Le Retour de Carola Neher

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Le Retour de Carola Neher est une pièce de théâtre écrite par l'écrivain franco-espagnol Jorge Semprún et parue aux Éditions Gallimard en 1998. Elle fut représentée pour la première fois par la compagnie Orphéon - théâtre intérieur en 2001 dans une mise en scène de Georges Perpes et Françoise Trompette.

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Référence Jorge Semprún, "Le Retour de Carola Neher", éditions Gallimard, collection 'Le manteau d'arlequin', 58 pages, 1998, isbn 2-07-075222-4

Présentation et contenu

On retrouve dans cette pièce les fantômes qui poursuivront Jorge Semprun toute sa vie, et des fantômes, il y a aura en effet dans sa pièce.

le dernier survivant des camps nazis se réfugie aux alentours de Buchenwald, lieu qu'il connaît bien, qu'il revisite souvent, dans le parc du Château du Belvédère et de son cimetière. C'est là qu'il se cache et que vont revenir ses souvenirs, mélange de rêves et de fantasmes, lieu propice à une réflexion où se mêlent histoire personnelle et histoire de l’Allemagne que représente le personnage de Carola Neher, actrice allemande des années trente qui interpréta Bertold Brecht, Von Horvath, et bien d'autres.

On la voit par exemple apparaître dans le film de Pabst, L'Opéra de quat'sous. Comme beaucoup d'autres, chassée de son pays par le nazisme, elle disparue ensuite dans le goulag stalinien. Réfugiée en URSS, elle sera dénoncée en 1936, ainsi que son mari Anatol Becker aux autorités soviétiques, alors en pleines purges staliniennes, comme trotskyste par son compatriote, le réalisateur Gustav von Wangenheim. Son mari est fusillé en 1937 et elle meurt du typhus dans un goulag près d'Orenbourg en 1942.

Dans la pièce, dix comédiens prêtent leur voix à ceux qui sont morts ou qui ont souffert ici :Goethe qui se promenait dans les environs avec son ami Ekermann, Léon Blum, Carola Neher et plusieurs réfugiés. Ces dialogues à multiples voix se croisent, se répondent, se superposent comme autant d'échos, pour une mise en perspective de l’Histoire du XVIIIe siècle jusqu'aux temps tragiques de l'époque contemporaine.

Cette pièce se veut un témoignage sur ces plaies du XXe siècle que sont la déportation, l’univers concentrationnaire et la purification ethnique. Les lieux de représentation se veulent aussi symboliques de cette déliquescence : ancienne carrière de Cuers, ancienne charbonnerie à Châlon-Sur-Saône évoquant la face sombre de notre civilisation.

JS la retirada.jpg Scène de "La Retirada"

Données complémentaires

Autour de la pièce : Orphéon compagnie - théâtre intérieur
Cette pièce a été représentée par la compagnie Orphéon pour le passage au XXIe siècle du 5 février au 2 mars 2001.

Organisation : Mise en scène : Georges Perpes et Françoise Trompette, Scénographie : Daniel Chaland et Jean-Louis Masson, Constructeur : Yannick Lemesle, Conception lumières : Fritz Reinhart, Costumes : Fabienne Varoutsikos, Chargé de production : Bruno José

Distribution : : artistes interprètes, Bettina Kuhlke (Carola Neher) Henriette Palazzi (La Suivante) César Gattegno (Le Survivant) Andreas Pobbig (Goethe) Jacques Bénard, Philippe Xiberras, Stefano Foghe, Robert Blanchet (les Musulmans)

Voir aussi :

  • Jorge Semprún, "Exercices de survie", préface Régis Debray, Collection Blanche, éditions Gallimard, 112 pages, novembre 2012, isbn 9782070139002, Gencode 9782070139002, [1]
  • Peter Knapp dessine "L'Écriture ou la vie" de Jorge Semprun, coédition Gallimard/Éditions du Chêne, 96 pages, Octobre 2012, isbn 9782070138791
  • Jorge Semprún, "La littérature et le feu", in "La vie en mouvement", Mario Vargas Llosa, éditions Gallimard, avril 2006, isbn 2070779955

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