Brassens Témoignages

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Les témoignages directs et documents divers ne manquent pas sur la vie et la carrière de Georges Brassens et le plus difficile est de sélectionner les plus pertinent ou les plus représentatifs, ceux qui sont vraiment des témoignages de première plan, de proches qui ont côtoyé Brassens tout au long de sa vie ou tout au moins, qui l'ont bien connu pendant quelques années ou qui apportent des détails parfois inédits sur un pan de sa vie qui donne un éclairage plus intime, plus personnel sur le personnage.

Sur la trentaine de livres qui a priori offrent un intérêt dans ce domaine, je vous propose de privilégier ceux des amis véritables, les copains de l'enfance sétoise, les amis du camp de Basdorf qui pour certains, ne l'ont ensuite guère quitté, ceux qui ont liés un grande amitié ensuite pendant sa carrière de chanteurcomme l'écrivain René Fallet ou des journalistes comme André Tillieu ou Josée Stroobants qui sont devenus de véritables amis.

Dans la veine de ma présentation sur les biographies consacrées à Georges Brassens, (Brassens biographies) et les études (Brassens études et essais), je vous propose cette fois de nous balader dans les morceaux choisis et parfois les confidences de ses amis.

Sommaire

Les amis de Sète et de Basdorf

Brassens avant Brassens (E. Miramont)

Brassens avant Brassens est un récit biographique écrit par Émile Miramont sur son ami, le chanteur et interprète Georges Brassens.

Références : Brassens avant Brassens, Émile Miramont, éditions L'Archipel, 214 pages, 2001, isbn 2-84-187327-7

Émile Miramont, dit Corne d'aurochs est l'un des amis d'enfance les plus connus de Brassens. Le chanteur brocarda gentiment son ami dans l'une de ses premières chansons qu'il enregistra, Corne d'aurochs . Pourtant Miramont est tourangeau né un an après Brassens et arrive à Sète quand il a huit ans. Amitié immédiate qui durera jusqu'à la mort du chanteur. Puis Émile Miramont ira se retirer à'Lombez, dans le Gers.

Quand en 1930 ils se rencontrent à Sète, ils ont huit-neuf ans et sont toujours ensemble. Georges est alors un garçon plutôt espiègle qui donne des surnoms à tout le monde, Miramont sera successivement le Tube, Corne de Roc transformé en Corne d'aurochs. Ils se retrouvent à paris quand Georges se planque chez Jeanne pour échapper au STO. Il rêve d'entendre les chansons qu'il compose interprétées par les artistes alors en vogue. Mais le succès, ou tout au moins une certaine reconnaissance tarde à venir et il est obligé d'aller travailler quelque temps chez Renault. C'est toute cette époque d'un Brassens méconnu que Miramont nous raconte, avec les personnages qu'on retrouvera un jour dans ses chansons : l'Auvergnat bien sûr, Jeanne et sa cane, le bricoleur, la traîtresse, Jo l'Amazone qui lui inspira plusieurs chansons dont P... de toi... De la maison familiale de la rue de l'Hospice à Sète (devenue pour sa partie haute la rue Georges Brassens) jusqu'à la rencontre avec Patachou en 1952, ce sera le temps des vaches maigres auxquelles Brassens s'accommode sans trop d'efforts dans un immédiat après-guerre plutôt morose en France jusqu'aux premières marches qui le mèneront copiner avec Les Trompettes de la renommée.

Émile Miramont nous peint un Brassens adolescent, rêveur qui goûte peu l'école, les copains et les filles, son éveil à la poésie et à la chanson, et cette affaire bénigne, cette histoire de petits larcins qui l'a pourtant marqué et lui laissera le goût amer de la mauvaise réputation. C'est à la suite de ça -et le renvoi du collège de tous les protagonistes de l'affaire- qu'il s'éloigne de Sète, rejoint l'appartement de sa tante Antoinette Dragosa rue d'Alésia à Paris où il trouvera -quelle aubaine- un piano et fera la connaissance de l'une des amies de sa mère, Jeanne Le Bonniec, une bretonne têtue qui se mariera avec Planche, l'auvergnat de la chanson.

Il y restera longtemps dans cette impasse Florimont où, tout démuni qu'ils étaient tous les trois dans la maisonnette sans commodités, Brassens a été heureux, chouchouté par Jeanne comme une mère poule... jalouse. L'homme aux cheveux longs -ce n'était pas vraiment la mode à l'époque mène plutôt une vie de 'poète maudit', fréquente les milieux anarchistes, sera même un temps rédacteur en chef d'un journal anarchiste Le Libertaire, se veut plutôt auteur-compositeur que chanteur et il faudra toute de ses amis d'enfance Roger Thérond et André Laville pour qu'il accepte de les accompagner jusqu'au cabaret de la chanteur-meneuse Patachou. La carrière de Georges Brassens peut commencer.

