite assiette un peu de légumes et de pain et but dans chaque pichet une goutte de vin ; car elle ne voulait pas tout prendre. Enfin épuisée elle s’allongea dans un des petits lits mais aucun ne convenait, un était trop long l’autre trop petit sauf le septième qui était assez long, elle s’y allongea, y fit sa prière et s’y endormit.

Lorsque l’obscurité fut tombée, les propriétaires de la hutte arrivèrent, c’était sept nains qui creusaient la montagne. Ils allumèrent leurs sept petites chandelles et quand la lumière éclaira la petite hutte, ils virent que quelqu’un s’y était assis et que tout n’était plus dans l’ordre dans lequel ils l’avaient laissée. Le premier questionna : -Qui a mangé à ma place ? le second : -Qui a mangé dans mon assiette ? le troisième : -Qui a mangé de mon pain ? le quatrième : -Qui a mangé de mes légumes ? le cinquième : -Qui a piqué avec ma fourchette ? le sixième : -Qui a coupé avec mon couteau ? et le septième : -Qui a bu dans mon gobelet ?"

Puis le premier regarda autout et vit que sur son lit, il y avait une petite forma et demanda : -Qui s’est allongé dans mon lit ? Les autres accoururent et crièrent : Quelqu’un s’est aussi couché dans le mien ! Le septième lorsqu’il vit son lit, regarda Blanche-Neige allongée et endormie. Il appela alors les autres qui approchèrent et s’écrièrent étonnés en tenant leurs sept petites chandelles pour éclairer l’enfant. -Mon Dieu, mon Dieu ! s’écrièrent-ils, -que cette enfant est belle ! Et ils furent si heureux qu’ils ne la réveillèrent pas mais la laissèrent dormir dans le petit lit. La nuit durant les sept nains à tour de rôle, toutes les heures, se relayèrent à son chevet. Au petit matin, Blanche-Neige eut peur en apercevant les sept nains. Mais ils étaient amicaux et lui demandèrent : -Comment t’appelles-tu ? -Je m’appelle Blanche-Neige ! répondit-elle. -Comment es-tu arrivée dans notre maisonnette ? demandèrent-ils encore. Elle leur expliqua que sa belle-mère avait voulu la faire tuer par son chasseur mais que celui-ci lui avait laissé la vie sauve et qu’elle avait marché tout le jour jusqu’à ce qu’enfin elle trouve leur maisonnette. Les nains lui demandèrent alors : -Voudrais-tu prendre soin de notre demeure, faire la cuisine, les lits, la lessive, la couture et le tricotage, veux-tu tout tenir en ordre ? Tu pourras ainsi rester avec nous et il ne te manquera rien. -Oh oui répondit Blanche-Neige, volontier, de tout mon coeur ! Et elle resta parmi eux. Elle tenait la maisonnette en ordre. Le matin ils se rendaient dans leur mine pour extraire le minerai d’or et le soir ils revenaient pour trouver leur repas prêt. La journée durant, la jeune fille était seule ; les bons petits nains la mirent en garde : -Protège-toi de ta belle-mère, elle saura très vite que tu es ici ; ne laisse personne approcher ! La reine croyant avoir mangé le foie et les poumons de Blanche-Neige, pensa qu’elle était de nouveau la plus belle et se rendit vers son miroir pour l’interroger : -Miroir, miroir, qui est la plus belle dans tout le pays ? -Reine, vous êtes la plus belle ici, mais Blanche-Neige par delà les montagnes, chez les sept nains, est encore mille fois plus belle que vous !. La reine était furieuse car elle savait que le miroir ne mentait jamais. Elle en avait conclu que le chasseur l’avait trompée et que Blanche-Neige était encore en vie. Puis elle repensa comment elle pourrait s’en débarrasser car aussi longtemps qu’elle ne serait pas la plus belle, sa jalousie qui la tenaillait ne lui laisserait aucun répit. Lorsqu’enfin elle y eut réfléchi, elle se maquilla et s’habilla en vieille épicière, si bien qu’on ne pouvait plus la reconnaître. Dans cette tenue, elle se rendit par dessus les sept montagnes chez les sept nains, frappa à leur porte et demanda : -De la bonne marchandise, par cher, pas cher ! Blanche-Neige regarda par la fenêtre et répondit : -Bonjour, chère Madame ! Qu’avez vous à vendre ? -De la bonne marchandise, répondit-elle, des bobines de rubans de toutes les couleurs. Et elle en montra une qui était garnie de soie multicolore. Je peux bien laisser entrer cette dame honorable pensa Blanche-Neige, et elle déverrouilla la porte et acheta les beaux rubans. -Mon enfant, dit la vieille, Comme tu es belle ! viens, je veux te parer soigneusement. Blanche-Neige confiante, se montra et se laissa parer des beaux rubans. Mais la vieille l’enlaça prestement et si fermement que Blanche-Neige perdit le souffle et tomba morte. -Jusqu’à maintenant tu étais la plus belle, dit-elle et elle prit la fuite.

