Quel beau dimanche

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Quel beau dimanche est un récit autobiographique de Jorge Semprún qui se déroule dans le camp de concentration de Buchenwald.

Sempun 2008.jpgJorge Semprun en 2008 Signac Paul un dimanche 1890.jpg Un "beau" dimanche (Signac)

Référence : Jorge Semprún, "Quel beau dimanche", éditions Gallimard, 1980, éditions Grasset, collection Les cahiers rouges, n° 144, 2002, 437 pages, isbn 2246088836, LGF/Le Livre de Poche, n° 5652, 1982

« Avais-je rêvé ma vie à Buchenwald ? Ou bien, tout au contraire, ma vie n'était-elle qu'un rêve depuis mon retour de Buchenwald » dira-t-il à propos de ce livre qu'il considère comme son ouvrage essentiel, sans doute parce qu'il y a mis cet essentiel de lui-même qui fait la substance même de son travail de création. "Quel beau dimanche", lvre qu'il considère comme essentiel, est aussi une « vertigineuse recherche d'identité d'un double rescapé du nazisme et du stalinisme. »

Présentation

Qu’il s’agisse de Autobiographie de Federico Sánchez, de la Deuxième mort de Ramón Mercader ou de ce "Beau dimanche", le déclenchement de son écriture est identique : un ou plusieurs événements lui suggèrent le schéma du récit. [1]

Ce dimanche de neige de décembre 1944 représente le dimanche de Buchenwald, jour le plus insupportable parce qu'il n'y avait rien à faire de 2 heures de l’après-midi à 10 heures du soir, l’heure du couvre-feu en hiver, malgré réunions politiques ou culturelles. L’orchestre du camp jouait donnant à cette journée « l’allure des dimanches provinciaux mais contribuait à rendre l’atmosphère plus lourde, plus difficile à assumer.  » Le choix du mois de décembre, c’est aussi l'arrivée les premiers convois de juifs venant des camps polonais. « Les SS n’en voulaient pas, leur présence"rabaissait" le camp et leur fierté. » A cette date, ce fut aussi l’écrasement de la Résistance communiste grecque par les troupes britanniques, qu'ils avaient appris et qui les inquiétaient beaucoup. [2]

Contenu et synthèse

"Quel beau dimanche" se présente d'abord comme une quête d'identité d'un autre lui-même rescapé d'un camp de concentration et rescapé du franquisme. Cet ancien dirigeant du Parti communiste espagnol clandestin, viré en 1964 par les orthodoxes du parti cherche sa vérité à travers ce siècle qui a connu tant de vertiges collectifs. Dans une interview, il a confié combien la lecture d'Une journée d'Ivan Denissovitch de Soljenitsyne avait été importante pour l'écriture de ce livre.

Au camp de Buchenwald, Jorge Semprun n'est pas encore Federico Sanchez mais Gérard et c'est un dimanche ordinaire d'hiver au camp qu'il raconte dans ce livre. C'est pour lui une occasion de faire des allers et retours dans sa mémoire, de revisiter le passé sur le site de Buchenwald, parler de l'arbre à l'ombre duquel Goethe et Eckermann tinrent leurs fameuses conversations que reprit Léon Blum qui se retrouva lui-même, caprice du destin, prisonnier des Allemands à l'ombre de cet arbre. Le futur, c'est l'avenir de l'organisation des communistes de Buchenwald, dont Gérard était membre, persécutés et persécuteurs, simples acteurs comme Barizon qui s'écria le matin de cette nouvelle journée : « Quel beau dimanche ! »

Buchenwald deportation.jpg Baraquement à Buchenwald

Notes et références

  1. Pour "Autobiographie" par exemple, ce sont les entretiens de Carillo avec Debray qui ont servi de détonateur mais le thème du livre, qu'il refusa de publier avant la fin du franquisme, lui était venue bien avant, lors des réunions qui aboutirent à son exclusion du PCE en 1964.
  2. D'après son interview à Bernard Géniès dans La Quinzaine littéraire du 66/03/1980

Voir aussi sur cette époque :

  • Primo Levi, "Si c'est un homme" (Se questo è un uomo), Mémoires, 1947 et 1958
  • Marguerite Duras, "La douleur", Éditions POL, 1985
  • Robert Antelme, "L'Espèce humaine", Éditions Gallimard, 1947, rééditions en 1957 et 1999

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