Brassens l'ami (M. Poletti)

Brassens l'ami est un récit biographique écrit par Mario Poletti sur son ami, le chanteur et interprète Georges Brassens.

Références : Mario Poletti, Brassens l'ami, éditions du Rocher, 163 pages, octobre 2001, isbn 2-26-804060-7

Ce livre de "l'ami Mario Poletti" se veut d'abord un témoignage sur des thèmes aussi variés que, comme l'indique le sous-titre « des souvenirs, des anecdotes, des conversations et des réflexions. »

Dans sa présentation Mario Poletti dit qu'il a écrit « à la fois un livre d'images et de conversations, réflexions, propos lancés à bâtons rompus. » C'est un témoignage d'autant plus intéressant que Georges Brassens « si discret et réservé face à son public était tout le contraire en privé. » Cet 'orfèvre des mots' avait beaucoup fréquenté les humoristes et un esprit très original qu'il a imprimé aux textes de ses chansons. Même s'il est difficile de transcrire et de faire ressentir au lecteur « le vécu de tant de soirées passées en sa compagnie avec les copains, » il s'efforce de nous transmettre cette flamme qu'animait le poète.

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Brassens me disait (M. Poletti)

Brassens me disait est un récit biographique écrit par Mario Poletti sur son ami, le chanteur et interprète Georges Brassens.

Références : Mario Poletti, Brassens me disait, éditions Flammarion, 233 pages, 2006, isbn 2-08-011635-2

Ce livre de 'l'ami Mario Poletti' nous présente Brassens sous un jour nouveau. Il est constitué de quelque 80 textes collectés par Poletti et agrémenté de nombreuses photographies. À partir de vingt années d'amitié et complicité, Georges Brassens est présenté d'une manière assez originale dans sa vie de tous les jours, avec son cercle d'amis si important pour lui, sa simplicité, sa générosité et son humour (parfois noire).

On y trouve beaucoup d'anecdotes, des manuscrits et brouillons inédits, leur grande connivence dans leurs lectures et des photos du temps où ils n'étaient que deux gamins sétois.

Voir aussi ce troisième livre de Mario Poletti : Éric Battista et Mario Poletti, Georges Brassens, souvenirs et portrait d'intimes, éditions du Grésivaudan, 1986/1987

Brassens, Le Mauvais sujet repenti (V. Laville)

Brassens, le mauvais sujet repenti est un récit biographique de Victor Laville et Christian Mars sur le chanteur et interprète Georges Brassens.

Références : Victor Laville, Christian Mars, Brassens, le mauvais sujet repenti, éditions L' Archipel, 233 pages, 2006, isbn 2-84-187863-5

Victor Laville est un ami d'enfance de Brassens. Ils ont fait connaissance au collège de Sète en 1935 et dès lors, seront toujours très proches. Au début de l'année 1952, alors que Brassens connaît les pires difficultés pour se faire reconnaître, Victor Laville le mène à une audition capitale pour lui dans le cabaret montmartrois de Patachou . Les deux auteurs, Victor Laville a travaillé longtemps à aris-Match et Christian Mars est l'auteur de plusieurs livres, surtout dans le domaine de la chanson et de la danse.

Ce titre Le mauvais sujet repenti, outre la référence au titre d'une de ses chansons, montre l'évolution du chanteur, même s'il a toujours gardé cette étiquette de mauvais garçon de la chanson française. Le rebelle solitaire et anarchiste a évolué vers le poète et le pacifiste sans jamais se renier.

Réunissant des souvenirs et des témoignages souvent inédits, les auteurs nous montrent un Brassens qu'on ne connaît pas forcément, des facettes du personnage qui ne collent pas forcément avec son image, son rapport ambivalent au divin, son goût du macabre [1] ou son obsession de la mort. [2]

D'autres anecdotes touchent surtout sa vie privée comme 'l'affaire des bijoux' qui va le conduira à paris chez sa tante puis chez l'une de ses amies, Jeanne ou ses rapports avec Patachou. Après celle de l'ami René Fallet, ce livre est complété par une 'visite guidée' de son répertoire.

Les amis de Brassens chanteur

Georges Brassens, auprès de mon arbre (A. Tillieu)

Georges Brassens, auprès de son arbre est un récit biographique d'André Tillieu retraçant le parcours de Georges Brassens et des épisodes qu'ils vécurent ensemble avec une préface de l'écrivain Bernard Clavel'.

