Fillette

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Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

Source : http://www.okedomia.com/2006/11/20/fillette/

Auteurs de l'œuvre originale : Eleken Traski

Licences : N/A

« Une expérience merveilleuse qu’est le goût de vivre »

Les flammes du foyer ondulent sur les murs verts pomme du salon.

Un sourire se dessine sur mes lèvres, mes dents couvertes de chamallow fondu. La soirée est douce en ce mois de décembre et la nuit vient tout juste de tomber comme me le révèle le noir profond qui emplit maintenant chacune des fenêtres. J’ai quelques devoirs à faire, mais ce n’est pas presser. J’ai plus important à faire avant, des choses à apprendre.

Je suis une petite fille de huit ans maintenant, et tout le monde dans mon entourage s’accorde à me décrire comme incroyablement précoce. J’en tire une certaine fierté, mais ce monde me reste assez indifférent. Je n’ai pas d’amis et je n’en veux pas. J’ai mieux, mes expériences sont bien plus passionnantes. Elles au moins calment mes maux de tête. Mes notes à l’école sont excellentes, j’ai déjà sauté une classe. Mes parents sont très fiers de moi, même si parfois je lis sur leur visage une expression de peur que je ne m’explique pas. Mais voilà je n’aime pas mes parents. A chaque fois que je leur pose une question, ils prennent un air gêné et ne répondent pas. Dernièrement je leur ai demandé une explication concernant le mot « érection » que j’avais entendu sur la radio que j’écoute en cachette. Maman est devenue très rouge et papa m’a frappé en disant qu’il ne fallait pas demander ce genre de chose. Maman a crié pour qu’il arrête, mais papa m’a quand même fait très mal. Je suis restée enfermé dans le placard toute la nuit sans manger cette fois là. Je n’ai plus vraiment peur dans le placard maintenant. Avant, j’avais peur du noir, de ce qui pouvait se cacher dans le fond. Maintenant j’en apprécie la tranquillité. Mon seul regret est de ne pouvoir y lire à ma guise. Je ne peux que m’y abandonné aux rêves et construire des plans dans mon esprit pour mes prochaines expériences. Mais voilà les jours passent et se ressemblent. Je grandis et veux encore plus savoir, plus de connaissance. Alors maintenant Je déteste mes parents, non pas parce qu’ils sont cruels, mon père qui m’enferme et me fait du mal, ma mère qui ne me défend pas, mais parce qu’ils m’empêchent de tout comprendre. Ils m’empêchent d’apprendre les choses. Ce sont des imbéciles, je le sais à présent.

Je suis contente car ce soir j’ai fait une bêtise très grave et cela m’amuse. Quand papa et maman se réveillerons, ils ne seront pas contents. Mais ce n’est pas grave car je suis fière de mon expérience de ce soir. Cette fois, je n’ai plus de limite, personne pour me dire d’aller me coucher. J’ai cherché longtemps et finalement j’ai trouvé une expérience me permettant d’apprendre encore plus et plus vite un des mystères qui me sont cachés. Ce soir je suis heureuse. Plus aucune porte ne m’est fermée. J’enfourche un autre chamallow sur mon pique et le rapproche des flammes. Il grésille gaiement, léché par les flammes de la cheminée, répandant une odeur agréable dans la pièce. Je n’ai pas le droit de toucher aux allumettes mais ce soir Je me le suis permise pour pouvoir allumer le feu qui crépite et projette mon ombre démesurée et tremblante sur le mur opposé. Je mange ma friandise goulument en l’appréciant autant que les trois autres qui l’ont précédé.

A cet instant, j’aurais aimé avoir un petit frère. J’avais trouvé le premier jeu trop court, la finalité trop rapide, l’agonie trop lente, et j’avais peur que le deuxième jeu ne soit aussi frustrant.

Il y en aura d’autre me dis-je. Je repense au petit chat. Une très grande expérience, il y a deux semaines. Il m’avait griffé, mais je lui avais fait payer. Je me rappel de ses petits cris de douleur pendant que je lui retirais les yeux avec la petite pince. Il avait survécu toute la nuit enfermé dans la boite à chaussure car j’avais bien stoppé les hémorragies de ses pattes sectionnées avec le couteau électrique. Sa poitrine se soulevée encore au matin quant j’étais venu le revoir avant d’aller à l’école. J’avais étais prise de la curiosité de voir son cœur battre, mais celui-ci avait cessé de battre à peine son thorax découpé et ouvert. J’en avais conçus une grande frustration qui commençait tout juste à être gommé par mon expérience en cours.

J’enfourche sur le pic quelque chose qui n’est pas un chamallow, mais cela grésille tout autant sinon plus. L’odeur est différente mais pas forcément désagréable. Quant il commence à couler, menaçant d’éclater, je le porte à ma bouche et le déchiquète avec mes dents. Je sens le liquide chaud et sans gout prononcé se répandre sur ma langue, couler au fond de ma gorge, me brulant légèrement au passage. Une partie est plus dure, je croque avidement dedans, mais c’est finalement assez désagréable. Je finis de gober le tout en le faisant passer avec un peu de coca. Je suis un peu écœurée, c’est très loin de ce à quoi je m’attendais. Je me dis qu’apparemment les gens ont le goût de leur caractère.

Je baisse le regard et contemple le cadavre de ma mère et le corps inanimé de mon père. Il manque un œil à ma mère, celui que je viens de manger. Je souris tendrement en repensant à la stupéfaction que j’ai pu lire sur son visage en enfonçant la lame dans son ventre. La chose s’était passée trop vite pour que j’aie pu prendre le temps de faire cela correctement, mais pour mon père j’avais été plus efficace. Il était encore vivant, fermement attaché avec du fils électrique et du ruban adhésif, ses yeux emplis d’une terreur indescriptible, sa poitrine se soulevant rapidement alors qu’il essayait de respirer et crier malgré le papier enfoncer dans sa gorge. Le sang avait cessé de s’écouler de sa tempe.

J’aime peut-être mes parents finalement. En attendant il faut vite que je me dépêche... Mes parents pourraient me surprendre ici en train de faire des bêtises. Et je n’aimerais pas que papa me frappe encore.

Je m’empare du couteau encore planté dans le ventre de ma mère et observe longuement mon père à mes pieds. J’aime voir son visage couvert de ses larmes s’écoulant sur ses joues creuses et mal rasées.

Je contemple le reflet de mon sourire démesuré dans ses yeux grand ouvert d’effroi pendant que je me penche sur lui.

J’aimerais bien voir battre son cœur. Pour une petite fille, Simplement. Merci.

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