Pablo Neruda

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Pablo Neruda, jeunesse chilienne et diplomatie

Pablo Neruda (12 juillet 1904 – 23 septembre 1973) écrivain, poète et diplomate
Prix Nobel de littérature 1982

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Neruda et Garcia Lorca        Neruda et Gabriel Garcia-Marquez

Neftali Ricardo Reyes, qui deviendra l’écrivain Pablo Neruda en hommage au poète tchèque Jan Neruda, est né le 12 juillet 1904 à Parral au Chili dans la province de Linares. Fils d'un modeste cheminot, José del Carmen Reyes Morales, il perd sa mère dona Rosa Basoalt dès le mois d’août. A partir de 1906, il va passer son enfance à Temuco, en Auracanie, où son père s’est installé après son remariage avec dona Trinidad Candia Marverde et où il poursuivra ses études jusqu’en 1920.

Tout jeune encore, il écrit beaucoup de poésies, publie dans la revue Corre-Vuela, obtient des prix pour ses poèmes "Nocturne idéal" et "La Chanson de la fête". En 1921, il s’installe à Santiago pour devenir professeur de français, langue qu’il affectionne, et continue de publier dans des revues comme Claridad ou Athenea [1] et aux éditions Nascimento. [2]

DeliaNeruda et sa femme Delia

Comme il faut bien vivre, il choisira d’occuper des postes de consuls qui l’obligeront souvent à quitter son pays, se sera Rangoon en Birmanie en 1927, Colombo à l’année suivante puis Batavia en Indonésie et Singapour. Après un bref retour au Chili en 1932, il repart en Espagne en 1934, à Barcelone et Madrid où il se lie avec Garcia Lorca, fonde la revue de poésie Caballo Verde et rencontre sa deuxième femme Delia del Carril où il emménage dans « la maison des fleurs » qu’il refusera d’évoquer à cause « du sang dans les rues. » C’est qu’en effet la guerre civile le rattrape dans la capitale espagnole et il se dévouera dès lors pour la cause républicaine et pour soulager le malheur des espagnols. [3]

Il revient au Chili en janvier 1940, poursuivant l’écriture du "Chant général" et en août, il est nommé consul général à Mexico. En Décembre, quand un commando nazi l’attaque, il reçoit un immense soutien des intellectuels de toute l’Amérique. Elu sénateur puis destitué, en lutte ouverte contre la dictature du général Gabriel Gonzalez Videla, il fuit son pays, passant les Andes à cheval en février 1949 pour rejoindre l’Europe puis Mexico.

A partir d’août 1952, il se réinstalle peu à peu au Chili, dans son domicile de l’avenue Lynch, allant à Temuco et parcourant son pays. En Juillet 1954, des manifestations sont organisées en l’honneur de cinquantième anniversaire [4] mais l’année suivante, il se sépare de Delia del Carril et achève la construction de "La Chascona", où il s’installe avec sa nouvelle compagne Mathilde Urrutia [5] puis en 1959, il entreprend la construction de sa nouvelle maison "La Sebastiana" à Valparaiso. Il repart en voyage et ce n’est qu’en mars 1962 qu’il emménagera vraiment dans sa nouvelle maison.

En juillet 1969, après la publication de "Fin de monde" et "Encore", il est désigné comme candidat communiste à l’élection présidentielle mais se désiste et soutient activement le futur président Salvador Allende. Il devient ambassadeur à paris et le 21 octobre 1971, reçoit le prix Nobel de Littérature. Dès lors, il n’aura de cesse de dénoncer l’action des États-Unis dans la déstabilisation de son pays, ce qui n’empêchera pas le gouvernement d’Unité populaire d’être renversé Le 11 septembre 1973 par un putsch militaire.

Le 23 septembre 1973, touché profondément par les événements et atteint d’un cancer décède dans un hôpital de Santiago. Immédiatement, des partisans de la junte militaire décident de piller et de saccager sa maison de Valparaiso, ainsi que celle 66de Santiago, alors qu’on veille sa dépouille mortelle. Depuis, un mystère plane sur les circonstances de sa mort puisque, après la disparition de la junte, les langues se sont déliées et que son ancien chauffeur en particulier, soutient que Pablo Neruda aurait été victime pendant son hospitalisation d’une injection létale.