Références : André Tillieu, Georges Brassens, auprès de son arbre, éditions Julliard, 305 pages, 1983, isbn 2-266-01779-9

Au début, il ne 'agissait que d'un petit texte pour accompagner un album de photos. Mais le projet a traîné et Brassens a disparu. Tillieu a repris le projet en se concentrant sur les "temps forts" de la vie de Brassens, essayant d'éliminer ce que la presse a rabâché, les faits archi connus de sa vie et de sa carrière. Ce ne sont pas non plus "des mémoires d'anciens combattants", c'est un acte d'amitié pour celui qui a été "foudroyé comme un chêne à l'automne", sa saison préférée.

« Il faut mettre les choses à leur vraie place » annonce Bernard Clavel dans sa préface. « Artiste de génie » ajoute-t-il et pas seulement un artisan. Mais il a su rester lui-même se méfiant des arcanes parisiennes et se moquant de la célébrité. L'amour et l'amitié sont pour lui les deux valeurs suprêmes, elles font partie « du tas de bois où va puiser l'auvergnat pour alimenter son grand soleil de feu. » André Tillieu, journaliste belge qui a suivi la carrière de Brassens et a fini par nouer avec lui une belle amitié s'est voulu original dans son récit, sacrifiant les épisodes très connus et se défendant de reprendre ce qui avait déjà été raconté avec plus ou moins de bonheur.

Tout en respectant l'ordre chronologique, il présente son récit en autant de paragraphes significatifs pour lui : une vie toute simple, portrait de chevalet, faits et gestes de l'amitié, le coup de chapeau du jazz, dérouler le tapis rouge, la dernière année, s'il fallait faire un pari. Il termine par "quelques amis autorisés" qui y vont de leur petite phrase, de René Fallet, Louis Nucéra, Yvan Audouard, Alphonse Boudard, Bernard clavel, Claude Nougaro...
Il disait que ce livre était « son bouquet d'adieu au 'tonton'. »

André Tillieu a également écrit plusieurs ouvrages sur son ami Brassens : Brassens vivant, le succès dans la rupture, avec Paul Louka, 54 pages, 1991, Brassens et la Belgique, éditions Le veilleur de nuit, 1999, D'affectueuses révérences (recueil de chroniques), éditions Arthémus, 2000, En cassant la graine avec Georges Brassens (réunions rue Santos-Dumont, 21 pages), éditions Le veilleur de nuit, 2000, Georges Simenon et Georges Brassens (art. in revue), Les Amis de Simenon, 2003, La morale de Georges Brassens, (Les grands thèmes de ses chansons), 30 pages, éditions Le veilleur de nuit, 2001, L'épistolier de Montparnasse (plaquette, 50 exemplaires), éditions Le veilleur de nuit, 2002, Les préfaces de Georges Brassens, (50 préfaces données par Brassens à des artistes amis, 57 pages), Zizique Éditions, 2000, Un petit coin du Panthéon poétique de Georges Brassens (les poètes qu'il aimait, tirage limité), éditions Le Veilleur de nuit, 2001

Brassens par René Fallet

Références : René Fallet, "Georges Brassens", éditions Denoël, collection Beaux Livres, 142 pages, 1967, réédition augmentée, octobre 2001, ISBN 2207252612

L'écrivain René Fallet a été l'un des premier en 1967 à écrire un livre sur son "pote" Brassens. Il y évoque surtout sa grande affection pour celui qu'il appelait "Geo". Tout a débuté bien longtemps avant, en 1953 quand René Fallet écrit un article "positif" sur le chanteur débutant, article qui tranchait sur les maigres articles écrits sur lui, dont il disait qu'il était "un bon gros camion de routiers lancé à tout berzingue sur les chemins de la liberté". Le point de départ d'une amitié qui ne se démentira jamais.

René Fallet écrira bien d'autres textes sur Brassens et la réédition de 2001 s'enrichit d'extraits du journal de Fallet, mélange de témoignage d'une amitié et de bons mots du chanteur, des photos personnelles de Fallet, amitié quelque peu exclusive dont Gérard Lenne disait "qu'on les envie ces privilégiés, y compris ce teigneux de Fallet qui tenait tant à être le favori, le copain numéro un." [3]

Brassens, délit d'amitié (L. Nucéra)

Brassens, délit d'amitié est un récit biographique de l'écrivain Louis Nucera retraçant sa longue amitié avec le chanteur Georges Brassens, avec une préface de Bernard Morlino.[4]

Référence : Louis Nucera, Brassens, délit d'amitié, éditions De L'Archipel, 240 pages, 2001, isbn 2-84-187326-9

"Le miracle avec Brassens, écrit-il, c'est que dès qu'il paraît le mensonge semble battre en retraite. On l'écoute parler, chanter, on le regarde et on se sent à l'aise... Puisque de tels hommes respirent le même air que nous, tout n'est pas fichu".
Louis Nucéra rencontre Georges Brassens quand il l'interview à la fin d'un récital en 1954. Le courant passera très vite entre eux, Brassens l'invite à dîner et c'est le début d'une grande amitié.