Peu après, au crépuscule, les nains revinrent à leur maisonnette ; et furent horrifier en découvrant leur chère Blanche-Neige allongée inanimée sur le sol comme morte. Ils la relevèrent et virent qu’elle était étroitement enlacée ils coupèrent alors les lacets ; son souffle revint lentement et petit à petit elle reprit vie. Lorsque les nains l’écoutèrent raconter comment tout arriva, ils lui dirent : -La vieille épicière n’était rien d’autre que la reine impie. Protège toi et ne laisse personne entrer lorsque nous ne sommes pas avec toi !

La méchante reine une fois rentrée chez elle, se précipita devant son miroir et demanda : -Miroir, miroir sur le mur, qui est la plus belle en ce royaume ?

Il répondit comme à l’acoutumé :

-Reine, vous êtes la plus jolie ici mais Blanche-Neige par delà les monts chez les sept nains est mille fois plus belle que vous.

En entendant cela, son sang ne fit qu’un tour, et hargneusement, elle se rendit à l’évidence que Blanche-Neige était revenue à la vie. -Mais, j’ai pensé à quelque chose qui va remettre les choses en place. Pensa-t-elle. Avec un recette de sorcière qu’elle connaissait, elle fabriqua un peigne empoisonné. Elle prit alors l’apparence d’une autre vieille femme et elle se rendit par dessus les sept monts chez les sept nains et frappa à la porte et annonçant : -De la bonne marchandise, pas cher, pas cher ! Blanche-Neige regarda par la fenêtre et dit : -Va-t-en, je ne dois laisser entrer personne ! -Juste un regard, cela t’est bien permis ! dit la vieille en sortant le peigne empoisonné et en le lui tendant. Il lui plut tant qu’elle se laissa convaincre et ouvrit la porte. Lorsqu’elles se furent mises d’accord sur l’échange,la vieille dit : -Maintenant, je voudrais te peigner soigneusement. - La pauvre Blanche-Neige ne pensant pas à mal accorda à la vieille ce soin, mais à peine celle-ci eut-elle plongé le peigne dans ses cheveux, que le poison qui l’en imprégnait, agit prestement et la plongea dans l’inconscience et elle s’effondra sur le sol.

-Alors Idéal de Beauté ? interrogea la méchante femme, que t’arrive-t-il maintenant ? et elle s’enfuit. Par chance le soir déjà venait et les sept nains revenaient chez eux. Lorsqu’ils virent Blanche-Neige allongée comme morte sur le sol, ils pensèrent immédiatement à sa marâtre, cherchèrent et trouvèrent le peigne empoisonné. À peine l’eurent-ils oté de ses cheveux que Blanche-Neige revint à elle et leur raconta ce qui lui était arrivé. Ils lui rappelèrent une nouvelle fois de rester sur ses gardes et de n’ouvrir à personne.

La reine pendant ce temps se tenait devant son miroir et demanda : -Miroir, miroir sur le mur, qui est la plus belle en ce royaume ?

Il répondit comme précédemment :

-Reine, vous êtes la plus jolie ici mais Blanche-Neige par delà les monts chez les sept nains est mille fois plus belle que vous.

En entendant le miroir lui parler ainsi, elle se mit à trembler de rage. "Blanche-Neige" doit mourir "dussè-je y laisser ma vie !". Là dessus elle se rendit dans une salle isolée et voûtée où personne n’allait jamais et y prépara une pomme empoisonnée. À l’extérieur elle était splendide, blanche avec des flancs rouges, et quand on la regardait l’envie vous prenait d’y goûter mais si vous en mangiez un morceau et vous en mourriez sur le champ. Lorsque la pomme fut prête, la reine se farda le visage, s’habilla en paysanne et s’en alla par dessus les sept montagnes chez les sept nains. Elle frappa à la porte. Blanche-Neige tendit la tête à la fenêtre et déclara : -Je ne dois laisser personne entrer, les sept nains me l’ont interdit ! -Cela me suffit, répondit la paysanne, je veux me séparer de mes pommes. Là, je voudrais t’en offrir une. -Non, s’exclama Blanche-Neige, je ne dois pas les accepter ! -Aurais-tu peur du poison ? dit la vieille, regarde ! je coupe la pomme en deux ; tu manges la partie rouge, la blanche je la mange. Mais la pomme avait été préparée de telle façon que seule la partie rouge avait été empoisonnée. Blanche-Neige se réjouissait de la belle pomme et lorsqu’elle vit que la paysanne en mangeait, elle ne sut plus résister, tendit la main et prit la moitié empoisonnée. À peine eut-elle mordu dedans qu’elle tomba morte sur le sol. La reine l’observa d’un regard noir et éclata d’un rire sardonique et annonça : -Blanche comme la neige, rouge comme le sang, noire comme l’ébène ! Cette fois les nains ne pourront pas te réveiller. Et lorsqu’elle fut retournée au château et interrogea le mirroir : -Miroir, miroir sur le mur, qui est la plus belle en ce royaume ?