Dans son autobiographie « J'avoue que j'ai vécu » (Confieso que he vivido) parue à titre posthume, il a écrit ces vers d’espoir :

« Je veux vivre dans un pays où il n'y ait pas d'excommuniés.
Je veux vivre dans un monde où les êtres soient seulement humains, sans autres titres que celui-ci,
sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette… »

Les trois maisons de Pablo Neruda

Pablo Neruda a eu trois maisons principales au Chili. Elles sont à son images, assez semblables malgré leurs différences et semblables. On peut dire que la Chascona à Santiago symbolise son amour pour Mathilde, la Sebastiana à Valparaiso est un hymne aux voyages et la dernière, la Isla Negra célèbre la mer, lui qui n’a jamais eu le pied marin.

1- La Chascona (L’ébouriffée) à Santiago
Bâtie en hommage à Mathilde pour abriter leur amour alors illicite, dans le quartier de Bellavista à Santiago, elle doit son nom à la chevelure indocile de Mathilde.

Sa construction quelque peu baroque, avec ses ponts et ses escaliers en colimaçon, rappelle Capri où ils vécurent heureux. On y trouve beaucoup d’objets insolites comme ces deux énormes chaussures du pied droit.

2- La Sebastiana à Valparaiso
Cette maison tout en hauteur et en escaliers est à l’image de Valparaiso, pleine de recoins. Au début, ils vivznt avec des amis, en particulier Maria Martner qui réalisera la murale de pierre et mosaïque de la Isla Negra. Les pièces sont tapissées de photos de famille et des nombreux voyages qu’il a entrepris tout au long de sa vie et offre une vue extraordinaire sur la ville. Une grande carte du monde en français de 1698 orne l’un des murs.

3- La Isla Negra (l’île noire)
Elle est située à environ 90 km au sud de Valparaiso, en descendant vers Carthagène. En fait, l’île est le symbole de la colline sur laquelle est construite la maison qui donne sur la mer, et le noir symbolise les rochers recouverts d’algues. Cette maison acquise en 1939, quelque peu tarabiscotée, a été conçue autour d’une pièce unique que Neruda a peu à peu agrandie selon ses besoins et la place que prenaient ses importantes collections, dessinant lui-même les plans et choisissant les matériaux. Leur chambre à coucher donnait sur la mer bordée d’une dentelle de rochers baignés par les eaux froides du Pacifique et c’est ici pendant sa maladie qu’il dicta Mathilde son autobiographie « J’avoue que j’ai vécu » qui paraîtra après sa mort. On y trouve beaucoup de bateaux dans des bouteilles, coquillages, masques, papillons, figures de proue… On y trouve aussi les photos qu’il conservait, celle de Baudelaire traînant sur son bureau, de Victor Hugo, Lénine, Alexandre Dumas, Diego Ribera… C’est dans cette maison que Neruda a fêté son mariage, ses cinquante ans et qu’il repose avec Mathilde dans le jardin face à la mer.
« J’ai construit ma maison comme un jouet et j’y joue du matin au soir » a-t-il écrit dans son autobiographie.

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 La Chascona à Santiago        La Sebastiana à Valparaiso                 La Isla Negra

Notes et références

[1] Il dirige la revue Caballo de Bastos en 1925, il collabore aux publications Andamios, Ali Baba, Dinamo, Renovacion, où il publie des poèmes comme "Galop mort " ou "Tentative de l’homme infini".
[2] Recueil intitulé "Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée" en juin 1924
[3] En Février 1937 il prononce à Paris une conférence sur Federico Garcia Lorca et fonde, en Avril, avec César Vallejo le Groupe hispano-américain d’Aide à l’Espagne. Son ouvrage "L’Espagne au cœur" est publié en France en juillet 1938 avec une préface d’Aragon aux éditions Denoël.
[4] On y rencontre notamment Ilia Ehrenbourg ou Miguel Angel Asturias et Jean- Louis Barrault récite des poèmes de Neruda.
[5] Il faudra attendre le 28 octobre 1966 pour qu’il légalise son mariage avec Mathilde Urrutia.

Voir aussi les écrivains latino-américains :

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