Pour lui, Brassens est un refuge, un havre de paix et il le considère comme un grand poète, ce que peu de gens reconnaissaient alors. Ce livre est bâti sur un ensemble d'entretiens réalisés en 1974 où Brassens se livre à des confidences qui marquent bien leur grande complicité.

Il est complété par les textes que Louis Nucéra a écrits sur Brassens jusqu'à sa mort accidentelle le 9 août 2000 ainsi que par une bibliographie des livres de et sur Brassens.

Nucera-louis et brassens.jpg Brassens, Nougaro et Nucéra

Une vie d'amitié avec Georges Brassens (J. Stroobants)

Une vie d'amitié avec Georges Brassens est un récit biographique de Josée Stroobants, photographe attitrée et amie de Georges Brassens, relatant le parcours de cette longue amitié avec le chanteur.

Référence : Josée Stroobants, Une vie d'amitié avec Georges Brassens, éditions Didier Carpentier, 2006, isbn 2-841-67416-9

La photographe belge Josée Stroobants retrace les années d'amitié qu'elle vécut avec Georges Brassens. Elle nous fait revivre son enfance et son engagement dans la photographie jusqu'à sa rencontre avec le chanteur et comment elle devint sa photographe exclusive. Le récit est émaillé d'anecdotes dur leurs rencontres et les liens d'amitié avec Georges et sa compagne Püpchen.

  • Voir aussi son autre biographie : Josée Stroobants, Éric Zimmerman, Georges Brassens… chez Jeanne, 1944 – 1952, album de photographies, préface de Pierre Onteniente, éditions Didier Carpentier, février 1997, isbn 2-84167-009-0

Une vie d'amitie josee stroobant.gif

Brassens et la Bretagne (P. Berruer)

Brassens et la Bretagne est un album de récits biographiques et de photographies écrit par le journaliste Pierre Berruer, sur les séjours du chanteur Georges Brassens en Bretagne.

Pierre Berruer a reçu en 1986 le Prix Georges-Brassens pour son roman Le bon Dieu n'a pas d'oreilles.

Référence : Pierre Berruer, Brassens et la Bretagne, éditions Ouest-France, septembre 1991

L'arrivée de Georges Brassens en Bretagne, à Lézardrieux plus exactement, près de Paimpol, est due aux origines bretonnes de Jeanne, celle de la chanson et de La cane de Jeanne chez qui il vécut tant d'années à Paris dans la petite maison de l'impasse Florimont.

Brassens était d'abord allé dans la famille de Jeanne (née Le Bonniec) puis il avait fini par acquérir cette maison située sur les bords du Trieux tout à côté du port de plaisance, tout près de la mer où il vint chaque été pratiquement jusqu'à la fin, se liant d'amitié avec le neveu de Jeanne et étant aussi plus tranquille qu'à Sète où il ne trouvait guère la sérénité pour se reposer et penser à ses prochaines compositions.

Pierre Berruer, déjà auteur d'une superbe biographie du chanteur, Georges Brassens, la marguerite et le chrysanthème, a conçu cette fois un album grand format illustré de nombreuses photographies personnelles de Brassens et de ses visiteurs dans sa maison de Kerflandry, montrant ainsi l'attachement de Brassens à la Bretagne.

L'album est complété par des textes de personnalités qui l'ont bien connu telles Pierre Tchernia, Marcel Amont ou Fred Mella et de l'écrivain Louis Nucéra qui a également publié un livre sur son ami Brassens intitulé Brassens, délit d'amitié --éditions L'Archipel en octobre 2001 --. (voir plus haut la fiche de présentation)

Bibliographie complémentaire

  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005, isbn 2-841-67365-0
  • Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar », éditions Fayard/Chorus, août 2006, isbn 2-213-62813-0
  1. Voir sa chanson La ballade des cimetières par exemple
  2. Beaucoup de ses chansons développent ce thème, citons entre autres Trompe la mort, Supplique pour être enterré à la plage de Sète ou dans le genre ironique Les funérailles d'antan
  3. Gérard Lenne, "Georges Brassens, le vieil Indien", éditions Albin Michel, 2001
  4. Pour une présentation plus approfondie, voir l'article Brassens, délit d'amitié
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