Il lui répondit enfin :

-Reine, vous êtes la plus jolie ici,

Finalement son coeur jaloux put enfin trouver la paix, autant qu’un coeur jaloux puisse trouver la paix.

Les nains, lorsqu’ils rentrèrent le soir dans leur chaumière, trouvèrent Blanche-Neige allongée sur le sol, aucun soufle ne sortait de ses lèvres, elle était morte. Ils la soulevèrent et cherchèrent si ils trouvaient quelque poison, lissèrent ses cheveux, la lavèrent avec de l’eau et du vin mais rien cela ne servit à rien ; la chère enfant était morte et bien morte. Ils l’allongèrent sur une civière et s’asseyèrent tous les sept la pleurer trois jours durant. Puis ils voulurent l’enterrée mais elle semblait tellement fraîche comme si elle était encore vivante avec ses joues si belles et si rouges. Ils eurent une discussion : -Nous ne pouvons pas l’ensevelir sous nos pieds, et ils lui firent un cercueil de cristal de sorte que chacun puisse la voir, ils l’étendirent dedans et écrivirent dessus en lettres d’or son nom et qu’elle était la fille d’un roi. Puis ils hissèrent la bière au sommet d’une colline où toujours l’un d’eux la veillait. Le peuple de la forêt vint aussi pour la pleurer, en premier une chouette puis un corbeau enfin une colombe.

Longtemps, longtemps, elle reposa en son cercueil sans se flétrir, elle semblait dormir, tout en restant aussi blanche que la neige, rouge que le sang et noir que l’ébène. Un jour un prince traversant les bois arriva à la maison des nains et y passa la nuit. Il vit le cercueil sur la colline et la belle Blanche-Neige qui y reposait, puis il lut ce qui y était écrit en lettres d’or. Il leur dit alors : -Laissez moi le cercueil, je vous en donnerai ce que vous en demanderez. Mais les nains répondirent : -Nous ne vous le donnerons pas pour tout l’or du monde ! Mais leur répondit : -Offrez le moi, car je ne peux pas vivre sans regarder Blanche-Neige et je veux l’honorer et la chérir comme ma bien aimée. En leur parlant ainsi, les nains eurent pitié de lui et lui offrirent le cercueil. Le prince la fit transporter sur les épaules de ses serviteurs. Tandis qu’ils le portait, il advint que ceux-ci trébuchèrent sur une touffe, le choc expulsa, de la gorge de Blanche-Neige, le morceau de pomme qu’elle avait croquée. Peu après, elle ouvrit les yeux, repousa le couvercle de la bière, inspira profondément et revint à la vie. -Mon Dieu, où suis-je ? s’écria-t-elle. Le fils du roi lui dit plein de joie : -Tu es mienne, et lui raconta se qui s’était passé et déclara : -Je t’aime plus que tout au monde ; viens avec moi dans le château de mon père, tu seras mon épouse.

Blanche-Neige étant bien avec le prince partit avec lui et bientôt leurs noces furent annoncées avec majesté et en grandes pompes.

Mais à la noce la marâtre fut aussi invitée. Vêtue de sa splendide robe elle se rendit devant son miroir et lui demanda :

-Miroir, miroir sur le mur, qui est la plus belle dans ce royaume ? Le miroir répondit : Reine, vous êtesla plus belle ici, mais la jeune reine est mille fois plus belle que vous.

Alors la méchante femme voulut fuir, elle était si effrayée qu’elle ne savait plus à quel Saint se vouer. Elle ne voulait plus se rendre au mariage mais comme elle ne s’apaisait pas, il lui fallait voir la jeune reine. Quand elle arriva, elle reconnut Blanche-Neige et se figea dans sa peur et sa frayeur. Mais des souliers de fers avaient déjà été mis à rougir dans le fourneau qu’on lui passa aux pieds pour qu’elle danse jusqu’à ce qu’elle s’écroule morte sur le sol.

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